HISTOIRE POSTALE DU NORD
Les losanges chiffrés La poste rurale dans le Nord La Feldpost à Valenciennes en 1914-1918 Autres sujets

La Feldpost allemande dans le Valenciennois 1914-1918.

Un peu d'Histoire La poste militaire en pratique
La poste militaire allemande La poste d'étapes
Les timbres à date Localisation des bureaux
Les timbres d'unité Exemples de marques postales

Un peu d'Histoire. 

Avant d'aborder le sujet de la poste militaire, il convient de relater  les événements que connurent le Valenciennois de 1914 à 1918.

AOUT 1914:
Le 3 août: la guerre est déclarée.
Les allemands attaquent la Belgique qui était neutre et s'approchent de la frontière française.
Les français se portent à la frontière et Valenciennes est délaissée. Il y subsiste seulement quelques réservistes et mobilisés du 127ème régiment d'infanterie (basé à Valenciennes).
Quant il devint évident aux yeux de l'état-major français que les allemands s'approchaient trop rapidement de la frontière, des troupes mieux préparées (françaises et anglaises) ont été envoyées dans l'arrondissement.Celles-ci  devaient se diriger rapidement vers la frontière et au delà en territoire belge.
Le 23 août: les premiers allemands(1ère Armée) passèrent la frontière aux environs de Condé sur l'Escaut et des combats frontaliers vont se dérouler au nord du Valenciennois.
Le 25 août: les allemands arrivent à Valenciennes. La gare et les voies ferrées étaient intactes.
Fin août-début septembre: l'arrondissement qui n'est pas encore totalement occupé connaît quelques combats ici et là. Les allemands ne sont pas encore assez nombreux et de nombreuses petites unités françaises retraitent et cherchent à regagner leurs lignes.
SEPTEMBRE 1914:
Le 7 septembre: chute de la place forte de Maubeuge. 40.000 allemands supérieurement armés font plus de 40.000 prisonniers français. Il faut dire que Maubeuge était une place forte obsolète et que l'Etat-major n'a jamais entrevue l'idée que les allemands envahiraient le Nord. Néanmoins, il est établi que les 10 jours de résistance de Maubeuge permirent aux  français de stopper les allemands sur la Marne, car ces derniers auraient eu bien besoin des 40.000 hommes encerclant Maubeuge.
A la mi septembre, le sort du Valenciennois est scellé, il est entièrement occupé.Les allemands s'y installèrent jusqu'à la fin de la guerre.

Les années 1915 et 1916 sont des années où le front occidental se consolide. Le Valenciennois devient une plaque tournante de l'appareil militaire allemand. Les réquisitions se font plus nombreuses, le contrôle plus oppressant, la vie dans l'arrondissement plus dure. Les premières pénuries apparaissent en Allemagne. Les allemands savent que la guerre va durer.
L'armistice avec la Russie à la fin 1917 permet aux allemands de rapatrier des divisions vers le front de l'Ouest. Cependant, ces troupes ne sont pas les meilleures et sont qui plus est peu préparées aux méthodes de combat du front de l'Ouest.
L'année 1918 et la grande offensive de printemps peut faire croire aux allemands qu'ils allaient remporter une victoire décisive.Mais en juin, il apparaît que les gains de terrains importants arrivent à leur maximum, la défense alliée devenant de plus en plus efficace.Les allemands ont laissé beaucoup de troupes fraiches dans ces combats.En juillet, les français contre attaquent des troupes allemandes épuisées.L'offensive alliée et les victoires qui suivirent ne cessèrent jusqu'à l'Armistice.
Depuis juillet 1918, les contre offensives alliées font reculer irrémédiablement les troupes allemandes qui refluent vers la Belgique en passant par le Valenciennois. Ces troupes dont le morale est très bas troublent évidemment les troupes stationnées dans l'arrondissement et donnent aux civils le sentiment que la fin est proche.
Les premières communes de l'arrondissement ont été libérées par les anglo-canadiens fin octobre 1918. Auparavant, les allemands ont pris soin d'évacuer les populations civiles vers VALENCIENNES tout d'abord puis la Belgique ensuite.
La guerre de mouvement ayant repris depuis septembre 1918, les allemands reculent inexorablement. Il espèrent néanmoins stopper les alliés sur la ligne Hermann dont VALENCIENNES est une position clé protégée par l'Escaut et les hauteurs du Mont Houy. De plus, la présence de très nombreux réfugiés d'autres villes rendait impossible le bombardement direct de la ville. L'investissement de la ville est très bien préparé par les anglo-canadiens. Le Mont Houy est pris en un seul assaut.
Le 3 novembre 1918: VALENCIENNES est libérée par les canadiens.

L'Arrondissement de VALENCIENNES a été occupé  successivement et/ou conjointement par 4 Armées allemandes, la 1ère (fin août 1914-mi octobre 1914), la 6ème (mi octobre 1914-30/09/1916), la 1ère (1er octobre 1916-20 avril 1917), le 2ème (20 avril 1917- septembre 1918) et enfin la 17ème (septembre 1918-3/11/1918).La 17ème armée installe son quartier général à ST AMAND le 1er février 1918. Elle occupera effectivement VALENCIENNES dès Septembre 1918.



Présentation de troupes lors de l'anniversaire de l'Empereur Guillaume II en 1916 sur la Place d'Armes à Valenciennes.
Infanterie Regiment 125.
Parade du 125ème régiment  d'infanterie Wurtembergeois (26 Division d'infanterie Wurtembergeoise).  Du 1er au 11 mai 1917, ce régiment était en repos à Valenciennes. Il participa à 2 parades: le 6 mai devant le Général de la Division et le 9 mai devant le Prince Rupprecht de  Bavière.

