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Le
poste rurale et locale
1830-1878
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La Feldpost dans le
Valenciennois 1914-1918
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La Feldpost allemande dans le
Valenciennois 1914-1918.
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Un
peu d'Histoire.
Avant d'aborder
le sujet de la poste
militaire, il
convient de relater les événements que
connurent le
Valenciennois de 1914 à 1918.
AOUT 1914:
Le 3 août:
la guerre est
déclarée.
Les allemands attaquent la Belgique qui était neutre et
s'approchent de la frontière française.
Les
français se portent à la
frontière et Valenciennes est
délaissée. Il y
subsiste seulement quelques réservistes et
mobilisés du
127ème régiment d'infanterie (basé
à
Valenciennes).Certains d'entre n'étaient
même pas
armés.
Quant il devint
évident aux yeux de
l'état-major français que les allemands
s'approchaient
trop rapidement de la frontière, des troupes mieux
préparées (françaises et anglaises)
ont
été envoyées dans
l'arrondissement.Celles-ci
devaient se diriger rapidement
vers la frontière et au delà en territoire belge.
Le
23 août:
les premiers
allemands(1ère Armée) passèrent la
frontière aux environs de Condé sur l'Escaut et
des
combats frontaliers vont se dérouler au nord du
Valenciennois.
Le
25
août: les
allemands
arrivent à Valenciennes le 25 août. Il y
trouvèrent à
leur
grand étonnement très peu de soldats
français
(donc peu de résistante) et un grand stock de produits et
denrées militaires entreposés dans les casernes
de la
ville. Les autorités municipales n'avaient pas eu
connaissance
de ces stocks et donc n'avaient pu les soustraire aux allemands. Ces
produits eussent étaient bien utiles aux Valenciennois. La
gare
et
les voies ferrées étaient intactes.
Fin
août-début septembre:
l'arrondissement qui n'est pas
encore totalement occupé connaît quelques combats
ici et
là. Les allemands ne sont pas encore assez nombreux et de
nombreuses petites unités françaises
retraitent et
cherchent à regagner leurs lignes.
SEPTEMBRE 1914:
Le 7 septembre: chute
de la place forte de Maubeuge. 40.000 allemands
supérieurement
armés font plus de 40.000 prisonniers français.
Il faut
dire que Maubeuge était une place forte obsolète
et que
l'Etat-major n'a jamais entrevue l'idée que les allemands
envahiraient le Nord. Néanmoins, il est établi
que les 10
jours de résistance de Maubeuge permirent aux
français de stopper les allemands sur la Marne, car
ces
derniers auraient eu bien besoin des 40.000 hommes encerclant Maubeuge.
A
la mi septembre,
le sort du Valenciennois est
scellé, il est entièrement occupé.Les
allemands s'y
installèrent jusqu'à la fin de la guerre.
Les
années 1915 et 1916 sont des années où
le front
occidental se consolide. Le Valenciennois devient une plaque tournante
de l'appareil militaire allemand. Les réquisitions se font
plus
nombreuses, le contrôle plus oppressant, la vie dans
l'arrondissement plus dure. Les premières
pénuries
apparaissent en Allemagne. Les allemands savent que la guerre va durer.
L'armistice avec
la Russie à la fin 1917 permet aux
allemands de rapatrier des
divisions vers le front de l'Ouest. Cependant, ces troupes ne sont pas
les meilleures et sont qui plus est peu préparées
aux
méthodes de combat du front de l'Ouest.
L'année 1918 et la grande offensive de printemps peut faire
croire aux allemands qu'ils allaient remporter une victoire
décisive.Mais
en juin, il apparaît que les gains de terrains importants
arrivent à
leur maximum, la défense alliée devenant de plus
en plus
efficace.Les
allemands ont laissé beaucoup de troupes fraiches dans ces
combats.En
juillet, les français contre attaquent des troupes
allemandes
épuisées.L'offensive alliée et les
victoires qui
suivirent ne cessèrent
jusqu'à l'Armistice.
Depuis juillet 1918, les contre
offensives alliées font reculer
irrémédiablement
les troupes allemandes qui refluent vers la Belgique en passant par le
Valenciennois. Ces troupes dont le morale est très bas
troublent
évidemment les troupes stationnées dans
l'arrondissement
et donnent aux civils le sentiment que la fin est proche.
Les
premières communes de
l'arrondissement ont
été
libérées par les anglo-canadiens fin octobre
1918. Auparavant, les allemands ont pris soin d'évacuer les
populations civiles vers VALENCIENNES tout d'abord puis la Belgique
ensuite.
La guerre de
mouvement ayant repris depuis
septembre 1918, les allemands reculent inexorablement. Il
espèrent néanmoins stopper les alliés
sur la ligne
Hermann dont VALENCIENNES est une position clé
protégée par l'Escaut et les hauteurs du Mont
Houy. De
plus, la présence de très nombreux
réfugiés
d'autres villes rendait impossible le bombardement direct de la
ville. L'investissement de la ville est très bien
préparé par les anglo-canadiens. Le Mont Houy est
pris en
un seul assaut.
Le
3
novembre 1918:
VALENCIENNES est libérée par les canadiens.
L'Arrondissement
de VALENCIENNES a été
occupé successivement et/ou conjointement
par 4
armées allemandes, la 1ère (fin août
1914-mi
octobre
1914), la
6ème
(mi octobre 1914-30/09/1916), la 1ère (1er octobre
1916-20
avril 1917), le 2ème (20 avril 1917- septembre 1918)
et enfin
la 17ème (septembre 1918-3/11/1918). La 17ème
armée venait du front de Russie. En effet, l'armistice avec
les
Bolcheviques avait permis à l'Allemagne de rapatrier une
grande
partie des troupes de ce front vers la France.La 17ème
armée installe son quartier général
à ST
AMAND le 1er février 1918. Elle occupera effectivement
VALENCIENNES dès Septembre 1918.
Présentation
de troupes
lors de l'anniversaire de l'Empereur Guillaume II en 1916 sur la Place
d'Armes à Valenciennes.

Parade du 125ème régiment d'infanterie
Wurtembergeois (26 Division d'infanterie Wurtembergeoise).
Du
1er au 11 mai 1917, ce régiment
était en repos à Valenciennes. Il participa
à 2
parades: le 6 mai devant le Général de la
Division et le
9 mai devant le Prince Rupprecht de Bavière.
A chaque
fois,
qu'une
armée quittait l'arrondissement, elle emportait souvent tout
avec elle,
le matériel, les fils téléphoniques,
les meubles,
et même les ampoules électriques.... Si bien que
celle qui arrivait, devait tout
réinstaller, aux frais des communes
évidemment.Durant
toute la durée du conflit, les civils eurent à
souffrir
de la privation de liberté et de nourriture.
Durant 4 ans,
l'Arrondissement (et d'autres)
fut
littéralement racketté par les allemands.Tout ce
qui
était bon à
prendre était pris. L'arrondissement devait payer une
cotisation
(en
plus des amendes régulières) pour entretenir les
troupes. Les territoires français occupés
étaient
contrôlés et administrés militairement.
Les
réquisitions y étaient
autorisées et
fréquemment pratiquées. Au contraire, de l'autre
côté de la frontière, la Belgique
occupée
était administrée par un Gouvernement
Général avec des fonctionnaires belges sous
contrôle allemand. Ce Gouvernement
Général payait
des indemnités à l'Allemagne, il ne pouvait donc
pas
faire l'objet de réquisitions.
Dans le Valenciennois, peu d'usines fonctionnaient, la plupart
était
démontée et souvent seules les Mines
fonctionnaient
encore. Le
charbon
partait en Allemagne. Tout ce qui avait de la valeur (militaire ou
financière) était
réquisitionné. Durant 4
ans, la population connu un véritable enfer, la seule
préoccupation était de satisfaire avec de grosses
difficultés les besoins primaires comme se nourrir.
Pendant toute la durée de la guerre,
le Valenciennois faisait partie de la zone des Etapes (Etappengebiet)
immédiatement à l'arrière du front et
avant la
zone du Gouvernement Général en Belgique et le
territoire
allemand.
La zone des Etapes était une zone où transitait
les troupes,
les
munitions, le matériel, les vivres qui étaient
nécessaires à la poursuite du combat.
Les troupes allemandes y étaient donc dans une relative
sécurité, malgré de
fréquents bombardements
aériens de la part des alliés.Ces raids visaient
essentiellement les
installations militaires (terrains d'aviation, gares,
dépôts,
fabriques
de munitions). La précision de ces bombardements
aériens
était toute relative et il n'était pas rare que
des
civils soient victimes de ceux-ci.

