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La poste rurale et locale
1830-1878
La Feldpost dans le Valenciennois
1914-1918
Le Club Philatélique du
Valenciennois
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La Feldpost allemande dans le Valenciennois 1914-1918.




Un peu d'Histoire.

Avant d'aborder le sujet de la poste militaire, il convient de relater  les événements que connurent le Valenciennois de 1914 à 1918.

AOUT 1914:
Le 3 août: la guerre est déclarée.
Les allemands attaquent la Belgique qui était neutre et s'approchent de la frontière française.
Les français se portent à la frontière et Valenciennes est délaissée. Il y subsiste seulement quelques réservistes et mobilisés du 127ème régiment d'infanterie (basé à Valenciennes).Certains d'entre n'étaient même pas armés.
Quant il devint évident aux yeux de l'état-major français que les allemands s'approchaient trop rapidement de la frontière, des troupes mieux préparées (françaises et anglaises) ont été envoyées dans l'arrondissement.Celles-ci  devaient se diriger rapidement vers la frontière et au delà en territoire belge.
Le 23 août: les premiers allemands(1ère Armée) passèrent la frontière aux environs de Condé sur l'Escaut et des combats frontaliers vont se dérouler au nord du Valenciennois.
Le 25 août: les allemands arrivent à Valenciennes le 25 août. Il y trouvèrent à leur grand étonnement très peu de soldats français (donc peu de résistante) et un grand stock de produits et denrées militaires entreposés dans les casernes de la ville. Les autorités municipales n'avaient pas eu connaissance de ces stocks et donc n'avaient pu les soustraire aux allemands. Ces produits eussent étaient bien utiles aux Valenciennois. La gare et les voies ferrées étaient intactes.
Fin août-début septembre: l'arrondissement qui n'est pas encore totalement occupé connaît quelques combats ici et là. Les allemands ne sont pas encore assez nombreux et de nombreuses petites unités françaises retraitent et cherchent à regagner leurs lignes.

SEPTEMBRE 1914:
Le 7 septembre: chute de la place forte de Maubeuge. 40.000 allemands supérieurement armés font plus de 40.000 prisonniers français. Il faut dire que Maubeuge était une place forte obsolète et que l'Etat-major n'a jamais entrevue l'idée que les allemands envahiraient le Nord. Néanmoins, il est établi que les 10 jours de résistance de Maubeuge permirent aux  français de stopper les allemands sur la Marne, car ces derniers auraient eu bien besoin des 40.000 hommes encerclant Maubeuge.

A la mi septembre, le sort du Valenciennois est scellé, il est entièrement occupé.Les allemands s'y installèrent jusqu'à la fin de la guerre.

Les années 1915 et 1916 sont des années où le front occidental se consolide. Le Valenciennois devient une plaque tournante de l'appareil militaire allemand. Les réquisitions se font plus nombreuses, le contrôle plus oppressant, la vie dans l'arrondissement plus dure. Les premières pénuries apparaissent en Allemagne. Les allemands savent que la guerre va durer.
L'armistice avec la Russie à la fin 1917 permet aux allemands de rapatrier des divisions vers le front de l'Ouest. Cependant, ces troupes ne sont pas les meilleures et sont qui plus est peu préparées aux méthodes de combat du front de l'Ouest.
L'année 1918 et la grande offensive de printemps peut faire croire aux allemands qu'ils allaient remporter une victoire décisive.Mais en juin, il apparaît que les gains de terrains importants arrivent à leur maximum, la défense alliée devenant de plus en plus efficace.Les allemands ont laissé beaucoup de troupes fraiches dans ces combats.En juillet, les français contre attaquent des troupes allemandes épuisées.L'offensive alliée et les victoires qui suivirent ne cessèrent jusqu'à l'Armistice.
Depuis juillet 1918, les contre offensives alliées font reculer irrémédiablement les troupes allemandes qui refluent vers la Belgique en passant par le Valenciennois. Ces troupes dont le morale est très bas troublent évidemment les troupes stationnées dans l'arrondissement et donnent aux civils le sentiment que la fin est proche.
Les premières communes de l'arrondissement ont été libérées par les anglo-canadiens fin octobre 1918. Auparavant, les allemands ont pris soin d'évacuer les populations civiles vers VALENCIENNES tout d'abord puis la Belgique ensuite.
La guerre de mouvement ayant repris depuis septembre 1918, les allemands reculent inexorablement. Il espèrent néanmoins stopper les alliés sur la ligne Hermann dont VALENCIENNES est une position clé protégée par l'Escaut et les hauteurs du Mont Houy. De plus, la présence de très nombreux réfugiés d'autres villes rendait impossible le bombardement direct de la ville. L'investissement de la ville est très bien préparé par les anglo-canadiens. Le Mont Houy est pris en un seul assaut.
Le 3 novembre
1918: VALENCIENNES est libérée par les canadiens.