 
Pendant toute la durée de la guerre, le Valenciennois faisait partie de la zone des Etapes (Etappengebiet) immédiatement à l'arrière du front et avant la zone du Gouvernement Général en Belgique et le territoire allemand.
La zone des Etapes était une zone où transitait les troupes, les munitions, le matériel, les vivres qui étaient nécessaires à la poursuite du combat.
Les troupes allemandes y étaient donc dans une relative sécurité, malgré de fréquents bombardements aériens de la part des alliés.Ces raids visaient essentiellement les installations militaires (terrains d'aviation, gares, dépôts, fabriques de munitions). La précision de ces bombardements aériens était toute relative et il n'était pas rare que des civils soient victimes de ceux-ci.

Raid aérien sur Valenciennes 1915.
Voies de Chemin de fer détruites par un raid aérien sur Valenciennes qui détruisit aussi 16 wagons de munitions.
Chaque armée avait sa zone d'étapes. Celle-ci était dirigée par  l'Inspection des Etapes. Elle était chargée de coordonner les flux de troupes et de matériel sur son territoire, mais aussi et surtout de maintenir les voies de communications. Elle était aussi chargée de la gestion économique et de récupérer les contributions financières demandées aux communes des territoires occupées pour la vie des troupes.Enfin, l'Inspection des Etapes se chargeait du maintient de l'ordre militaire et civil dans sa zone. Valenciennes a été le chef lieu d'Etapes (Etappenhauptort) de 3 Armées. Ce chef lieu d'étapes  fut le siège de l'Inspection des Etapes de 3 Armées; la 6ème, la 1ère et la 2ème. A la mi septembre 1918, il n'était pas possible d'installer l'Inspection des Etapes de la 17ème Armée à Valenciennes, car le front était trop près.

Bureaux des magasins d'Etapes de la 6ème Armée situés à la Croix d'Anzin.

Il ne faut pas confondre Chef lieu d'Etapes et siège du Haut Commandement militaire. A titre d'exemple, et pendant la période de la 6ème Armée, le Chef lieu d'Etapes était Valenciennes alors que le Haut Commandement se trouvait à Lille.

La poste militaire allemande.

Les états-majors savaient bien l'importance du courrier pour les soldats. Ces derniers avaient un meilleur moral s'ils avaient des nouvelles de la Mère Patrie. On peut estimer à plus de 28 milliards le nombre d'objets postaux ayant transité par la poste militaire allemande durant les 4 années de guerre.
Les moyens modernes pour l'époque qu'étaient le télégraphe ou le téléphone étaient peu accessibles aux simples soldats et leur famille. La plupart du temps les échanges postaux concernaient, les lettres et cartes postales, les colis et le transfert d'argent. La poste accordait la franchise postale pour la plupart des types de courriers de soldats et de très petits frais pour les transferts d'argent.

Au début de la guerre:
La poste militaire allemande était organisée en prévision d'un nouveau conflit avec la France. Son expérience de la guerre de 1870 avait permis d'améliorer le service, cependant pas assez par rapport aux bouleversements énormes qu'allait provoquer le 1er conflit mondial. La poste aux armées est  certes préparée à une guerre de mouvements, mais pas dans une telle  mesure et sur de si longues distances. Au début du conflit, la poste aux armées connaît de grosses difficultés pour l'acheminement du courrier. Ses propres moyens de transports (le plus souvent hippomobiles) même planifiés depuis longtemps se révèlent insuffisants en nombre et en qualité.
Il n'est d'ailleurs pas rare que lorsque les troupes allemandes entrent en Belgique, la poste réquisitionne des voitures de ferme et des chevaux qui étaient mieux adaptés aux distances et à la nature des terrains. Les automobiles postales existent, mais en petit nombre et sont très mal préparées aux longues distances sur des routes souvent abîmées par le passage des troupes et de l'artillerie lourde.
La poste utilise évidemment les liaisons ferroviaires, mais n'est pas prioritaire et passe ainsi après les transports de troupes et munitions. De plus, les troupes se déplaçaient tellement rapidement qu'on ne savait pas toujours où elles se trouvaient et ainsi on ne pouvait faire suivre les sacs de courrier.
De même, la poste civile et la poste aux armées ne s'étaient pas du tout attendue à un tel afflux de courrier et de colis qui transitaient dans les deux sens.
Tous ces facteurs réunis faisaient que de grandes masses de courriers et de colis étaient en souffrance en Allemagne pour le front ou au front pour l'Allemagne.
Ce n'est que fin 1914, que le système commence à se mettre en place et à bien fonctionner. La guerre de position facilite grandement le travail de la poste aux armées.
1915-1916:
Le système fonctionne bien sur tous les fronts. La poste militaire s'organise et se met en place. Le règlement de la poste militaire se fait plus rigoureux sur la manière d'écrire au front, car souvent les adresses étaient très floues et obligeaient la poste aux armées à de longues recherches. Le  règlement  concernait aussi les contenus des courriers et colis. En effet, on pouvait trouver de tout dans les colis tant envoyés par la famille que par les soldats. Les denrées périssables et autres allumettes ou liquides inflammables envoyés par les familles pouvaient endommager tout ou partie du chargement d'un wagon postal. De même, des munitions envoyées comme prise de guerre par les soldats à leur famille pouvaient se révéler très dangereuses.