Raid
aérien sur Valenciennes 1915.

Voies de Chemin de fer
détruites par un raid aérien sur
Valenciennes qui détruisit aussi 16 wagons de munitions.
Chaque
armée
avait sa zone d'étapes.
Celle-ci
était dirigée par l'Inspection des
Etapes. Elle était chargée de
coordonner les
flux de troupes et de matériel sur son territoire, mais
aussi et
surtout de maintenir les voies de communications.
Elle était aussi chargée de la gestion
économique et de
récupérer les contributions
financières
demandées aux communes des territoires occupées
pour la
vie des troupes.Enfin, l'Inspection des Etapes se chargeait du
maintient de l'ordre militaire et civil dans sa zone. Valenciennes a
été le chef lieu d'Etapes (Etappenhauptort) de 3
Armées. Ce chef lieu d'étapes fut
le siège de l'Inspection des Etapes de 3 Armées;
la
6ème, la 1ère et la 2ème. A la mi
septembre 1918,
il n'était pas possible d'installer l'Inspection des Etapes
de
la 17ème Armée à Valenciennes, car le
front
était trop près.
Bureaux des
magasins
d'Etapes de la 6ème Armée situés
à la Croix d'Anzin.
Il
ne faut pas confondre Chef
lieu
d'Etapes et siège du Haut Commandement militaire. A titre
d'exemple, et pendant la période de la 6ème
Armée,
le Chef lieu d'Etapes était Valenciennes alors que le Haut
Commandement se trouvait à Lille.
Titre de l'image: "L'éléphant
comme auxiliaire militaire."
"
Eléphant de trait indien mise à la
disposition du Commandant d'Etapes de Valenciennes par von Hagenbeck"
A la fin 1914, le fantasque Major
von MEHRING fit venir à Valenciennes des
Eléphants du zoo d'Hambourg (Hagenbeck)
pour
aider au
débardage du troncs d'arbres dans la forêt de
Mormale qui
dépendait alors de la zone d'Etapes de Valenciennes.
Cet
épisode est relaté dans l'ouvrage de
René DELAME, page 288.
La poste militaire allemande.
Les états-majors savaient bien
l'importance du courrier pour
les
soldats. Ces derniers avaient un meilleur moral s'ils avaient des
nouvelles de la Mère Patrie. On peut estimer à
plus de 28
milliards le nombre d'objets postaux ayant transité par la
poste
militaire allemande durant les 4 années de guerre.
Les moyens modernes pour l'époque qu'étaient le
télégraphe ou le téléphone
étaient
peu accessibles aux simples soldats et leur famille. la plupart du
temps les échanges postaux concernaient, les lettres et
cartes
postales, les colis et le transfert d'argent. La poste accordait la
franchise postale pour la plupart des types de courriers de soldats et
de très petits frais pour les transferts d'argent.
Au
début de la guerre:
La poste militaire allemande était organisée en
prévision d'un nouveau conflit avec la France. Son
expérience de la guerre de 1870 avait permis
d'améliorer
le service, cependant pas assez par rapport aux bouleversements
énormes qu'allait provoquer le 1er conflit mondial. La poste
aux
armées est certes préparée
à une guerre
de mouvements, mais pas dans une telle mesure et sur de si
longues
distances. Au début du conflit, la poste aux
armées
connaît de grosses difficultés pour l'acheminement
du
courrier. Ses propres moyens de transports (le plus souvent
hippomobiles) même planifiés depuis longtemps se
révèlent insuffisants en nombre et en
qualité.
Il n'est d'ailleurs pas rare que lorsque les troupes allemandes entrent
en Belgique, la poste réquisitionne des voitures
de ferme
et des chevaux qui étaient mieux
adaptés aux
distances et à la nature des terrains. Les automobiles
postales
existent, mais en petit nombre et sont très mal
préparées aux longues distances sur des routes
souvent
abîmées par le passage des troupes et de
l'artillerie
lourde.
La poste utilise évidemment les liaisons ferroviaires, mais
n'est
pas prioritaire et passe ainsi après les
transports de
troupes et munitions. De plus, les troupes se
déplaçaient tellement rapidement qu'on ne savait
pas
toujours où elles se trouvaient et ainsi on ne pouvait faire
suivre les sacs de courrier.
De même, la poste civile et la poste aux armées ne
s'étaient pas du tout attendue à un tel afflux de
courrier et de colis qui transitaient dans les deux sens.
Tous ces facteurs réunis faisaient que de grandes masses de
courriers et de colis étaient en souffrance en Allemagne
pour le
front ou au front pour l'Allemagne.
Ce n'est que fin 1914, que le système commence à
se
mettre en place et à bien fonctionner. La guerre de position
facilite grandement le travail de la poste aux armées.
1915-1916:
Le système
fonctionne
bien sur tous les fronts.
La poste
militaire s'organise et se met en place. Le règlement de la
poste militaire se fait plus rigoureux sur la manière
d'écrire au front, car souvent les adresses
étaient
très floues et obligeaient la poste aux armées
à de longues recherches. Le
règlement
concernait aussi les contenus des courriers et colis. En effet, on
pouvait trouver de tout dans les colis tant envoyés par la
famille que par les soldats. Les denrées
périssables et
autres allumettes ou liquides inflammables envoyés par les
familles pouvaient endommager tout ou partie
du chargement d'un wagon postal. De même, des munitions
envoyées comme prise de guerre par les soldats à
leur
famille pouvaient se révéler très
dangereuses.
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Du 11 au
17 janvier 1915.
Les
lettres aux armées jusque 500 g
Publication.
Les lettres aux armées
vers
l'armée de terre en campagne
dont le poids et compris entre 250 grammes jusqu'à 500
grammes sont de nouveau
admises du 11 jusqu’au 17 janvier compris. Le port est de 20
pfennigs.Les
envois doivent
être emballées solidement. De
très fortes caisses de mastic avec un papier d'emballage
solide ou une toile durable doivent être
utilisées.
Pour le choix de la matière d'emballage, la nature du
contenu est décisive; les
objets fragiles doivent être mis dans des boites ou caisses
solides et
seulement
après emballés avec du papier ou de la toile. Les
paquets aussi avec une
fermeture à rabats doivent
être solidement
entourés avec de la ficelle.Les
adresses doivent être écrites sur
l’emballage ou
fixer solidement, elles doivent être claires et
être
correctes.
En dehors des vêtements et petits objets d'usage courant, des
produits alimentaires et produits de luxe sont aussi admissibles, mais
seulement quand ils se prêtent au transport par la poste
militaire. Les marchandises périssables sont exclues comme par exemple
: les fruits frais, le saucisson frais; les objets inflammables, comme
les cartouches, les allumettes et briquets à essence.
Les paquets contenant
un
liquide sont seulement admis si
le liquide est placé dans une caisse en bois solidement
fermé ou, un étui de carton épais.
Tous les
intervalles doivent être rempli de coton, de sciure
ou de
tissus afin que si le flacon est défectueux, le liquide soit
absorbé.
Les envois qui ne correspondraient pas à ces
conditions,
seront retournés inévitablement par les bureaux
de poste.
L’administration
Impériale des postes.
|
| Exemple
d'affiche que l'on pouvait trouver dans les bureaux de poste
en Allemagne. |
|
Le plus
dur à gérer pour la poste (civile et militaire),
c'est la
pénurie de personnel. En effet, le personnel de la poste
civile
qui était apte étaient soit affecté
à la
poste militaire ou soit dans des unités combatantes.
En
Allemagne, il fallait donc remplacer ces fonctionnaires par du
personnel auxiliaire (masculin et féminin) qu'il fallait
former
et qui ne donnait pas toujours de bons résultats. Dans les
bureaux de poste militaires, le personnel apte pouvait lui
aussi
être affecté à des unités de
combat si bien
que là aussi il fallait utiliser des auxiliaires qui eux
aussi
n'avaient pas le rendement d'un fonctionnaire
expérimenté. De plus, l'Armée
allemande
créait de nouvelles divisions qui avait chacune un bureau de
poste. Il fallait donc muter du personnel chevronné vers ces
nouveaux bureaux.
1917-1918:
Les choses se compliquent à nouveau à partir de
fin 1917,
car les pénuries en tous genres (pièces
détachées et carburant pour automobiles, graisse
et
charbons pour les trains) ainsi que les préparatifs des
grandes
offensives de printemps et été 1918
gênent
considérablement le service postal. Les moyens existants
sont
essentiellement tournés vers les besoins de
l'Armée.
L'Allemagne manque de tout et toutes les administrations souffrent. Les
offensives de 1918 sont malgré tout bien
préparées au niveau postal,
car il faut remettre le service dans une dynamique de guerre de
mouvements. De plus, là où vont se produire les
attaques,
le terrain et les infrastructures qui s'y trouvaient ont
été détruits par plusieurs
années de
combats soit par les allemands eux-mêmes soit par les
alliés. L'attaque sur le secteur du Chemins des Dames
jusqu'à Reims en est un exemple frappant. Quand l'attaque
commence le 27 mai, c'est dans une zone désolée
que se
déversent les flots de soldats allemands.
Au printemps et à l'été 1918, la poste
aux
armées arrive à alimenter les troupes sans
grandes
difficultés. Ce qui gêne le plus, c'est le manque
de
moyens ferroviaires tous destinés aux transports de troupes
et
de munitions. Les masses de colis envoyés par les soldats
à leur famille sont aussi un vrai problème. En
effet,
comme les familles manquaient de tout en Allemagne, les soldats leurs
envoyaient des biens ou de la nourriture qu'ils avaient
achetés ou
pillés dans les territoires occupés. En
1917-1918,
les pénuries
en Allemagne engendrait aussi une délinquance
particulière tant en Allemagne qu'au Front. En effet, il
n'était pas rare que les trains postaux soient en partie
pillés par des déserteurs ou des cheminots ou que
des
colis postaux stockés au front soient
détournés
par des soldats et envoyés à leur propre famille.
On peut
citer comme exemple un soldat qui avait obtenu un poste de confiance
dans une Inspection d'Etapes et qui fut pris après qu'il ait
envoyé au moins 400 colis (qui se composaient de contenus
d'autres colis détournés) à sa famille.
Au moment du renversement de tendance et quand les offensives
alliés percent le front allemand, la poste militaire est
obligée de faire retraite avec les troupes. Le manque de
moyens
de transport réduisent considérablement
l'acheminement du
courrier et des colis qui reste encore très important.
Dès octobre 1918, même le simple soldat
sait quelle
est la situation et chacun essaie de sauver ce qu'il peut (nourriture,
objets, vêtements, tissus, argent) en l'envoyant en
Allemagne par la poste.