L'Arrondissement de VALENCIENNES a été occupé  successivement et/ou conjointement par 4 armées allemandes, la 1ère (fin août 1914-mi octobre 1914), la 6ème (mi octobre 1914-30/09/1916), la 1ère (1er octobre 1916-20 avril 1917), le 2ème (20 avril 1917- septembre 1918) et enfin la 17ème (septembre 1918-3/11/1918). La 17ème armée venait du front de Russie. En effet, l'armistice avec les Bolcheviques avait permis à l'Allemagne de rapatrier une grande partie des troupes de ce front vers la France.La 17ème armée installe son quartier général à ST AMAND le 1er février 1918. Elle occupera effectivement VALENCIENNES dès Septembre 1918.

Présentation de troupes lors de l'anniversaire de l'Empereur Guillaume II en 1916 sur la Place d'Armes à Valenciennes.
Infanterie Regiment 125.
Parade du 125ème régiment  d'infanterie Wurtembergeois (26 Division d'infanterie Wurtembergeoise).  Du 1er au 11 mai 1917, ce régiment
était en repos à Valenciennes. Il participa à 2 parades: le 6 mai devant le Général de la Division et le 9 mai devant le Prince Rupprecht de  Bavière.

A chaque fois, qu'une armée quittait l'arrondissement, elle emportait souvent tout avec elle, le matériel, les fils téléphoniques, les meubles, et même les ampoules électriques.... Si bien que celle qui arrivait, devait tout réinstaller, aux frais des communes évidemment.Durant toute la durée du conflit, les civils eurent à souffrir de la privation de liberté et de nourriture.
Durant 4 ans, l'Arrondissement (et d'autres) fut littéralement racketté par les allemands.Tout ce qui était bon à prendre était pris. L'arrondissement devait payer une cotisation (en plus des amendes régulières) pour entretenir les troupes. Les territoires français occupés étaient contrôlés et administrés militairement. Les réquisitions y étaient autorisées et fréquemment pratiquées. Au contraire, de l'autre côté de la frontière, la Belgique occupée était administrée par un Gouvernement Général avec des fonctionnaires belges sous contrôle allemand. Ce Gouvernement Général payait des indemnités à l'Allemagne, il ne pouvait donc pas faire l'objet de réquisitions.
Dans le Valenciennois, peu d'usines fonctionnaient, la plupart était démontée et souvent seules les Mines fonctionnaient encore. Le charbon partait en Allemagne. Tout ce qui avait de la valeur (militaire ou financière) était réquisitionné. Durant 4 ans, la population connu un véritable enfer, la seule préoccupation était de satisfaire avec de grosses difficultés les besoins primaires comme se nourrir.
 
Pendant toute la durée de la guerre, le Valenciennois faisait partie de la zone des Etapes (Etappengebiet) immédiatement à l'arrière du front et avant la zone du Gouvernement Général en Belgique et le territoire allemand.
La zone des Etapes était une zone où transitait les troupes, les munitions, le matériel, les vivres qui étaient nécessaires à la poursuite du combat.

Les troupes allemandes y étaient donc dans une relative sécurité, malgré de fréquents bombardements aériens de la part des alliés.Ces raids visaient essentiellement les installations militaires (terrains d'aviation, gares, dépôts, fabriques de munitions). La précision de ces bombardements aériens était toute relative et il n'était pas rare que des civils soient victimes de ceux-ci.


Raid aérien sur Valenciennes 1915.

Voies de Chemin de fer détruites par un raid aérien sur Valenciennes qui détruisit aussi 16 wagons de munitions.