Le plus dur à gérer pour la poste (civile et militaire), c'est la pénurie de personnel. En effet, le personnel de la poste civile qui était apte étaient soit affecté à la poste militaire ou soit dans des unités combatantes. En Allemagne, il fallait donc remplacer ces fonctionnaires par du personnel auxiliaire (masculin et féminin) qu'il fallait former et qui ne donnait pas toujours de bons résultats. Dans les bureaux de poste militaires, le personnel apte pouvait lui aussi être affecté à des unités de combat si bien que là aussi il fallait utiliser des auxiliaires qui eux aussi n'avaient pas le rendement d'un fonctionnaire expérimenté. De plus, l'Armée allemande créait de nouvelles divisions qui avait chacune un bureau de poste. Il fallait donc muter du personnel chevronné vers ces nouveaux bureaux.
1917-1918:
Les choses se compliquent à nouveau à partir de fin 1917, car les pénuries en tous genres (pièces détachées et carburant pour automobiles, graisse et charbons pour les trains) ainsi que les préparatifs des grandes offensives de printemps et été 1918 gênent considérablement le service postal. Les moyens existants sont essentiellement tournés vers les besoins de l'Armée. L'Allemagne manque de tout et toutes les administrations souffrent. Les offensives de 1918 sont malgré tout bien préparées au niveau postal, car il faut remettre le service dans une dynamique de guerre de mouvements. De plus, là où vont se produire les attaques, le terrain et les infrastructures qui s'y trouvaient ont été  détruits par plusieurs années de combats soit par les allemands eux-mêmes soit par les alliés. L'attaque sur le secteur du Chemins des Dames jusqu'à Reims en est un exemple frappant. Quand l'attaque commence le 27 mai, c'est dans une zone désolée que se déversent les flots de soldats allemands.
Au printemps et à l'été 1918, la poste aux armées arrive à alimenter les troupes sans grandes difficultés. Ce qui gêne le plus, c'est le manque de moyens ferroviaires tous destinés aux transports de troupes et de munitions. Les masses de colis envoyés par les soldats à leur famille sont aussi un vrai problème. En effet, comme les familles manquaient de tout en Allemagne, les soldats leurs envoyaient des biens ou de la nourriture qu'ils avaient achetés ou pillés dans les territoires occupés.
Au moment du renversement de tendance et quand les offensives alliés percent le front allemand, la poste militaire est obligée de faire retraite avec les troupes. Le manque de moyens de transport réduisent considérablement l'acheminement du courrier et des colis qui reste encore très important. Dès octobre 1918, même le simple soldat sait quelle est la situation et chacun essaie de sauver ce qu'il peut (nourriture, objets, vêtements, tissus, argent) en l'envoyant en Allemagne par la poste.
Les jours qui suivent l'Armistice marque une époque de chaos dans les territoires encore occupés (essentiellement belges) qui sont en train d'être évacués. La poste militaire ne fonctionne plus, car le personnel est en marche vers l'Allemagne. 


Le flux du courrier était différent selon qu'il transitait du front vers l'Allemagne ou inversement.

- De l'Allemagne vers le front:
Le courrier à destination des militaires est regroupé dans des dépôts collecteurs (Postsammelstellen) qui étaient chargés de trier le courrier. Le tri et la mise en sac se faisait par bureau de poste militaire. En fait, chaque unité était rattachée à un bureau de poste militaire.
Ces sacs sont ensuite envoyés vers des centres directeurs (Leitpunkte). Ces centres sont situés à proximité de la frontière mais encore en territoire allemand. Il existe un centre par Armée. Cependant, plusieurs Armées peuvent se partager le même centre. Ces centres sont les homologues des "bureaux frontières" français pendant cette période. Ils sont les seuls à connaitre les positions exactes des unités et de leur bureau de poste. Ces centres utilisent un document qui regroupe toutes les positions des bureaux de poste et les liens que chaque unité a avec ces bureaux. Ce document est dénommé "index de poste aux armées" (Feldpostübersicht). Cet index est constamment réactualisé par les informations des bureaux de poste aux armées eux même, mais surtout par les états-majors qui sont seuls à connaitre les changements affectations des unités. Les centres directeurs sont donc chargés de trier les wagons de sacs postaux provenant des dépôts centraux et de répartir ces sacs par bureaux de poste aux armées. Quand c'est possible, un wagon peut être conditionné avec uniquement les sacs destinés à un même bureau de poste aux armées. Le plus gros centre directeur pour le Front Ouest se trouvait dans des hangars proches de la gare de Cologne.
Jusque là, c'est la poste civile qui gère l'acheminement du courrier.
Une fois ce tri effectué, les wagons partent vers les centres de transbordement (Postumschlagstellen) qui se trouvaient soit en Belgique soit dans la zone des étapes des Armées en cours de ligne ou au terminus. Chaque Armée possédaient plusieurs centres de transbordement auxquels était rattachée chaque unité.
Sorti du territoire allemand, le courrier était pris en charge par la poste militaire et était soumis aux aléas de la guerre (retard au mieux, destruction au pire).
Arrivé au centre de transbordement, le courrier (en sacs) était récupéré par le personnel de chaque bureau de poste militaire puis distribué
aux soldats.
Les expéditeurs devaient connaitre parfaitement l'adresse du militaire à qui ils destinaient le courrier. Sans cela, ce dernier pouvait se perdre, être retardé ou renvoyé. Dans les adresses aucun nom de lieu ne devait être apposé à côté de celui de l'unité du destinataire.

- Du front vers l'Allemagne:
Le courrier des soldats était collecté au sein de sa compagnie dont un officier puis plus tard un bureau de contrôle postal examinait au hasard certaines lettres ou cartes postales. Le contrôle se faisait sur la présence d'informations militaires dissimulées ou non dans le courrier et sur la présence obligatoire des coordonnées de l'expéditeur.
De là, le courrier partait vers le bureau qui desservait l'unité. Dans les tranchées, on avait installé des boîtes aux lettres pour faciliter la collecte du courrier.
Au bureau de poste militaire, le courrier était trié grossièrement, principalement par grosses villes.
Les sacs postaux étaient ensuite dirigés vers les centres de répartition (Postverteilungstellen) qui triaient à nouveau le courrier par Province ou Etat. Le courrier des grosses villes était trié à part.
Les sacs étaient ensuite envoyés vers les centres de tri (Sortierstellen) des Provinces ou Etats.
Le courrier d'un soldat appartenant à une Armée vers un autre appartenant à une autre Armée ne suivait pas le même chemin.
Au début du conflit, il était impossible de faire transiter directement un courrier entre 2 Armées. Le courrier devait auparavant être dirigé en Allemagne vers un dépôt collecteur (Postsammelstelle) afin d'être redirigé vers l'Armée de destination. Cela créait évidemment beaucoup de retard.
En octobre 1914, fut créé les centres d'échange (ou de compensation) interarmées (Feldausgleichstellen/Heeresbriefstellen). Ces centres étaient chargés de rassembler, de trier et de faire transiter le courrier entre les Armées. Ces centres étaient situés le plus souvent dans une zone d'étapes.