Les jours qui suivent l'Armistice marque une époque de chaos
dans
les territoires encore occupés (essentiellement belges) qui
sont
en train d'être évacués. La poste
militaire ne
fonctionne plus, car le personnel est en marche vers l'Allemagne. Les
troupes d'active font retraite en bon ordre, les troupes de
réserve ou les troupes sédentaires sont
livrées
à elles-mêmes.
Enfin et concernant l'organisation de la Poste militaire allemande, il
faut ajouter
qu'à la différence de l'Armée
française,
il n'existe pas d'Armée Allemande, mais plutôt des
armées allemandes. En effet, l'Allemagne étant
composée de
plusieurs états, il existait une Armée
prussienne,
bavaroise, saxonne et wurtembergeoise. Evidemment, il existait un seul
et même Haut Commandement pour ces armées.La poste
militaire fonctionne de la même manière dans
toutes ces
armées.Des conventions ont été
signées par toutes ces administrations postales.
Les timbres à date étaient
cependant
différents.
Le flux du courrier était différent selon qu'il
transitait du front vers l'Allemagne ou inversement.
- De
l'Allemagne
vers le front:
Le courrier à destination des
militaires est
regroupé
dans des dépôts collecteurs (Postsammelstellen)
qui
étaient
chargés de trier le courrier. Le tri et la mise en sac se
faisait par bureau de poste militaire. En fait, chaque unité
était
rattachée à un bureau de poste militaire.
Ces sacs sont ensuite envoyés vers des centres directeurs
(Leitpunkte). Ces centres sont situés à
proximité
de la frontière mais encore en territoire allemand. Il
existe un
centre par Armée. Cependant, plusieurs Armées
peuvent se
partager le même centre. Ces centres sont les homologues des
"bureaux frontières" français pendant cette
période. Ils sont les seuls à connaitre les
positions
exactes des unités et de leur bureau de poste. Ces centres
utilisent un document qui regroupe toutes les positions des bureaux de
poste et les liens que chaque unité a avec ces
bureaux. Ce
document est dénommé "Aperçu du
réseau de
poste aux armées" (Feldpostübersicht). Cet
aperçu
est constamment réactualisé par les informations
des
bureaux de poste aux armées eux même, mais surtout
par les
états-majors qui sont seuls à connaitre les
changements affectations
des unités. Les centres directeurs sont donc
chargés de trier les wagons de sacs postaux provenant des
dépôts centraux et de répartir ces sacs
par bureaux
de poste aux armées. Quand c'est possible, un wagon peut
être conditionné avec uniquement les sacs
destinés
à un même bureau de poste aux armées.
Le plus gros
centre directeur pour le Front Ouest se trouvait dans des hangars
proches de la gare de Cologne.
Jusque là, c'est la poste civile qui gère
l'acheminement
du courrier.
Une fois ce tri effectué, les wagons partent vers les
centres de
transbordement (Postumschlagstellen) qui se trouvaient soit en Belgique
soit dans la zone des étapes des Armées en cours
de ligne ou au terminus. Chaque
Armée possédaient plusieurs centres de
transbordement
auxquels était rattachée chaque unité.
Sorti du territoire allemand, le courrier était pris en
charge
par la poste militaire et était soumis aux aléas
de la
guerre (retard au mieux, destruction au pire).
Arrivé au centre de transbordement, le courrier (en sacs)
était récupéré par le
personnel de chaque
bureau de poste militaire puis distribué
aux soldats.
Les expéditeurs devaient connaitre parfaitement l'adresse du
militaire à qui ils destinaient le courrier. Sans cela, ce
dernier pouvait se perdre, être retardé ou
renvoyé.
Dans les adresses aucun nom de lieu ne devait être
apposé
à côté de celui de l'unité
du destinataire.
- Du front vers l'Allemagne:
Le courrier des soldats était collecté au sein de
sa
compagnie dont un officier puis plus tard un bureau de
contrôle
postal examinait au hasard certaines lettres ou cartes postales. Le
contrôle se faisait sur la présence d'informations
militaires dissimulées ou non dans le courrier et sur la
présence obligatoire des coordonnées de
l'expéditeur.
De là, le courrier partait vers le bureau qui desservait
l'unité. Dans les tranchées, on avait
installé des
boîtes aux lettres pour faciliter la collecte du courrier.
Au bureau de poste militaire, le courrier était
trié grossièrement, principalement par grosses
villes.
Les sacs postaux étaient ensuite dirigés vers les
centres
de répartition (Postverteilungstellen) qui triaient
à
nouveau
le courrier par Province ou Etat. Le courrier des grosses villes
était trié à part.
Les sacs étaient ensuite envoyés vers les centres
de tri
(Sortierstellen) des Provinces ou Etats.
Le courrier d'un soldat appartenant à une Armée
vers un
autre appartenant à une autre Armée ne suivait
pas le
même chemin.
Au début du conflit, il était impossible de faire
transiter directement un courrier entre 2 Armées. Le
courrier
devait auparavant être dirigé en Allemagne vers un
dépôt collecteur (Postsammelstelle) afin
d'être
redirigé
vers l'Armée de destination. Cela créait
évidemment beaucoup de retard.
En octobre 1914, fut créé les centres
d'échange (ou de compensation) interarmées
(Feldausgleichstellen/Heeresbriefstellen). Ces centres
étaient
chargés de rassembler, de trier et de faire transiter le
courrier entre les Armées. Ces centres étaient
situés le plus souvent dans une zone d'étapes.
- Les coupures postales: en préparation des grandes
offensives
et pour garder le secret sur ses intentions, le Haut Commandement
pouvait ordonner une coupure postale de quelques jours à
quelques semaines. Pendant cette coupure, on interdisait aux soldats
d'emmener du courrier dans les tranchées.Au cas
où ils
seraient fait prisonnier lors d'un coup de main avant l'attaque, le
courrier saisi par l'ennemie aurait pu dévoiler l'offensive
imminente. Les coupure postales étaient
annoncées
aux soldats. Ainsi par le biais de cette annonce, il savaient tous
qu'une offensive était en préparation.
Ces coupures postales pouvaient être géographique
en
l'occurrence pour les unités d'une zone du front ou alors ne
concerner que les unités qui étaient en transit
et qui
allaient participer à l'offensive. Les coupures postales
n'étaient pas annoncées, si bien que les soldats
et les
familles rendaient responsable la poste aux armées des
retards
subits par le courrier alors que la poste aussi était
victime de
ces coupures. En général, la poste apposait sur
les
courriers victimes d'une coupure postale la marque " Auf
militärischen Gründen
verzögert"(retardé pour raisons militaires).
L'efficacité de ces coupures postales était toute
relative, car les soldats trouvaient des moyens
détournés
pour faire passer leur courrier. Il pouvaient par exemple le confier
à des permissionnaire qui postaient le courrier en Allemagne
ou
dans une zone ne faisant pas l'objet de la coupure postale. Dans ses
souvenirs de guerre, le général Ludendorff
déclare: "Les
coupures postales
n'avaient aucune valeur. Il existait trop
de canaux d’informations vers le
pays, je ne pouvais pas suspendre les permissions, car elles
étaient les seules
choses que le Haut Commandement pouvait donner au soldat".
- le courrier civil et le courrier pour les prisonniers de guerre
provenant des zones occupées:
Dans les zones occupées, aucun courrier de particulier ne
pouvait circuler à l'exception du courrier
destiné
à un prisonnier de guerre en Allemagne ou dans les
territoires
occupés ou interné dans un pays neutre.
Le courrier
des administrations civiles aussi bien que le courrier
économique
étaient autorisés. Cependant, ils devaient
transiter par
les Kommandantur qui
les envoyaient au centre de contrôle postale de l'Inspection
d'Etapes (Postüberwachungstelle) qui ensuite les envoyait au
bureau de poste de l'Inspection d'étapes qui
gérait
leur acheminement.
Il en était de même
pour le courrier des prisonniers de guerre ou prisonniers civils dont
les familles habitaient dans les territoires occupés.
Les
timbres
à date.
Dès
la
mobilisation, les bureaux de postes
étaient
équipés de timbre à date à
un cercle. Par
la suite et finalement assez rapidement, les bureaux de poste
reçurent des timbres à dates
à pont. Ces
derniers comportent une date sous forme de jour/mois/année
alors
que les timbres à date à un cercle ne comportent
que le
jour et le mois.En effet, la pratique de ne pas indiquer
l'année
sur les timbres à date de la poste militaire
émane du
fait que jusqu'alors les guerres étaient courtes; une
année au maximum. Il n'y avait donc pas d'utilité
à indiquer le millésime. Il y eu cependant
quelques
modifications de bloc
dateur sur certains d'entre eux afin de faire figurer aussi
l'année. Dans la plupart des bureaux les deux types de
timbres
à date ont été utilisés en
même temps.
Les timbres à date à pont(sauf les
modèles
bavarois) comportent aussi une heure de levée suivi de V
(Vormittag : matin) ou N (Nachmittag: après midi).
La particularité des timbres à date allemands,
c'est
qu'ils peuvent comporter en plus des mentions postales une lettre de
l'alphabet. Cette lettre pouvait aller jusqu'au "d" et
servait
à différencier les exemplaires de timbres
à date
utilisés conjointement ou consécutivement dans un
même bureau. On rencontre ces lettres de
"différenciation"
(Unterscheidungsbuchstabe) aussi bien pour la poste civile que la poste
militaire depuis 1875.
Sur le terrain, la poste militaire allemande était
organisée avec 3 types de bureaux de poste.Chacun d'eux
avait un
timbre à date libellé différemment.
- Les bureaux des Corps d'Armée: Feldpostamt
Ces bureaux géraient le courrier des Corps
d'Armée. Il
étaient dirigés par une Maitre de poste de
campagne
(Feldpostmeister). Ces bureaux contrôlaient les bureaux des
divisions.
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Timbre
à date
prussien |
Timbre
à date
saxon
Type spécial |
Timbre
à date
prussien |
Timbre
à date bavarois |
Timbre
à date
bavarois |
- Les
bureaux de
Divisions: Feldpostexpedition
Ces bureaux géraient le courrier des Divisions. Il
étaient subordonnés au bureaux de Corps
d'Armée.
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Timbre
à date
prussien |
Timbre
à date
saxon
Type spécial |
Timbre
à date
prussien |
Timbre
à date bavarois |
Timbre
à date bavarois |
-
Les bureaux
sédentaires: Feldpoststation
Ces
bureaux géraient le courrier des troupes se trouvant
dans la
zone des Etapes pour un laps de temps assez long. Ils
étaient
normalement sédentaires, mais au fil du conflit,
certains
ont pu changer de ville.