Chaque armée avait sa zone d'étapes. Celle-ci était dirigée par  l'Inspection des Etapes. Elle était chargée de coordonner les flux de troupes et de matériel sur son territoire, mais aussi et surtout de maintenir les voies de communications. Elle était aussi chargée de la gestion économique et de récupérer les contributions financières demandées aux communes des territoires occupées pour la vie des troupes.Enfin, l'Inspection des Etapes se chargeait du maintient de l'ordre militaire et civil dans sa zone. Valenciennes a été le chef lieu d'Etapes (Etappenhauptort) de 3 Armées. Ce chef lieu d'étapes  fut le siège de l'Inspection des Etapes de 3 Armées; la 6ème, la 1ère et la 2ème. A la mi septembre 1918, il n'était pas possible d'installer l'Inspection des Etapes de la 17ème Armée à Valenciennes, car le front était trop près.

Bureaux des magasins d'Etapes de la 6ème Armée situés à la Croix d'Anzin.

Il ne faut pas confondre Chef lieu d'Etapes et siège du Haut Commandement militaire. A titre d'exemple, et pendant la période de la 6ème Armée, le Chef lieu d'Etapes était Valenciennes alors que le Haut Commandement se trouvait à Lille.

Titre de l'image: "L'éléphant comme auxiliaire militaire."
" Eléphant de trait  indien mise à la disposition du Commandant d'Etapes de Valenciennes par von Hagenbeck"
A la fin 1914, le fantasque Major von MEHRING fit venir à Valenciennes des Eléphants du zoo d'Hambourg (Hagenbeck)
pour aider au débardage du troncs d'arbres dans la forêt de Mormale qui dépendait alors de la zone d'Etapes de Valenciennes.
Cet épisode est relaté dans l'ouvrage de René DELAME, page 288.

La poste militaire allemande.

Les états-majors savaient bien l'importance du courrier pour les soldats. Ces derniers avaient un meilleur moral s'ils avaient des nouvelles de la Mère Patrie. On peut estimer à plus de 28 milliards le nombre d'objets postaux ayant transité par la poste militaire allemande durant les 4 années de guerre.
Les moyens modernes pour l'époque qu'étaient le télégraphe ou le téléphone étaient peu accessibles aux simples soldats et leur famille. la plupart du temps les échanges postaux concernaient, les lettres et cartes postales, les colis et le transfert d'argent. La poste accordait la franchise postale pour la plupart des types de courriers de soldats et de très petits frais pour les transferts d'argent.


Au début de la guerre:

La poste militaire allemande était organisée en prévision d'un nouveau conflit avec la France. Son expérience de la guerre de 1870 avait permis d'améliorer le service, cependant pas assez par rapport aux bouleversements énormes qu'allait provoquer le 1er conflit mondial. La poste aux armées est  certes préparée à une guerre de mouvements, mais pas dans une telle  mesure et sur de si longues distances. Au début du conflit, la poste aux armées connaît de grosses difficultés pour l'acheminement du courrier. Ses propres moyens de transports (le plus souvent hippomobiles) même planifiés depuis longtemps se révèlent insuffisants en nombre et en qualité.
Il n'est d'ailleurs pas rare que lorsque les troupes allemandes entrent en Belgique, la poste réquisitionne  des voitures de ferme et des chevaux  qui étaient mieux adaptés aux distances et à la nature des terrains. Les automobiles postales existent, mais en petit nombre et sont très mal préparées aux longues distances sur des routes souvent abîmées par le passage des troupes et de l'artillerie lourde.
La poste utilise évidemment les liaisons ferroviaires, mais n'est pas prioritaire et passe ainsi après  les transports de troupes et munitions.  De plus, les troupes se déplaçaient tellement rapidement qu'on ne savait pas toujours où elles se trouvaient et ainsi on ne pouvait faire suivre les sacs de courrier.
De même, la poste civile et la poste aux armées ne s'étaient pas du tout attendue à un tel afflux de courrier et de colis qui transitaient dans les deux sens.
Tous ces facteurs réunis faisaient que de grandes masses de courriers et de colis étaient en souffrance en Allemagne pour le front ou au front pour l'Allemagne.
Ce n'est que fin 1914, que le système commence à se mettre en place et à bien fonctionner. La guerre de position facilite grandement le travail de la poste aux armées.
1915-1916:
Le système fonctionne bien sur tous les fronts. La poste militaire s'organise et se met en place. Le règlement de la poste militaire se fait plus rigoureux sur la manière d'écrire au front, car souvent les adresses étaient très floues et obligeaient la poste aux armées à de longues recherches. Le  règlement  concernait aussi les contenus des courriers et colis. En effet, on pouvait trouver de tout dans les colis tant envoyés par la famille que par les soldats. Les denrées périssables et autres allumettes ou liquides inflammables envoyés par les familles pouvaient endommager tout ou partie du chargement d'un wagon postal. De même, des munitions envoyées comme prise de guerre par les soldats à leur famille pouvaient se révéler très dangereuses.