Les timbres à date.
Dès la mobilisation, les bureaux de postes étaient équipés de timbre à date à un cercle. Par la suite et finalement assez rapidement, les bureaux de poste reçurent des timbres à dates à pont. Ces derniers comportent une date sous forme de jour/mois/année alors que les timbres à date à un cercle ne comportent que le jour et le mois.En effet, la pratique de ne pas indiquer l'année sur les timbres à date de la poste militaire émane du fait que jusqu'alors les guerres étaient courtes; une année au maximum. Il n'y avait donc pas d'utilité à indiquer le millésime. Il y eu cependant quelques modifications de bloc dateur sur certains d'entre eux afin de faire figurer aussi l'année. Dans la plupart des bureaux les deux types de timbres à date ont été utilisés en même temps.
Les timbres à date à pont(sauf les modèles bavarois) comportent aussi une heure de levée suivi de V (Vormittag : matin) ou N (Nachmittag: après midi).
La particularité des timbres à date allemands, c'est qu'ils peuvent comporter en plus des mentions postales une lettre de l'alphabet. Cette lettre  pouvait aller jusqu'au "d" et servait à différencier les exemplaires de timbres à date utilisés conjointement ou consécutivement dans un même bureau. On rencontre ces lettres de "différenciation" (Unterscheidungsbuchstabe) aussi bien pour la poste civile que la poste militaire depuis 1875.
Sur le terrain, la poste militaire allemande était organisée avec 3 types de bureaux de poste.Chacun d'eux avait un timbre à date libellé différemment.

- Les bureaux des Corps d'Armée: Feldpostamt
Ces bureaux géraient le courrier des Corps d'Armée. Il étaient dirigés par une Maitre de poste de campagne (Feldpostmeister). Ces bureaux contrôlaient les bureaux des divisions.

Timbre à date
prussien
Timbre à date
saxon
Type spécial
Timbre à date
prussien
Timbre à date bavarois Timbre à date
bavarois
- Les bureaux de Divisions: Feldpostexpedition
Ces bureaux géraient le courrier des Divisions. Il étaient subordonnés au bureaux de Corps d'Armée.

Timbre à date
prussien
Timbre à date
saxon
Type spécial
Timbre à date
prussien
Timbre à date bavarois Timbre à date bavarois
- Les bureaux sédentaires: Feldpoststation
Ces bureaux géraient le courrier des troupes se trouvant dans la zone des Etapes pour un laps de temps assez long. Ils étaient normalement sédentaires, mais au fil du conflit,  certains ont pu changer de ville.

Timbre à date bavarois Timbre à date
bavarois
Timbre à date
 bavarois
Timbre à date bavarois Timbre à date bavarois Timbre à date
prussien
Timbre à date
prussien
Les bureaux de Corps d'armée et de Division étaient mobiles. Les bureaux sédentaires desservaient les unités qui étaient affectées à un endroit pendant un laps de temps assez long.

Au fil du conflit et avec la guerre de position, il apparaît que ces timbres à date sont trop explicites et permettent aux agents alliés de situer avec précision les unités allemandes.
Aussi dès le 15 février 1917, les bureaux changent de dénomination et il n'est plus possible d'identifier les unités grâce au timbre à date. Les bureaux de poste devaient ainsi recevoir:
- des timbres à date  "camouflés" (Tarnspempel) et libellés avec la mention "Deutsche Feldpost" complétée d'un numéro. Les bureaux de poste des unités (Feldpostamt et Feldpostexpedition) prennent les numéros de 650 à 1021, tandis que les bureaux sédentaires (Feldpoststation) prennent les numéros de 1 à 649 et de 2001 à 3113. On ne peut rencontrer ces timbres à date que sur les lettres recommandées ou les lettres comportant des valeurs.
- des timbres à date "muets" ou à étoiles (Stummen Stempel) libellés avec la mention "Deutsche Feldpost" et 3 étoiles.
Ceux-ci ne devaient ne servir que sur les lettres simples ou les cartes postales.
Il est extrêmement rare de trouver l'empreinte d'un timbre à date à numéro sur une lettre simple ou une carte postale.
D'autre part, dès le 15 février 1917 très peu de bureaux avaient reçu un nouveau modèle de timbre à date.On a donc ordonné aux postiers de limer les mentions pouvant permettre d'identifier un bureau ou une unité.Ces timbres à date limés devaient être utilisés jusqu'à réception du nouveau modèle. Cependant, la fabrication des nouveaux modèles ayant pris du retard, on équipa d'abord les nouveaux bureaux, puis les bureaux ayant perdu ou cassé leur timbre à date et enfin ceux qui avaient encore un timbre limé ou gratté.
De ce fait, certains bureaux n'ont jamais reçu de timbre muet et ont continué à utiliser leur timbre à date gratté jusqu'à la fin de la guerre. Malgré tout, ce grattage n'a pas permis de tromper les espions alliés qui arrivaient à reconstruire les timbres à date grattés. Aussi a t-il été décidé en octobre 1917 que chaque bureau d'une même Armée échangerait son timbre à date gratté avec un autre. Dans les faits, ces échanges n'ont pas toujours eu lieu.
Timbre à date gratté Timbre à date gratté Timbre à date gratté Timbre à date muet Timbre à date camouflé

Coupure du Journal de la 1ère Armée en date du 1er février 1917 (Somme-Wacht n° 12 01/02/1917).