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| Timbre
à date bavarois |
Timbre
à date
bavarois |
Timbre
à date
bavarois |
Timbre
à date bavarois |
Timbre
à date bavarois |
 |
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Timbre
à date
prussien |
Timbre
à date
prussien |
Les
bureaux de Corps d'armée et de
Division
étaient mobiles. Les bureaux sédentaires
desservaient les
unités qui étaient affectées
à un endroit
pendant un laps de temps assez long.
Au fil du
conflit et
avec la guerre de
position, il apparaît que ces timbres
à date sont trop explicites et permettent aux agents
alliés de situer avec précision les
unités
allemandes.
Aussi dès le 15 février 1917, les bureaux
changent de
dénomination et il n'est plus possible d'identifier les
unités grâce au timbre à date. Les
bureaux de poste
devaient ainsi recevoir:
- des
timbres à
date "camouflés" (Tarnspempel) et
libellés avec la
mention
"Deutsche Feldpost" complétée d'un
numéro. Les
bureaux de poste des unités (Feldpostamt et
Feldpostexpedition)
prennent les numéros de 650 à 1021, tandis que
les
bureaux
sédentaires (Feldpoststation) prennent les
numéros de 1
à 649 et de 2001 à 3113. On ne peut rencontrer
ces
timbres
à date que sur les lettres recommandées ou les
lettres comportant des valeurs.
- des timbres à date "muets" ou à
étoiles (Stummen
Stempel) libellés avec la mention
"Deutsche Feldpost" et 3 étoiles.
Ceux-ci ne devaient ne servir que sur les lettres simples ou les cartes
postales.
Il est
extrêmement rare de trouver l'empreinte d'un timbre
à date
à numéro sur une lettre simple ou une carte
postale.
D'autre part, dès le 15 février 1917
très peu de
bureaux avaient reçu un nouveau modèle de timbre
à
date.On a
donc ordonné aux postiers de gratter les mentions pouvant
permettre d'identifier un bureau ou une unité.Ces timbres
à date grattés devaient être
utilisés
jusqu'à réception du nouveau modèle.
Cependant la
fabrication des nouveaux modèles ayant pris du retard, on
équipa d'abord les nouveaux bureaux, puis les bureaux ayant
perdu ou cassé leur timbre à date et enfin ceux
qui
avaient encore un timbre limé ou gratté.
De ce fait,
certains bureaux n'ont jamais reçu de timbre
muet et ont
continué à utiliser leur timbre à date
gratté jusqu'à la fin de la guerre.
Malgré tout, ce
grattage n'a
pas permis de tromper les espions alliés qui arrivaient
à
reconstruire les timbres à date grattés. Aussi a
t-il
été décidé en octobre 1917
que chaque
bureau d'une même Armée échangerait son
timbre
à date gratté avec un autre. Dans les faits, ces
échanges n'ont
pas toujours eu lieu.