Du 11 au 17 janvier 1915. 

Les lettres aux armées jusque 500 g

Publication.

Les lettres aux armées vers l'armée de terre en campagne dont le poids et compris entre 250 grammes jusqu'à 500 grammes sont de nouveau admises du 11 jusqu’au 17 janvier compris. Le port est de 20 pfennigs.Les envois doivent être emballées solidement. De très fortes caisses de mastic avec un papier d'emballage solide  ou une toile durable doivent être utilisées. Pour le choix de la matière d'emballage, la nature du contenu est décisive; les objets fragiles doivent être mis dans des boites ou caisses solides et seulement après emballés avec du papier ou de la toile. Les paquets aussi avec une fermeture à rabats doivent être solidement entourés avec de la ficelle.Les adresses doivent être écrites sur l’emballage ou fixer solidement, elles doivent être claires et être correctes.
En dehors des vêtements et petits objets d'usage courant, des produits alimentaires et produits de luxe sont aussi admissibles, mais seulement quand ils se prêtent au transport par la poste militaire. Les marchandises périssables sont exclues comme par exemple : les fruits frais, le saucisson frais; les objets inflammables, comme les cartouches, les allumettes et briquets à essence.

Les paquets contenant un liquide sont seulement admis si le liquide est placé dans une caisse en bois solidement fermé ou, un étui de carton épais. Tous les intervalles doivent être rempli de coton, de  sciure ou de tissus afin que si le flacon est défectueux, le liquide soit absorbé.
Les envois  qui ne correspondraient pas à ces conditions, seront retournés inévitablement par les bureaux de poste.


L’administration Impériale des postes.
Exemple d'affiche que l'on pouvait  trouver dans les bureaux de poste  en Allemagne.

Le plus dur à gérer pour la poste (civile et militaire), c'est la pénurie de personnel. En effet, le personnel de la poste civile qui était apte étaient soit affecté à la poste militaire ou soit dans des unités combatantes. En Allemagne, il fallait donc remplacer ces fonctionnaires par du personnel auxiliaire (masculin et féminin) qu'il fallait former et qui ne donnait pas toujours de bons résultats. Dans les bureaux de poste militaires, le personnel apte pouvait lui aussi être affecté à des unités de combat si bien que là aussi il fallait utiliser des auxiliaires qui eux aussi n'avaient pas le rendement d'un fonctionnaire expérimenté. De plus, l'Armée allemande créait de nouvelles divisions qui avait chacune un bureau de poste. Il fallait donc muter du personnel chevronné vers ces nouveaux bureaux.
1917-1918:

Les choses se compliquent à nouveau à partir de fin 1917, car les pénuries en tous genres (pièces détachées et carburant pour automobiles, graisse et charbons pour les trains) ainsi que les préparatifs des grandes offensives de printemps et été 1918 gênent considérablement le service postal. Les moyens existants sont essentiellement tournés vers les besoins de l'Armée. L'Allemagne manque de tout et toutes les administrations souffrent. Les offensives de 1918 sont malgré tout bien préparées au niveau postal, car il faut remettre le service dans une dynamique de guerre de mouvements. De plus, là où vont se produire les attaques, le terrain et les infrastructures qui s'y trouvaient ont été  détruits par plusieurs années de combats soit par les allemands eux-mêmes soit par les alliés. L'attaque sur le secteur du Chemins des Dames jusqu'à Reims en est un exemple frappant. Quand l'attaque commence le 27 mai, c'est dans une zone désolée que se déversent les flots de soldats allemands.
Au printemps et à l'été 1918, la poste aux armées arrive à alimenter les troupes sans grandes difficultés. Ce qui gêne le plus, c'est le manque de moyens ferroviaires tous destinés aux transports de troupes et de munitions. Les masses de colis envoyés par les soldats à leur famille sont aussi un vrai problème. En effet, comme les familles manquaient de tout en Allemagne, les soldats leurs envoyaient des biens ou de la nourriture qu'ils avaient achetés ou pillés dans les territoires occupés. En 1917-1918,  les pénuries en Allemagne engendrait aussi une délinquance particulière tant en Allemagne qu'au Front. En effet, il n'était pas rare que les trains postaux soient en partie pillés par des déserteurs ou des cheminots ou que des colis postaux stockés au front soient détournés par des soldats et envoyés à leur propre famille. On peut citer comme exemple un soldat qui avait obtenu un poste de confiance dans une Inspection d'Etapes et qui fut pris après qu'il ait envoyé au moins 400 colis (qui se composaient de contenus d'autres colis détournés) à sa famille.
Au moment du renversement de tendance et quand les offensives alliés percent le front allemand, la poste militaire est obligée de faire retraite avec les troupes. Le manque de moyens de transport réduisent considérablement l'acheminement du courrier et des colis qui reste encore très important. Dès octobre 1918, même le simple soldat sait quelle est la situation et chacun essaie de sauver ce qu'il peut (nourriture, objets, vêtements, tissus, argent) en l'envoyant en Allemagne par la poste.
Les jours qui suivent l'Armistice marque une époque de chaos dans les territoires encore occupés (essentiellement belges) qui sont en train d'être évacués. La poste militaire ne fonctionne plus, car le personnel est en marche vers l'Allemagne. Les troupes d'active font retraite en bon ordre, les troupes de réserve ou les troupes sédentaires sont livrées à elles-mêmes.

Enfin et concernant l'organisation de la Poste militaire allemande, il faut ajouter qu'à la différence de l'Armée française, il n'existe pas d'Armée Allemande, mais plutôt des armées allemandes. En effet, l'Allemagne étant composée de plusieurs états, il existait une Armée prussienne, bavaroise, saxonne et wurtembergeoise. Evidemment, il existait un seul et même Haut Commandement pour ces armées.La poste militaire fonctionne de la même manière dans toutes ces armées.Des conventions ont été signées par toutes ces administrations postales.
Les timbres à date étaient cependant différents.

Le flux du courrier était différent selon qu'il transitait du front vers l'Allemagne ou inversement.


- De l'Allemagne vers le front:
Le courrier à destination des militaires est regroupé dans des dépôts collecteurs (Postsammelstellen) qui étaient chargés de trier le courrier. Le tri et la mise en sac se faisait par bureau de poste militaire. En fait, chaque unité était rattachée à un bureau de poste militaire.
Ces sacs sont ensuite envoyés vers des centres directeurs (Leitpunkte). Ces centres sont situés à proximité de la frontière mais encore en territoire allemand. Il existe un centre par Armée. Cependant, plusieurs Armées peuvent se partager le même centre. Ces centres sont les homologues des "bureaux frontières" français pendant cette période. Ils sont les seuls à connaitre les positions exactes des unités et de leur bureau de poste. Ces centres utilisent un document qui regroupe toutes les positions des bureaux de poste et les liens que chaque unité  a avec ces bureaux. Ce document est dénommé "Aperçu du réseau de poste aux armées" (Feldpostübersicht). Cet aperçu est constamment réactualisé par les informations des bureaux de poste aux armées eux même, mais surtout par les états-majors qui sont seuls à connaitre les changements affectations des unités. Les centres directeurs sont donc chargés de trier les wagons de sacs postaux provenant des dépôts centraux et de répartir ces sacs par bureaux de poste aux armées. Quand c'est possible, un wagon peut être conditionné avec uniquement les sacs destinés à un même bureau de poste aux armées. Le plus gros centre directeur pour le Front Ouest se trouvait dans des hangars proches de la gare de Cologne.
Jusque là, c'est la poste civile qui gère l'acheminement du courrier.
Une fois ce tri effectué, les wagons partent vers les centres de transbordement (Postumschlagstellen) qui se trouvaient soit en Belgique soit dans la zone des étapes des Armées en cours de ligne ou au terminus. Chaque Armée possédaient plusieurs centres de transbordement auxquels était rattachée chaque unité.
Sorti du territoire allemand, le courrier était pris en charge par la poste militaire et était soumis aux aléas de la guerre (retard au mieux, destruction au pire).
Arrivé au centre de transbordement, le courrier (en sacs) était récupéré par le personnel de chaque bureau de poste militaire puis distribué
aux soldats.
Les expéditeurs devaient connaitre parfaitement l'adresse du militaire à qui ils destinaient le courrier. Sans cela, ce dernier pouvait se perdre, être retardé ou renvoyé. Dans les adresses aucun nom de lieu ne devait être apposé à côté de celui de l'unité du destinataire.