« Le 15 février 1917, comme l'annonce le "Journal Officiel d'Armée", les dispositions suivantes sur les adresses des envois par la poste aux armées entreront en vigueur:
Dans les adresses, sont interdites toutes les indications sur les théâtres d’opérations, l'appartenance à des Armées, Groupes d'Armée, Détachements d'Armée, Corps d'Armée, Divisions et Brigades. L'indication d'un Haut état-major ne peut suivre seulement les adresses des membres de ces états-majors. Les adresses peuvent contenir seulement l'indication d'un corps de troupe jusqu'au niveau maximum du Régiment, c'est à dire: Régiment, Bataillon (Détachement) et Compagnie (Batterie, Escadron) ou Bataillon (Détachement) indépendant, Compagnie (Batterie, Escadron), ou la marque officielle des formations particulières (Hauts états-majors, Colonne, aviateurs, opérateurs radio, etc.).
  On ne doit rien ajouter sauf l'indication du Régiment, du Bataillon (Détachement), de la Compagnie (Batterie, Escadron), pas même le numéro de Feldpost au nom des Corps de troupes qui appartiennent à un Régiment.
   En supplément du nom des Corps de troupes qui n'appartiennent à aucun Régiment (Bataillons indépendants, Hauts états-majors, Colonnes, aviateurs, opérateurs radio, etc.), il faut ajouter dans l’adresse la mention "Deutsche Feldpost Nr....”. Le numéro de Feldpost est à demander au bureau de poste militaire compétent.  Pour  les membres des états-majors de Corps d'Armée ainsi que des Divisions et Brigades, le numéro de Feldpost doit rester dans l'adresse. Tous les bureaux de poste de Corps d'Armée et de Divisions sont identifiés en conséquence par la mention "Deutsche Feldpost" et un numéro.
Les adresses de poste aux armées doivent être rédigées par exemple comme suit :

a) Sans indication d'un numéro de Feldpost en plus du Régiment.

An Unteroffizier Friedrich Müller
Infanterie-Regiment 91.
1. Bataillon
3. Kompagnie

b) Avec indication d'un numéro de Feldpost,  puisque n'appartenant pas à un Régiment.

An Jäger August Meyer
Jäger-Bataillon 
2. Kompagnie
Deutsche Feldpost N° 180

c) Avec indication d'un numéro de Feldpost, car formation particulière n'appartenant pas à un Régiment.

An Trainsoldat Otto Schulz
Reserve-Fuhrpark-Kolonne n° 190
Deutsche Feldpost N° 180
Les militaires sont chargés d’annoncer à leurs proches leurs nouvelles adresses. Les proches devront être avertis à chaque changement d'adresse. »

Les timbres d'unités (Briefstempel, Formationsstempel).
A la différence des timbres à date, les timbres d'unités ne faisaient pas partie de la dotation en matériel du bureau de poste militaire.
Ces timbres étaient fabriqués par des firmes privées à la demande et aux frais des différentes unités (régiments, bataillons, compagnies, etc...).
De ce fait, il en existe de multiples types différents. On estime qu'il en a existé près d'un demi million différents.Ces timbres décrivaient très brièvement le nom de l'unité et souvent le numéro ou le nom du bureau de poste militaire auquel elle était rattachée. Souvent, ces descriptions sont très laconiques et ne sont finalement qu'une succession d'initiales ou d'abréviations difficiles à comprendre. Après plusieurs mois de guerre, ces timbres d'unités deviennent un peu plus explicites sur demande de la poste aux armées. En effet, ces abréviations étaient difficilement intelligibles même par les postiers. 
Ces marques ne sont pas postales, mais ont tout de même une utilité importante; celle d'assurer la franchise postale à la lettre ou à la carte qui la porte. Ils permettaient aussi de prouver  que l'expéditeur étaient bien un militaire ou en tous cas une personne autorisée. Bien souvent, le soldat rajoutaient à la main sur la carte ou l'enveloppe son nom, grade, unité ainsi que le numéro du bureau de poste desservant son unité. Un courrier sans la présence du timbre d'unité ou de mentions écrites par l'expéditeur pouvait être refusé et retourné.
Ces timbres d'unités ont été utilisés jusque la fin de la guerre, mais avec une fréquence moins grande, car après 1917, le nombre des nouvelles unités a augmenté ainsi que le nombre de changement d'affectation. Il était très difficile de refaire fabriquer ces timbres plusieurs fois avec de nouveaux libellés.
Ces timbres étaient frappées très souvent par avance sur les cartes ou enveloppes vierges.
Il arrive très fréquemment que certaines cartes ou enveloppes ne comportent que le timbre d'unité. En effet, les bureaux de poste militaire avaient pour consigne en cas de très fort trafic postal de ne plus apposer leur timbre à date. Ceci afin de gagner du temps et de ne pas rater le départ du convois postal.

Après le 15 février 1917,  les timbres d'unités ne doivent plus comporter de mention trop explicites comme le nom de lieu, les Divisions, les  Corps d'Armée ou Armée. Les mentions non autorisées sont limées. Avec le temps les timbres sont re-fabriqués selon les nouvelles directives.

Ces 2 timbres d'unités présentent la transition entre l'avant février 1917 et l'après février 1917. Il s'agit ici du magasin d'Etapes de la 6ème Armée situé à St Amand. Après le 14 février 1917, ce magasin d'Etapes prend le numéro 516.  La Feldpoststation 411 était située à St Amand et desservait toutes les unités d'Etapes situées dans ce secteur.

La Poste militaire en pratique.

Les tarifs.