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| Timbre
à date gratté |
Timbre
à date gratté |
Timbre
à date gratté |
Timbre
à date muet |
Timbre
à date camouflé |
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Changements d'adresse
de Poste aux Armées.
Le
15 février 1917, comme l'annonce "le Décret
d'Armée", les dispositions suivantes sur l'adressage des
envois
par la poste militaire entreront en vigueur:
Dans les adresses sont interdites toutes les indications sur les
théâtres des opérations, l'appartenance
à des
Armées, Groupes d'Armée, Sections
d'Armée,
Corps d'Armée, Divisions et Brigades. L'indication d'un Haut
Etat Major ne peut suivre seulement les adresses des membres de ces
Etats Majors.
Les adresses de poste militaire peuvent contenir seulement l'indication
d'un corps de troupe jusqu'au niveau maximum du Régiment,
c'est
à dire: Régiment, Bataillon(Section) et Compagnie
(Batterie, Escadron) ou Bataillon (Section) indépendant,
Compagnie (Batterie,
Escadron), ou
la marque officielle des formations particulières (Hauts
Etats
Majors, Colonne, aviateurs, opérateurs radio, etc).
Au nom des Corps de troupes qui appartiennent à un
Régiment, on
ne doit rien ajouter sauf l'indication du Régiment, du
Bataillon
(Section), de la Compagnie(Batterie, Escadron), même pas le
numéro du secteur postal.
Au
nom des Corps de
troupes qui n'appartiennent à aucun Régiment
(Bataillon indépendant, Hauts Etats Majors, Colonnes,
aviateurs,
opérateurs radio, etc), la marque officielle de la formation
concernée est nécessaire en tant qu'adresse de poste
militaire,
mais avec l'addition de la mention "Deutsche Feldpost Nr...." . Le
numéro du bureau de poste militaire compétent est
à demander à celui-ci.
Pour les membres des Etats Majors de Corps d'Armée ainsi que
des
Divisions et Brigades, le numéro du secteur postal doit
rester
dans l'adresse.
Tous les bureaux de poste de Corps d'Armée et de Divisions
sont
identifiés en conséquence par la mention
"Deutsche
Feldpost" et un numéro.
Les adresses de poste militaire doivent être
rédigées par exemple comme suit:
|
a) Sans indication d'un
numéro de secteur postal en plus du Régiment.
An
Unteroffizier Friedrich Müller
Infanterie-Régiment
91.
1.
Bataillon
3. Kompagnie
|
b) Avec indication d'un
numéro de secteur postal, puisque n'appartenant
pas à un Régiment.
An
Jäger August Meyer
Jäger-Bataillon
2. Kompagnie
Deutsche Feldpost N° 180
|
c)
Avec indication d'un numéro de secteur postal, car formation
particulière n'appartenant pas à un
Régiment.
An
Trainsoldat Otto Schulz
Reserve-Fuhrpark-Kolonne
n° 190
Deutsche Feldpost N° 180
|
L'annonce
des
nouvelles
adresses de poste militaire à leurs proches sera
réalisée par les militaires. Les proches devront
être avertis à chaque changement d'adresse.
|
| Coupure du
Journal
de la 1ère Armée en date du 1er
février 1917 (Somme-Wacht n° 12 01/02/1917). |
|
Les
timbres
d'unités (Briefstempel, Formationsstempel).
A
la différence des timbres
à date, les
timbres d'unités ne faisaient pas partie de la dotation en
matériel du bureau de poste militaire.
Ces timbres étaient fabriqués par des firmes
privées à la demande et aux frais des
différentes
unités (régiments, bataillons, compagnies,
etc...).
De ce fait, il en existe de multiples types différents. On
estime qu'il en a existé près d'un demi million
différents.Ces
timbres décrivaient très brièvement le
nom de
l'unité et souvent le numéro ou le nom du bureau
de poste
militaire auquel elle était rattachée.
Souvent, ces
descriptions sont
très laconiques et ne sont finalement qu'une succession
d'initiales ou d'abréviations difficiles à
comprendre. Après plusieurs mois de guerre, ces timbres
d'unités deviennent un peu plus explicites sur demande de la
poste aux armées. En effet, ces abréviations
étaient difficilement intelligibles même par les
postiers.
Ces
marques ne sont pas postales,
mais ont tout de même une
utilité importante; celle d'assurer la franchise postale
à la lettre ou à la carte qui la porte. Ils
permettaient
aussi de prouver que l'expéditeur
étaient bien un
militaire ou en tous cas une personne autorisée. Bien
souvent, le
soldat rajoutaient à la main sur la carte ou l'enveloppe son
nom, grade, unité ainsi que le numéro du bureau
de poste
desservant son
unité. Un courrier sans la présence du timbre
d'unité ou de mentions écrites par
l'expéditeur
pouvait être refusé et retourné.
Ces timbres d'unités ont été
utilisés
jusque la fin de la guerre, mais avec une fréquence moins
grande, car après 1917, le nombre des nouvelles
unités a
augmenté ainsi que le nombre de changement d'affectation. Il
était très difficile de refaire fabriquer ces
timbres
plusieurs fois avec de nouveaux libellés.
Ces timbres étaient frappées très
souvent par avance sur les cartes ou enveloppes vierges.
Il arrive très fréquemment que certaines cartes
ou
enveloppes ne comportent que le timbre d'unité. En effet,
les
bureaux de poste militaire avaient pour consigne en cas de
très
fort trafic postal de ne plus apposer leur timbre à date.
Ceci
afin de gagner du temps et de ne pas rater le départ du
convois
postal.
 |
 |
| 5 |
6 |
Après
le 15 février 1917,
les
timbres d'unités ne doivent plus comporter de mention trop
explicites comme le nom de lieu, les Divisions, les Corps
d'Armée ou Armée. Les mentions non
autorisées sont
limées. Avec le temps les timbres sont
re-fabriqués selon
les nouvelles directives.