- Du front vers l'Allemagne:
Le courrier des soldats était collecté au sein de sa compagnie dont un officier puis plus tard un bureau de contrôle postal examinait au hasard certaines lettres ou cartes postales. Le contrôle se faisait sur la présence d'informations militaires dissimulées ou non dans le courrier et sur la présence obligatoire des coordonnées de l'expéditeur.
De là, le courrier partait vers le bureau qui desservait l'unité. Dans les tranchées, on avait installé des boîtes aux lettres pour faciliter la collecte du courrier.
Au bureau de poste militaire, le courrier était trié grossièrement, principalement par grosses villes.
Les sacs postaux étaient ensuite dirigés vers les centres de répartition (Postverteilungstellen) qui triaient à nouveau le courrier par Province ou Etat. Le courrier des grosses villes était trié à part.
Les sacs étaient ensuite envoyés vers les centres de tri (Sortierstellen) des Provinces ou Etats.
Le courrier d'un soldat appartenant à une Armée vers un autre appartenant à une autre Armée ne suivait pas le même chemin.
Au début du conflit, il était impossible de faire transiter directement un courrier entre 2 Armées. Le courrier devait auparavant être dirigé en Allemagne vers un dépôt collecteur (Postsammelstelle) afin d'être redirigé vers l'Armée de destination. Cela créait évidemment beaucoup de retard.
En octobre 1914, fut créé les centres d'échange (ou de compensation) interarmées (Feldausgleichstellen/Heeresbriefstellen). Ces centres étaient chargés de rassembler, de trier et de faire transiter le courrier entre les Armées. Ces centres étaient situés le plus souvent dans une zone d'étapes.

- Les coupures postales: en préparation des grandes offensives et pour garder le secret sur ses intentions, le Haut Commandement pouvait ordonner une coupure postale de quelques jours à quelques semaines. Pendant cette coupure, on interdisait aux soldats d'emmener du courrier dans les tranchées.Au cas où ils seraient fait prisonnier lors d'un coup de main avant l'attaque, le courrier saisi par l'ennemie aurait pu dévoiler l'offensive imminente. Les coupure  postales étaient annoncées aux soldats. Ainsi par le biais de cette annonce, il savaient tous qu'une offensive était en préparation.
Ces coupures postales pouvaient être géographique en l'occurrence pour les unités d'une zone du front ou alors ne concerner que les unités qui étaient en transit et qui allaient participer à l'offensive. Les coupures postales n'étaient pas annoncées, si bien que les soldats et les familles rendaient responsable la poste aux armées des retards subits par le courrier alors que la poste aussi était victime de ces coupures. En général, la poste apposait sur les courriers victimes d'une coupure postale la marque " Auf militärischen Gründen verzögert"(retardé pour raisons militaires).
L'efficacité de ces coupures postales était toute relative, car les soldats trouvaient des moyens détournés pour faire passer leur courrier. Il pouvaient par exemple le confier à des permissionnaire qui postaient le courrier en Allemagne ou dans une zone ne faisant pas l'objet de la coupure postale. Dans ses souvenirs de guerre, le général Ludendorff déclare: "Les coupures postales n'avaient aucune valeur. Il existait trop de canaux d’informations vers le pays, je ne pouvais pas suspendre les permissions, car elles étaient les seules choses que le Haut Commandement pouvait donner au soldat".

- le courrier civil et le courrier pour les prisonniers de guerre provenant des zones occupées:
Dans les zones occupées, aucun courrier de particulier ne pouvait circuler à l'exception du courrier destiné à un prisonnier de guerre en Allemagne ou dans les territoires occupés ou interné dans un pays neutre. Le  courrier des administrations civiles aussi bien que le courrier économique étaient autorisés. Cependant, ils devaient transiter par les Kommandantur qui les envoyaient au centre de contrôle postale de l'Inspection d'Etapes (Postüberwachungstelle) qui ensuite les envoyait au bureau de poste de l'Inspection d'étapes qui gérait leur acheminement.
Il en était de même pour le courrier des prisonniers de guerre ou prisonniers civils dont les familles habitaient dans les territoires occupés.