Comme dans de nombreux pays, les troupes allemandes en campagne bénéficiaient de la franchise postale illimitée quant au nombre d’objets envoyés.
La poste fait une différence entre ce qui est privé et ce qui ne l'ai pas. La correspondance privée jouit de la franchise postale alors que la correspondance non privée non.
Les cartes postales, vecteur d'information par excellence, étaient gratuites, mais coûtaient 5 Pf  jusqu’au 31 juillet 1916, 7.5 Pf  jusqu’au 30 septembre 1918 et 10 Pf dès le 1er octobre 1918.

Carte envoyé par un soldat de la territoriale (Landsturm). La Feldpoststation n°77 se trouvait à VALENCIENNES jusque juin 1915.

Les lettres privées bénéficiaient de la franchise jusque 50 g. Au-delà, leur port coûtait 20 Pf. A partir du 5 octobre 1914, le port a été ramené à 10 Pf. Les lettres étaient admises jusque  250 g. A partir de fin décembre 1916, les lettres entre 250 et 500 g ont été autorisées. Le port de ces lettres coûtait 20 Pf dans le cas d’une correspondance privée.

Lettre envoyée par un soldat en soins à l'hôpital militaire bavarois n°24. Cet hôpital se trouvait dans l'école pratique de commerce et d'industrie à DENAIN. Cette lettre a été traitée par la Feldpoststation bavaroise 419 dont on peut voir le timbre à date limé.

Comme il ne pouvait pas y avoir d’échelon de poids supérieur à 500 g, la poste autorisait (sans taxe supplémentaire) un dépassement de poids de 10%. Ainsi une lettre pesant entre 50 et 275 g coûtait 10 Pf et une lettre entre 275 et 550 g coûtait 20 Pf. Les lettres pesantes sont nommées « Päckchen » (petits paquets) par les allemands.   


Fragment de lettre lourde affranchie à 20 Pf pour un poids jusque 550 g. Cette lettre a été traitées par la Feldpoststation bavaroise n°411 de ST AMAND.
Une lettre simple non privée (jusque 20 g) coûtait 10 Pf  jusqu’au 31 juillet 1916 et 15 Pf  jusque 1919, une lettre jusque 250 g 10 Pf  jusqu’au 31 juillet 1916 et 25 Pf jusque 1919.
Les lettres insuffisamment affranchies du front vers l’Allemagne étaient taxées au simple de l’insuffisance. Les lettres insuffisamment affranchies de l’Allemagne vers le front étaient retournées à l’envoyeur.


La recommandation des lettres ne se faisait que sur le courrier de service militaire (Heeressache).
feldpolizei
Lettre recommandée en franchise militaire postée à la Feldpoststation n°45 située à Valenciennes. Il s'agit d'un courrier de service entre l'antenne locale de la Police militaire secrète de la 2ème Armée(Geheime Feldpolizei, A.O.K 2.)  et le Haut commandement de la 17ème Armée (A.O.K 17). La lettre a été postée le 14 septembre 1918. Le timbre à date n'est pas muet, ni limé puisqu'il est apposé sur une courrier recommandé. Le Haut Commandement de la 17ème Armée se trouve à Denain depuis le 1er Mai. Nous sommes ici dans les  derniers jours de présence de la Feldpoststation n°45 à Valenciennes, puisque cette ville fera partie de la zone de la 17ème Armée  courant septembre 1918.

Les soldats pouvaient néanmoins profiter des lettres en valeur déclarée. Jusque 50 g et 150 Mark, ces lettres profitaient de la franchise.
De plus de 50 g et jusque 300 M, elles coûtaient 20 Pf et enfin les lettres de plus de 50 g et de plus de 300 à 1500 M coûtaient 40 Pf.


La lettre ci-contre a été postée à la Feldpoststation bavaroise n° 407. Elle renfermait 320 Mark et pesait 32 g. Le port pour ce genre de lettre était de 40 Pf (moins de 50 g, plus de 300 Mark). Le numéro d'enregistrement de cette lettre est le 545.

La franchise postale était accordée aux cartes postales et lettres jusque 50 g adressées en Suisse depuis le 8 octobre 1914 à condition que les soldats justifient d’un lien de parenté étroit avec les destinataires (épouse, parents, grands-parents, enfants, frères et sœurs). Le même régime s’est appliqué avec l’Espagne (à partir du 15 février 1915), l’Uruguay (du 13 mars 1915 au 7 octobre 1917, date de son entrée en guerre) et le Danemark (à partir du 9 avril 1915). Les lettres devaient être postées ouvertes.

Les coupures postales.
Les coupures postales: en préparation des grandes offensives et pour garder le secret sur ses intentions, le Haut Commandement pouvait ordonner une coupure postale de quelques jours à quelques semaines. Pendant cette coupure, on interdisait aux soldats d'emmener du courrier dans les tranchées.Au cas où ils seraient fait prisonnier lors d'un coup de main avant l'attaque, le courrier saisi par l'ennemie aurait pu dévoiler l'offensive imminente. Les coupure  postales étaient annoncées aux soldats. Ainsi par le biais de cette annonce, il savaient tous qu'une offensive était en préparation.
Ces coupures postales pouvaient être géographique en l'occurrence pour les unités d'une zone du front ou alors ne concerner que les unités qui étaient en transit et qui allaient participer à l'offensive. Les coupures postales n'étaient pas annoncées, si bien que les soldats et les familles rendaient responsable la poste aux armées des retards subits par le courrier alors que la poste aussi était victime de ces coupures. En général, la poste apposait sur les courriers victimes d'une coupure postale la marque " Auf militärischen Gründen verzögert"(retardé pour raisons militaires).
L'efficacité de ces coupures postales était toute relative, car les soldats trouvaient des moyens détournés pour faire passer leur courrier. Il pouvaient par exemple le confier à des permissionnaire qui postaient le courrier en Allemagne ou dans une zone ne faisant pas l'objet de la coupure postale. Dans ses souvenirs de guerre, le général Ludendorff déclare: "Les coupures postales n'avaient aucune valeur. Il existait trop de canaux d’informations vers le pays, je ne pouvais pas suspendre les permissions, car elles étaient les seules choses que le Haut Commandement pouvait donner au soldat".