|

|
| Ces
2 timbres d'unités présentent la transition entre
l'avant
février 1917 et l'après février 1917.
Il s'agit
ici du magasin d'Etapes de la 6ème Armée
situé
à St Amand. Après le 14 février 1917,
ce magasin
d'Etapes prend le numéro 516. La Feldpoststation
411
était située à St Amand et desservait
toutes les
unités d'Etapes situées dans ce secteur. |
La
poste militaire allemande dans le
Valenciennois.
Le nombre de
bureaux de poste militaire allemands qui ont
séjourné dans le Valenciennois est assez
important.On en
dénombre plus de 70 rien que dans la période de
la
6ème Armée. Evidemment, certains d'entre eux sont
restés très peu de temps (quelques jours).
Les informations sur ces bureaux sont assez faciles à
trouver
pour la période allant de fin 1914 à fin
septembre 1916
(6ème Armée bavaroise). En effet, le Directeur de
la
poste militaire de cette Armée, Josef HAID, tenait un
journal de
guerre très détaillé. Ce journal a
été conservé et il regorge
d'informations telles
que les dates et lieux de mise en service des bureaux, les changements
d'affectation, etc. C'est aujourd'hui le seul
journal de guerre d'un Directeur de poste militaire de cette
période qui ait été écrit
et qui soit
parvenu jusqu'à nous.
Ajoutons enfin que
pour le Valenciennois,
mais cela vaut aussi pour les territoires occupés en
générale, certaines localités ne
connurent jamais
qu'un seul bureau de poste du début de la Poste à
aujourd'hui; celui de la poste militaire allemande. Evidemment ce
bureau n'était pas accessible au public.
La
poste d'Armée ou poste d'Etapes (Heerespost).
Dans
la zone des étapes, le courrier civil était
interdit. Seul pouvait
circuler le courrier à caractère administratif et
économique
(nécessaire à l'effort de guerre) ainsi que le
courrier destiné aux
prisonniers de guerre.
Du 7 septembre au 30 octobre 1914, les autorités
d'occupation
permirent à la Chambre de Commerce de Valenciennes de mettre
en
place un service postal réduit destiné aux
civils.
Ce
service se servait de la ligne de tramway et desservait les communes
situées sur cette ligne. Les lettres devaient circuler
ouvertes
et
ne comporter aucun renseignement d'ordre militaire, ou d'opinion
politique.Par la suite, le service fût étendu
à
d'autres communes hors de l'arrondissement qui étaient
desservies par automobile. Au début du service,
le
courrier n'était vraisemblablement pas
contrôlé
par les allemands(en tous cas, il n'en porte pas de traces). Ce n'est
qu'à partir du 25 septembre que les allemands imposent un
contrôle du courrier.
Cette autorisation n'était que locale
et
quand
ce service postal fut connu du Haut Commandement allemand à
Lille, il fut aussitôt interdit.
Lettre
portant un timbre de la Chambre de Commerce de Valenciennes
accidentellement
non dentelé.
 |
 |
| Affiche
du 7 septembre 1914 annonçant la mise en place du service
provisoire. |
Affiche
du 25 septembre annonçant le contrôle des
autorités allemandes. |
A partir
d'octobre
1914, le
courrier civil ne circule plus. Seul le courrier administratif , le
courrier des prisonniers de guerre ou enfin le courrier concernant des
situations familiales urgentes (décès, maladie)
pouvait
circuler via les Kommandantur. La période d'octobre
à
novembre 1914 est assez flou, car il n'existe aucune organisation
formalisée concernant la prise en charge de ce courrier.
Le 15 décembre 1914, la 4ème Armée qui
occupe la
Flandre occidentale et orientale met en place une organisation
postale permettant la circulation du courrier économique,
administratif, civil (affaires familiales urgentes uniquement) et celui
des prisonniers de guerre. Ce service postal est aux mains de
militaires et non de postiers. Les courriers doivent être
déposés dans une Kommandantur où ils
peuvent
être
examinés. Ils sont envoyés ensuite vers un centre
de
contrôle postal, puis adressés à la
Kommandantur du
lieu
où habite le destinataire. Le courrier voyage d'une
Kommandantur
à l'autre via la poste militaire. Dans certains cas, le
courrier
voyageait par estafette motocycliste
Estafettes motocyclistes devant
le tour de l'ancienne Abbaye de St Amand.
Ce
service postal est dénommé Poste
d'Armée
(Herrespost). Les objets postaux autorisés à
circuler par
le biais de la poste d'Armée sont:
a) Le
courrier des services publics des pays
occupés pour autant qu'il soit administratif ou
économique (Banque, justice,
Impôt, Eglise etc.).
b) Le
courrier des habitants des zones occupées
aux internés
en Allemagne dans des camps de prisonniers de guerre.
c) Les
lettres d'affaires entre des habitants des zones occupées (
à
des Banques, à des avocats, commerçants), le
courrier vers les Etats alliés(de l'Allemagne),
mais seulement si cela concerne
l’intérêt de ces Etats ou leur
administration.
Les lettres des familles sont autorisée pour peu
qu’elles ne concernent que des
situations urgentes (maladie, décès, etc..)
d) Les courriers
d’ouvriers civils, belges ou français.
Ce
courrier était affranchi (sauf
pour les
prisonniers) et censuré.Les timbres poste
utilisés
sont allemands
ou bavarois. A partir du 1er décembre 1916, ils seront
surchargés en
centimes.Mais après cette date les timbres en pfennig ou
mark resteront
valables. On pouvait se procurer les timbres poste dans les
Kommandantur ou les bureaux de poste militaire.
Normalement, les
timbres-poste d'Armée (surchargés en centimes),
les
timbres poste bavarois, les timbres poste allemands (sans surcharge) ou
les timbres-poste du Gouvernement Général de
Belgique
(surchargés "Belgien") ne pouvaient pas servir en dehors de
leur
zone d'utilisation définie. Les timbres du Gouvernement
général perdent même leur
validité dans la
zone d'Etapes le 15 Décembre 1916. Cependant, il existait
une
certaine
tolérance notamment à cause des ruptures de
stock. De
même, au sein d'une même Armée, toutes
les
unités n'appartenaient pas au même Etat
allemand.
Ainsi une Armée à majorité Prussienne
pouvait
être composée en partie de troupes bavaroises qui
pouvaient s'approvisionner en timbres bavarois s'ils
n'arrivaient pas à se procurer des timbres
poste
d'Armée.
 |
 |
 |
 |
| Timbre
poste du Reich. |
Timbre
poste du Gouvernement Général de Belgique. |
Timbre
poste d'Armée. |
Timbre
poste de Bavière. |
Une
croyance veut que les timbres postes étaient
apposés sur le courrier civil dans les
Kommandantur afin
d'éviter l'écriture de messages secrets au dos
des
timbres. Ceci provient vraisemblablement de la 2ème guerre
mondiale où en effet l'usage de timbre-poste
était
interdit pour le courrier circulant entre la Zone Occupée et
la
Zone Non Occupée. En 1914-1918, les administrations
et
banques pouvaient acheter les timbres dans les Kommandantur.
De plus, vu le manque de moyens humains, on ne voit pas bien
pourquoi, les allemands auraient dédié du
personnel au
collage des timbres. Enfin, le courrier étant
limité aux
administrations et banque, ce type de message secret était
inutile et dangereux puisque le courrier était
contrôlé
systématiquement.
La Poste d'Armée (Heerespost) de la 4ème
Armée a
servi d'exemple pour les autres Armées du front occidental.
A
partir de décembre 1914, ce service postale a fleuri dans
toutes
les Armées, bavaroise et prussiennes.
Les tarifs postaux étaient les mêmes pour toutes
les
Armées et été fixés par
l'Administration
des Postes et Télégraphes du Reich.
|
15
décembre 1914 |
15
Août 1916 |
15
Mars 1917 |
|
Dans
la zone d'Etapes et la Belgique |
Vers
l'Allemagne |
Dans
la zone d'Etapes et la Belgique |
Vers
l'Allemagne |
Dans
la zone d'Etapes et la Belgique |
Vers
l'Allemagne |
| Lettres |
10 c |
25 c |
15 c |
25 c |
25 c |
|
| Par
20 g supplémentaires |
- |
+15 c |
+ 10 c |
+ 15 c |
+15 c |
|
| Cartes
Postales |
5 c |
10 c |
8 c |
10 c |
10 c |
|
| CP
Réponse |
10 c |
20 c |
16 c |
20 c |
20 c |
|
| Imprimés
jusque 50 g |
3 c |
5 c |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
| Imprimés
jusque 100 g |
5 c |
+ 5c par 50 g sup.
jusque 2 Kg |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
| Imprimés
jusque 200 g |
10 c |
- |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
| Imprimés
jusque 500 g |
25 c |
- |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
| Imprimés
jusque 1 Kg |
35
c |
- |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
| Papiers
d'affaires
jusque 200 g |
10
c |
25
c jusque
250 g |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
| Papiers
d'affaires
par 100 g sup. jusque 1 Kg |
+
5 c |
+5
c par 50 g sup. jusque 2 Kg |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
supprimé |
| Echantillons
jusque 100 g |
5
c |
10
c |
5
c |
10
c |
supprimé |
supprimé |
| Echantillons
jusque 200 g |
10
c |
+
5 c par 50 g sup. jusque 2 Kg |
10
c |
- |
supprimé |
supprimé |
| Echantillons
jusque 350 g |
15
c |
- |
15
c |
- |
supprimé |
supprimé |
Chaque Inspection d'Etapes
disposait
d'un centre de contrôle postal. Le contrôle se
faisait tant
sur les textes que sur les écritures codés.
Valenciennes
a été le siège de 3 centres de
contrôle
postal (Postüberwachungsstelle):
- La Postüberwachungsstelle
n° 40 appartenant à la 6ème
Armée, jusque fin septembre 1916,
- La Postüberwachungsstelle
n° 36 appartenant à la 1ère
Armée, jusque avril 1917,
- La Postüberwachungsstelle
n° 39 appartenant à la 2ème
Armée, jusque septembre
1918.
Le centre de contrôle postal n° 40 de la
6ème
Armée qui se trouvait à Valenciennes jusque fin
septembre
1916 et après à Tournai pouvait examiner 18000
cartes ou
lettres par jour.