Les timbres à date.

Dès la mobilisation, les bureaux de postes étaient équipés de timbre à date à un cercle. Par la suite et finalement assez rapidement, les bureaux de poste reçurent des timbres à dates à pont. Ces derniers comportent une date sous forme de jour/mois/année alors que les timbres à date à un cercle ne comportent que le jour et le mois.En effet, la pratique de ne pas indiquer l'année sur les timbres à date de la poste militaire émane du fait que jusqu'alors les guerres étaient courtes; une année au maximum. Il n'y avait donc pas d'utilité à indiquer le millésime. Il y eu cependant quelques modifications de bloc dateur sur certains d'entre eux afin de faire figurer aussi l'année. Dans la plupart des bureaux les deux types de timbres à date ont été utilisés en même temps.
Les timbres à date à pont(sauf les modèles bavarois) comportent aussi une heure de levée suivi de V (Vormittag : matin) ou N (Nachmittag: après midi).
La particularité des timbres à date allemands, c'est qu'ils peuvent comporter en plus des mentions postales une lettre de l'alphabet. Cette lettre  pouvait aller jusqu'au "d" et servait à différencier les exemplaires de timbres à date utilisés conjointement ou consécutivement dans un même bureau. On rencontre ces lettres de "différenciation" (Unterscheidungsbuchstabe) aussi bien pour la poste civile que la poste militaire depuis 1875.
Sur le terrain, la poste militaire allemande était organisée avec 3 types de bureaux de poste.Chacun d'eux avait un timbre à date libellé différemment.

- Les bureaux des Corps d'Armée: Feldpostamt
Ces bureaux géraient le courrier des Corps d'Armée. Il étaient dirigés par une Maitre de poste de campagne (Feldpostmeister). Ces bureaux contrôlaient les bureaux des divisions.

Timbre à date
prussien
Timbre à date
saxon
Type spécial
Timbre à date
prussien
Timbre à date bavarois Timbre à date
bavarois


- Les bureaux de Divisions: Feldpostexpedition
Ces bureaux géraient le courrier des Divisions. Il étaient subordonnés au bureaux de Corps d'Armée.

Timbre à date
prussien
Timbre à date
saxon
Type spécial
Timbre à date
prussien
Timbre à date bavarois Timbre à date bavarois

- Les bureaux sédentaires: Feldpoststation
Ces bureaux géraient le courrier des troupes se trouvant dans la zone des Etapes pour un laps de temps assez long. Ils étaient normalement sédentaires, mais au fil du conflit,  certains ont pu changer de ville.






Timbre à date bavarois Timbre à date
bavarois
Timbre à date
 bavarois
Timbre à date bavarois Timbre à date bavarois


Timbre à date
prussien
Timbre à date
prussien

Les bureaux de Corps d'armée et de Division étaient mobiles. Les bureaux sédentaires desservaient les unités qui étaient affectées à un endroit pendant un laps de temps assez long.

Au fil du conflit et avec la guerre de position, il apparaît que ces timbres à date sont trop explicites et permettent aux agents alliés de situer avec précision les unités allemandes.
Aussi dès le 15 février 1917, les bureaux changent de dénomination et il n'est plus possible d'identifier les unités grâce au timbre à date. Les bureaux de poste devaient ainsi recevoir:
- des timbres à date  "camouflés" (Tarnspempel) et libellés avec la mention "Deutsche Feldpost" complétée d'un numéro. Les bureaux de poste des unités (Feldpostamt et Feldpostexpedition) prennent les numéros de 650 à 1021, tandis que les bureaux sédentaires (Feldpoststation) prennent les numéros de 1 à 649 et de 2001 à 3113. On ne peut rencontrer ces timbres à date que sur les lettres recommandées ou les lettres comportant des valeurs.
- des timbres à date "muets" ou à étoiles (Stummen Stempel) libellés avec la mention "Deutsche Feldpost" et 3 étoiles.
Ceux-ci ne devaient ne servir que sur les lettres simples ou les cartes postales.
Il est extrêmement rare de trouver l'empreinte d'un timbre à date à numéro sur une lettre simple ou une carte postale.
D'autre part, dès le 15 février 1917 très peu de bureaux avaient reçu un nouveau modèle de timbre à date.On a donc ordonné aux postiers de gratter les mentions pouvant permettre d'identifier un bureau ou une unité.Ces timbres à date grattés devaient être utilisés jusqu'à réception du nouveau modèle. Cependant la fabrication des nouveaux modèles ayant pris du retard, on équipa d'abord les nouveaux bureaux, puis les bureaux ayant perdu ou cassé leur timbre à date et enfin ceux qui avaient encore un timbre limé ou gratté.
De ce fait, certains bureaux n'ont jamais reçu de timbre muet et ont continué à utiliser leur timbre à date gratté jusqu'à la fin de la guerre. Malgré tout, ce grattage n'a pas permis de tromper les espions alliés qui arrivaient à reconstruire les timbres à date grattés. Aussi a t-il été décidé en octobre 1917 que chaque bureau d'une même Armée échangerait son timbre à date gratté avec un autre. Dans les faits, ces échanges n'ont pas toujours eu lieu.