Cette carte a été envoyée par un convoyeur auxiliaire (Hilfsschaffner) qui était employé par la Direction des Chemins de fer militaire n° 1 (Militär-Eisenbahndirektion I.). En avril 1915, le courrier traité par la Feldpoststation n° 77 de VALENCIENNES était soumis à une interruption postale. 

Le contrôle postal.
En plus des retards appliqués au courrier des soldats, l’armée allemande pratiquait comme dans beaucoup d’autres armées européennes le contrôle postal. Ce contrôle n'était pas du tout effectué par la poste aux armées, mais bien par des services de l'armée sans attache avec la poste.
Du début de la guerre à avril 1916, le contrôle de la correspondance des soldats n’était pas réglementé, il pouvait donc s’effectuer au sein des unités dans l’arbitraire le plus absolu d’autant plus que les personnes effectuant les contrôles, généralement des officiers, n’avaient aucune compétence en la matière. Certains chefs de compagnie ne s’attardaient que sur la présence éventuelle de secrets militaires, d’autres uniquement sur la vie privée des soldats et d’autres encore rechignaient à effectuer ce contrôle.


Carte à destination de BAMBERG ayant été contrôlée par le centre de contrôle de la 6ème Armée (Postüberwachungsstelle 6. Armee). Elle ne présente aucune marque postale de départ, cependant on distingue à gauche du  cachet de censure un cachet de facteur (mal venu) qui montre que carte a circulé à découvert. Le texte, très court, a été contrôlé parce qu’il a été écrit en Sténo.


Cette lettre pour la Suisse a été envoyée en tant que courrier militaire (mention Feldpost) et a été affranchie à 20 Pf selon le tarif international. Ne s’agissant pas d’un courrier privé, puisqu’adressé à un banquier, elle ne pouvait circuler en franchise. Contrôlée le 28 mars 1916 par le centre de contrôle postal de la 6ème Armée situé à VALENCIENNES, la lettre est arrivée à BALE le 2 avril 1916. 

Les citoyens du territoire du Reich (Reichsland) d’Alsace-Lorraine ont vu leur courrier surveillé d'encore plus près.  Un doute subsistait toujours concernant leur loyauté envers l’Allemagne. 
Quoiqu’il en soit le courrier des soldats originaires de ces régions était très surveillé. Déjà le 27 mars 1914, le Ministère de la Guerre publiait un décret secret imposant dès l’instauration de l’état de guerre imminent ou de la mobilisation l’usage de la carte postale pour le courrier privé et de l’enveloppe ouverte pour le courrier commercial dans les territoires alsaciens-lorrains et badois (dépendant de Strasbourg et Neuf-Brisach).
Le Ministère de la Guerre publiait à nouveau le 20 mars 1917 un autre décret qui instaurait un contrôle postal dans les 2 sens. Il ordonnait aussi que le contrôle jusqu’à présent aléatoire (sur environ 5% du courrier) se fasse sur 90% des correspondances. Ce décret était justifié du fait de  « l’excitation systématique et croissante » de la population d’Alsace-Lorraine de la part de l’Entente.


La carte ci-dessus a été écrite par un aviateur (Flieger) en formation à l’école de chasse n° 2 (Jagdstaffelschule II) située proche de VALENCIENNES à LA SENTINELLE et qui avait été créée le 8 août 1917.  Cette carte est à destination de MOUTERHOUSE près de SARREGUEMINES (Sarregemünd) en Moselle. Elle est passée par le centre de contrôle postal de cette ville qui a apposé son cachet « SARREGEMUND *P.K.* GEPRÜPFT UND ZU BEFÖRDERN » (Sarreguemines *Contrôle Postal* Contrôlé et à expédier). La carte a bien circulé à découvert sinon, le cachet du contrôle postal ne s’y trouverait pas. 

L’Arrondissement de VALENCIENNES a vu s’installer trois centres de contrôle postal (Postüberwachungsstellen):
-    La « Postüberwachungsstelle der 6. Armee » dépendant de l’Inspection des étapes de la 6ème Armée depuis mars 1915 et de la 6ème Armée depuis mars 1916. Elle a quitté VALENCIENNES le 30 septembre 1916 pour rejoindre TOURNAI. Elle est devenue la Postüberwachungsstelle n° 40 (P.Ü.St. 40) en février 1917.
-    La « Postüberwachungsstelle der 1. Armee » dépendant de la 1ère Armée. A VALENCIENNES du 1er octobre 1916 au 18 avril 1917. Elle devient la Postüberwachungsstelle n° 36 (P.Ü.St. 36) en février 1917. Elle est très souvent dénommée « militärische Ueberwachungsstelle des Post- und  Güterverkehrs der 1. Armee». (Contrôle militaire de la poste et des marchandises de la 1ère Armée).Elle quitte VALENCIENNES pour CHARLEVILLE à partir du 18 avril 1917.
-    La Postüberwachungsstelle n° 39 (P.Ü.St. 39) dépendant de la 2ème Armée. Installée à ST QUENTIN jusqu’en avril 1917, elle rejoint VALENCIENNES dans le mois et y reste au moins jusqu’en septembre 1918.
   En plus du centre de contrôle postal de VALENCIENNES, de février 1917 à la fin de la guerre, on compte 9 centres de contrôle postal sur le front occidental:
P.Ü.St. 26a: METZ, Armeeabteilung C.
P.Ü.St. 26b: CONFLANS-VALLEROY, Armeeabteilung C.
P.Ü.St. 28: SEDAN, 3ème Armée
P.Ü.St. 30: VERVINS, LAON, 7ème Armée.   
P.Ü.St. 31: MONS, 6ème, puis 17ème Armée.
P.Ü.St. 33: GAND, 4ème Armée.
P.Ü.St. 38: VIRTON, 5ème Armée.
P.Ü.St. 44: MAUBEUGE, dès janvier 1918, pour la 18ème Armée.