|
| Lettre
à
caractère économique adressée
à la
Commission Impériale d'Indemnisation. Le timbre bavarois est
oblitéré par le timbre à date du
bureau de poste
de l'Inspection des étapes de la 6ème
Armée
(Feldpoststation n°2). Ce
courrier a été contrôlé et
autorisé
par l'Inspection des Etapes (Genehmigt Et. Insp. 6). L'affranchissement
est correcte puisqu'il respecte le tarif du 15/12/1914 soit 10
c pour
une lettre jusque 20 g. 10 Pf représentaient 12.5 c |

|
| Lettre
de LILLE pour LOURCHES dans l'arrondissement de
VALENCIENNES. LILLE et LOURCHES se trouvaient dans la
zone
d'Etapes de 2 Armées différentes : la
6ème
pour LILLE et la 1ère pour LOURCHES.
Cette lettre a donc dû passer par 2 bureaux de censure
différents (Postüberwachungsstelle). On remarque la
présence des griffes "Postüberwachungsstelle 6.
Armee"
et "Postüberwachungsstelle 1. Armee". Il faut assi
savoir que
le courrier économique et notamment celui concernant les
mines
de charbon était visé par un bureau de
contrôle.
Ici, on peut remarquer la note faite au crayon bleu "über die
Bergsverrwaltung VALENCIENNES" (Par l'administration des
Mines
à VALENCIENNES). |

|
| Lettre
administrative de la mairie d'ESCAUPONT adressée au Sous
Préfet de
VALENCIENNES. Le courrier a été
contrôlé une première fois par le
centre de contrôle postal de la 6ème
Armée (Postüberwachungsstelle
n°40) situé à Tournai (Belgique). Son
cachet rond oblitère les timbres
bavarois. Depuis octobre 1916, Valenciennes est le siège de
L'Inspection d'Etapes de la 1ère Armée alors que
la commune d'Escaupont
se trouve toujours dans le secteur de la 6ème
Armée dont l'Inspection
d'Etapes se trouve à Tournai. Arrivée
à Valenciennes, la lettre est à
nouveau contrôlée par la Postüberwachungsstelle
n°36 (cachet linéaire "Zalässig
Postüberwachungsstelle") Enfin depuis
février 1917, toutes les indications
référant à une Armée ont
été
limées. Lettre au tarif du 15 mars 1917 soit 25 c pour 20 g.
20 Pf=25 c. |
 |
| Lettre
administrative de la mairie de MAING adressée au Sous
Préfet de
VALENCIENNES. Les timbres poste d'Armée
(surchargé en centimes) sont
oblitérés
par un
timbre à date gratté. Ces timbres poste sont
surchargés en centimes. La marque de contrôle
postal n'apparaît pas,
mais il faut noté que le timbre à date qui
oblitère les timbres est
celui de la Feldpoststation n°45 qui gère le
courrier de l'Inspection
d'Etapes et du centre de contrôle postal de la
2ème Armée située à
Valenciennes. Affranchissement superfétatoire à
30 c au lieu de 25
(tarif du 15/03/1917) |

|
| Lettre
administrative de la mairie d'AULNOY LES VALENCIENNES
adressée au Sous Préfet de
VALENCIENNES. Le timbre poste d'Armée est
oblitéré
par le timbre à date limé de la Feldpoststation
n°
45. Lettre au tarif soit 25 c pour une lettre jusque 20 g (tarif du 15/03/1917). |

|
| Lettre
administrative de la mairie de NIVELLE
adressée au Sous Préfet de
VALENCIENNES. Le timbre poste d'Armée est
oblitéré
par le cachet de la Postüberwachungsstelle n° 40 de la
6ème Armée
(située à Tournai). Là aussi, il
s'agit d'un courrier qui à circulé
entre les secteurs de 2 Armée. Nivelle était
situé dans le secteur de
la 6ème Armée alors que Valenciennes se trouvait
dans le secteur de la
2ème Armée. Même si il ne figure aucune
date sur cette enveloppe, on
sait que la marque linéaire "Zulässig 4.
Postüberwachungsstelle"
apparaît en décembre 1917. Lettre au tarif soit 40
c pour une lettre
jusque 40 g (tarif
du 15/03/1917). Il ne semble pas que le centre de contrôle de
la
2ème Armée ait examiné une nouvelle
fois cette
lettre. |

|
| Lettre
administrative de la mairie de WAVRECHAIN SOUS FAULX
adressée à la Sous Préfecture de
VALENCIENNES. Le timbre poste est un timbre poste du Reich,
donc
utilisé sur le territoire allemand. Cependant la lettre
n'est pas du
tout au tarif, car avec la conversion en centimes, elle n'est
finalement affranchie qu'à 12.5 c. Il en manque autant. La
Kommandantur
de Wavrechain a contrôlé cette lettre (griffe
manuscrite "auf Inhalt
Haüfigkeit geprüft" -contenu examiné) puis
a apposé son cachet d'unité
"Ortskommandantur 315-Deutsche Feldpost 408". La lettre a ensuite
été
remise au bureau de poste du IXème Corps de
Réserve (Deutsche Feldpost
408). Ce bureau était installé à
Bouchain depuis novembre 1917. Le
bureau de contrôle de la 2ème Armée a
contrôlé une nouvelle fois cette
enveloppe à l'arrivée à VALENCIENNES
(marque "Geprüft P.Ü. St."). |

|
| Carte
postale
adressée à un prisonnier de guerre
français en
Allemagne . Ce prisonnier était originaire d'AULNOY LES
VALENCIENNES. La carte porte la marque "KRIEGSGEFANGENEN SENDUNG"
(Courrier de prisonnier) ainsi que la marque du
bureau de
censure de la 1ère Armée
"Geprüft F. a. Postüberwachungstelle_
Armee". Nous sommes ici après le 15 février 1917, car
toute marque permettant d'identifier une armée doit être
effacée.. Le 1 de "Postüberwachungstelle 1
Armee" a donc été gratté.
L'abréviation "F.a."
signifie "Frist abgelaufen", c'est à dire "délai
expiré". Le courrier des prisonniers faisait l'objet d'un
retard
sytématique d'environ 2 semaines. A
l'arrivée au camp de
prisonniers de FRIEDRICHSFELD, le censeur a une
dernière
fois
visé la carte. |

|
Carte
écrite par une denaisienne pour un prisonnier de guerre au
Camp
de TORGAU. Ce prisonnier était un Capitaine des
"Royal
Irish Fusiliers".
La carte porte les cachets de la mairie de DENAIN où
vraisemblement la carte a été
déposée. On
note aussi la marque linéaire " Geprüft F. a.
Postüberwachungstelle" du service de la censure de la
6ème
Armée allemande et la cachet de censure du camp de TORGAU.
L'histoire de ce Capitaine est intéressante. Il s'appelle
Albert
Victor OLPHERT et arrive en France le 22 Août 1914
avec le
grade de Lieutenant. Il prend part à la bataille
du CATEAU
le 26 août 1914 où il est grièvement
blessé
et fait prisonnier. Il est promu (bienque prisonnier) au
grade de
capitaine en octobre 1914. On sait qu'il a
été
interné dans les Camps de GIESSEN, MERSEBURG, TORGAU et
enfin
NEUBRANDEBURG. Les allemands, le considérèrent
comme un
simple soldat pendant plus d'un an avant que son grade soit
établi définitivement. Suite
à un accord
entre l'Angleterre et l'Allemagne, le Capitaine OLPHERT fut
transféré en Hollande fin Décembre
1917. |
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| Carte
adressée
à un prisonnier de guerre originaire de BRUAY SUR ESCAUT. Ce
soldat était prisonnier au camp de MERSEBURG. La
carte a
été tout d'abord contrôlée
par le centre de
contrôle postale n° 39 (2ème
Armée) dont la
marque "Geprüft P. Ü. St." est très
représentative. Cette a été
une nouvelle
fois contrôlé au camp de MERSEBURG (marque
"Püfungsstelle MERSEBURG Geprüft/75"). |
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| Carte
écrite
le 4 avril 1918 par un travailleur civil (forcé ou
volontaire) à sa famille habitant St WAST LA HAUT. Les
travailleurs civils ne bénéficiaient pas de la
franchise,
car ils étaient payés (plus ou moins bien) pour
le
travail. Cette carte porte les marques de contrôle postal de
la
1ère Armée : "Zulässig
Militärische
Ueberwachungsstelle des Post und Güterverkehrs". La
1ère Armée n'était plus à
VALENCIENNES
depuis longtemps. Cependant les travailleurs
civils étaient souvent envoyés
dans des lieux
assez éloignés de leur domicile. La
1ère
Armée occupait alors l'arrondissement de
CHARLEVILLE. |
Où
trouver les informations?
L'occupation
et la libération de Valenciennes
sont
traitées dans 2 excellents ouvrages écrits il y a
longtemps et malheureusement aujourd'hui épuisés:
- Valenciennes,
occupation allemande
1914-1918 (2 tomes) de René DELAME. 1933.
- Valenciennes 10
octobre 1918-11
novembre 1918, l'évacuation, le bombardement, la
délivrance de J. THIROUX. 1920.
Si le sujet de la Poste Militaire allemande
durant le 1er
conflit mondial vous intéresse et si vous n'avez aucune
notion
d'allemand, il faudra vous munir d'un bon dictionnaire, car il n'existe
aucun ouvrage en français.
D'autre part en ce qui concerne les informations par elles
même,
il existe quelques ouvrages généralistes, mais il
faut
bien dire que la première guerre mondiale est beaucoup moins
populaire chez nos amis d'outre Rhin que la seconde guerre mondiale au
sujet de la quelle il y a pléthore d'informations. A noter
cependant que la plupart des archives datant des années
1914-1918 ont été détruites lors des
bombardement
alliés durant la deuxième guerre mondiale.
De plus, vous trouverez peu d'informations sur le prix de ces
marques postales. Il faut quand même garder à
l'esprit que
vu la masse de courrier militaire, la plupart des marques sont
très bon marché et valent moins de 5
euros.
Cependant, quelques bureaux ont fonctionné quelques jours ou
quelques semaines et bien évidemment leur prix sort un peu
du
lot. Globalement, c'est une collection très abordable.
Quoiqu'il en soit, je vous conseille les livres suivants:
- Geschichte der
deutschen Feldpost im Kriege 1914/18
(Histoire de la Poste militaire durant la guerre 14/18) de Karl
SCHRACKE. C'est un ouvrage généraliste qui ne
traite que
de l'organisation et du fonctionnement de la poste militaire. Il est
assez ancien (années 20) et est écrit en gothique.
- Die deutsche
Feldpost im Ersten Weltkrieg 1914-1918
(La poste militaire allemande pendant la première guerre
mondiale 1914-1918) de ANDERSON, BORLINGHAUS et KOOP. Cet ouvrage est
beaucoup plus récent (2006).
- Stempelhandbuch der
Deutschen
Feldpost im Ersten Weltkrieg 1914-1918
(Catalogue des timbres à date de la
poste militaire
allemande pendant la première guerre
mondiale 1914-1918) de Horst BORLINGHAUS.(2006).
-
Die deutschen
Feldpoststempel
1914-1918 (Les oblitérations de la poste aux
armées allemande 1914-1918) de Karl Heinz SCHRIEVER.
C'est un ouvrage assez ancien (1967), mais il a
été le
premier à répertorier les timbres à
date de la
poste aux armée allemande pendant la première
guerre
mondiale.
En ce qui concerne les ouvrages un peu plus
spécialisés et
dans lesquels vous trouverez des informations sur les marques postales
des unités et les lieux d'utilisation. Je vous conseille:
- Die
Armee-Postdirektion 6 im ersten Weltkrieg 1914-1918
(La Direction des Postes de la 6ème Armée) de B.
KOOP.
C'est un ouvrage très riche sur la poste de la
6ème
Armée. Vous y trouverez beaucoup d'informations sur les
timbres
à date, les lieux, etc...
La 6ème Armée avait occupé une
très grande partie du Nord de la
France.
- Die
Armee-Postdirektion 6 während des ersten Weltkrieges (La
Direction des Postes de la 6ème Armée pendant la
1ère guerre mondiale) de B. KOOP.Janvier 2008. C'est la
réédition et l'amélioration de
l'ouvrage
précédent.
- Handbuch und
Katalog der deutschen Fliegertruppe im 1. Weltkrieg 1914-1918
(Catalogue des troupes aériennes allemandes durant le
1ère guerre mondiale) de Horst BORLINGHAUS. Cet ouvrage
traite et cote les
timbres
d'unités (Briefstempel) des troupes aériennes
allemandes.
- Les Estampilles
Postales de la Grande Guerre.
Stéphane STROWSKI. Editions Yvert et Thellier 1976.
L'occupation
allemande du Nord de la France y est en partie traitée.
- Die Post im Westlichen
Etappengebiet und ihre Abstempelungen.
E. HEBERLE. 1928. Les marques de censure sont assez
succintement
traitées pour les 1ère, 2ème et
17ème
Armée. Assez bien pour la 6ème Armée
- Die Deutsche Heerespost
an der Westfront. K.
ZIRKENBACH 1935-1936. Etude parue dans le "Postmarke" sur la poste
d'Armée en Belgique et dans les territoires
français
occupés.
Certains ouvrages concernant les armées allemandes et leurs
ordres de bataille pendant la guerre peuvent nous être
utiles. En
effet, après le 15 février 1917, les timbres
à
date ne mentionnent plus les divisions et seuls les timbres de
régiments ou les mentions manuscrites des soldats nous
renseignent sur les divisions et leur bureau de poste militaire.
Cependant, comment savoir avec ces renseignements fragmentaires qu'une
unité fait partie ou non de telle ou telle division.
Les archives allemandes sur le sujet n'existent pratiquement
plus
(détruites par les bombardements de la 2ème
guerre
mondiale). Cependant, on peut trouver de nombreuses informations dans 2
ouvrages:
- Histories of the 251
division of the German army which patricipated in the
war 1914-1918 (Histoire
des 251 Divisions de l'Armée allemande qui ont
participé
à la guerre 1914-1918. Cet ouvrage date de 1919, il est
aujourd'hui introuvable en l'état. Il a
été
rééditer en anglais par LONDON STAMP EXCHANGE LTD
(London) en 1989.
Ce livre est en fait la compilation de rapports d'espionnage
réalisé par l'Armée
américaine (American
Expeditionary Force) pendant la première guerre mondiale.
Vous y
trouverez des informations très pointues sur les ordres de
bataille des divisions allemandes et sur les lieux où elles
se
trouvaient. Comme dans tous rapports d'espionnage, certaines
informations sont erronnées ou très parcellaires.
- German Divisions in
World War I (Volume 1 to 7) de
Dirk ROTTGARDT publié par Nafziger Collection. Cet ouvrage
reprend comme base "l'Histoires des 251 divisions allemandes" en
l'enrichissant de nouvelles données et surtout en corrigeant
certaines erreurs, mais en en commettant ou en reprenant certaines
autres. Ce livre en anglais est encore disponible.
Enfin, un groupe de
collectionneurs (en majorité allemands)
forme depuis plusieurs années un groupe d'étude
très actif sur la
poste militaire allemande durant la première guerre mondiale.
Ce groupe édite une fois par trimestre une revue traitant de
ce
sujet et de l'avancement des travaux d'étude. La cotisation
pour
adhérer à ce groupe est de 25€. La
plupart des
ouvrages récents sur la première guerre mondiale
sont
édités sous le patronage de ce groupe.
Contact: Horst BORLINGHAUS (cliquer sur l'image ci-dessous).

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