Où trouver les informations?
L'occupation et la libération de Valenciennes sont traitées dans 2 excellents ouvrages écrits il y a longtemps et malheureusement aujourd'hui épuisés:
- Valenciennes, occupation allemande 1914-1918 (2 tomes) de René DELAME. 1933.
- Valenciennes 10 octobre 1918-11 novembre 1918, l'évacuation, le bombardement, la délivrance de J. THIROUX. 1920.
Si le sujet de la  Poste Militaire allemande durant le 1er conflit mondial vous intéresse et si vous n'avez aucune notion d'allemand, il faudra vous munir d'un bon dictionnaire, car il n'existe aucun ouvrage en français.
Quoiqu'il en soit, je vous conseille les livres suivants:
- Geschichte der deutschen Feldpost im Kriege 1914/18 (Histoire de la Poste militaire durant la guerre 14/18) de Karl SCHRACKE. C'est un ouvrage généraliste qui ne traite que de l'organisation et du fonctionnement de la poste militaire. Il est assez ancien (années 20) et est écrit en gothique.
- Die deutsche Feldpost im Ersten Weltkrieg 1914-1918 (La poste militaire allemande pendant la première guerre mondiale 1914-1918) de ANDERSON, BORLINGHAUS et KOOP. Cet ouvrage est beaucoup plus récent (2006).
- Stempelhandbuch der Deutschen Feldpost im Ersten Weltkrieg 1914-1918 (Catalogue des timbres à date de  la  poste militaire allemande pendant la première guerre mondiale 1914-1918) de Horst BORLINGHAUS.(2006).
- Die deutschen Feldpoststempel 1914-1918 (Les oblitérations de la poste aux armées allemande 1914-1918) de Karl Heinz SCHRIEVER.
C'est un ouvrage assez ancien (1967), mais il a été le premier à répertorier les timbres à date de la poste aux armée allemande pendant la première guerre mondiale.

En ce qui concerne les ouvrages un peu plus spécialisés et dans lesquels vous trouverez des informations sur les marques postales des unités et les lieux d'utilisation. Je vous conseille:
- Die Armee-Postdirektion 6 im ersten Weltkrieg 1914-1918 (La Direction des Postes de la 6ème Armée) de B. KOOP. C'est un ouvrage très riche sur la poste de la 6ème Armée. Vous y trouverez beaucoup d'informations sur les timbres à date, les lieux, etc...
La 6ème Armée avait occupé une très grande partie du Nord de la France.  
- Die Armee-Postdirektion 6 während des ersten Weltkrieges (La Direction des Postes de la 6ème Armée pendant la 1ère guerre mondiale) de B. KOOP.Janvier 2008. C'est la réédition et l'amélioration de l'ouvrage précédent.
- Handbuch und Katalog der deutschen Fliegertruppe im 1. Weltkrieg 1914-1918 (Catalogue des troupes aériennes allemandes durant le 1ère guerre mondiale) de Horst BORLINGHAUS. Cet ouvrage traite et cote les timbres d'unités (Briefstempel) des troupes aériennes allemandes.
- Les Estampilles Postales de la Grande Guerre. Stéphane STROWSKI. Editions Yvert et Thellier 1976. L'occupation allemande du Nord de la France y est en partie traitée.
- Die Post im Westlichen Etappengebiet und ihre Abstempelungen. E. HEBERLE. 1928. Les marques de censure  sont assez succintement traitées pour les 1ère, 2ème et 17ème Armée. Assez bien pour la 6ème Armée
- Die Deutsche Heerespost an der Westfront. K. ZIRKENBACH 1935-1936. Etude parue dans le "Postmarke" sur la poste d'Armée en Belgique et dans les territoires français occupés.

Certains ouvrages concernant les armées allemandes et leurs ordres de bataille pendant la guerre peuvent nous être utiles. En effet, après le 15 février 1917, les timbres à date ne mentionnent plus les divisions et seuls les timbres de régiments ou les mentions manuscrites des soldats nous renseignent sur les divisions et leur bureau de poste militaire. Cependant, comment savoir avec ces renseignements fragmentaires qu'une unité fait partie ou non de telle ou telle division. Les archives allemandes sur le sujet n'existent pratiquement plus (détruites par les bombardements de la 2ème guerre mondiale). Cependant, on peut trouver de nombreuses informations dans 2 ouvrages:
- Histories of the 251 division of the German army which patricipated in the war 1914-1918 (Histoire des 251 Divisions de l'Armée allemande qui ont participé à la guerre 1914-1918. Cet ouvrage date de 1919, il est aujourd'hui introuvable en l'état. Il a été rééditer en anglais par LONDON STAMP EXCHANGE LTD (London) en 1989.
Ce livre est en fait la compilation de rapports d'espionnage réalisé par l'Armée américaine (American Expeditionary Force) pendant la première guerre mondiale. Vous y trouverez des informations très pointues sur les ordres de bataille des divisions allemandes et sur les lieux où elles se trouvaient. Comme dans tous rapports d'espionnage, certaines informations sont erronnées ou très parcellaires.
- German Divisions in World War I (Volume 1 to 7) de Dirk ROTTGARDT publié par Nafziger Collection. Cet ouvrage reprend comme base "l'Histoires des 251 divisions allemandes" en l'enrichissant de nouvelles données et surtout en corrigeant certaines erreurs, mais en en commettant ou en reprenant certaines autres. Ce livre en anglais est encore disponible.



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