 





Timbre à date gratté Timbre à date gratté Timbre à date gratté Timbre à date muet Timbre à date camouflé

Changements d'adresse  de Poste aux Armées.

Le 15 février 1917, comme l'annonce "le Décret d'Armée", les dispositions suivantes sur l'adressage des envois par la poste militaire entreront en vigueur:
Dans les adresses sont interdites toutes les indications sur les théâtres des opérations, l'appartenance à des Armées, Groupes d'Armée, Sections d'Armée, Corps d'Armée, Divisions et Brigades. L'indication d'un Haut Etat Major ne peut suivre seulement les adresses des membres de ces Etats Majors.
Les adresses de poste militaire peuvent contenir seulement l'indication d'un corps de troupe jusqu'au niveau maximum du Régiment, c'est à dire: Régiment, Bataillon(Section) et Compagnie (Batterie, Escadron) ou Bataillon (Section) indépendant, Compagnie (Batterie, Escadron), ou la marque officielle des formations particulières (Hauts Etats Majors, Colonne, aviateurs, opérateurs radio, etc).
Au nom des Corps de troupes qui appartiennent à un Régiment, on ne doit rien ajouter sauf l'indication du Régiment, du Bataillon (Section), de la Compagnie(Batterie, Escadron), même pas le numéro du secteur postal.
Au nom des Corps de troupes qui n'appartiennent à aucun Régiment (Bataillon indépendant, Hauts Etats Majors, Colonnes, aviateurs, opérateurs radio, etc), la marque officielle de la formation concernée est nécessaire en tant qu'adresse de poste militaire, mais avec l'addition de la mention "Deutsche Feldpost Nr...." . Le numéro du bureau de poste militaire compétent est à demander à celui-ci.
Pour les membres des Etats Majors de Corps d'Armée ainsi que des Divisions et Brigades, le numéro du secteur postal doit rester dans l'adresse.
Tous les bureaux de poste de Corps d'Armée et de Divisions sont identifiés en conséquence par la mention "Deutsche Feldpost" et un numéro.
Les adresses de poste militaire doivent être rédigées par exemple comme suit:

a) Sans indication d'un numéro de secteur postal en plus du Régiment.

An Unteroffizier Friedrich Müller
Infanterie-Régiment 91.
1. Bataillon
3. Kompagnie
b) Avec indication d'un numéro de secteur postal,  puisque n'appartenant pas à un Régiment.

An Jäger August Meyer
Jäger-Bataillon 
2. Kompagnie
Deutsche Feldpost N° 180
c) Avec indication d'un numéro de secteur postal, car formation particulière n'appartenant pas à un Régiment.

An Trainsoldat Otto Schulz
Reserve-Fuhrpark-Kolonne n° 190
Deutsche Feldpost N° 180

L'annonce des nouvelles adresses de poste militaire à leurs proches sera réalisée par les militaires. Les proches devront être avertis à chaque changement d'adresse.
Coupure du Journal de la 1ère Armée en date du 1er février 1917 (Somme-Wacht n° 12 01/02/1917).

Les timbres d'unités (Briefstempel, Formationsstempel).

A la différence des timbres à date, les timbres d'unités ne faisaient pas partie de la dotation en matériel du bureau de poste militaire.
Ces timbres étaient fabriqués par des firmes privées à la demande et aux frais des différentes unités (régiments, bataillons, compagnies, etc...).
De ce fait, il en existe de multiples types différents. On estime qu'il en a existé près d'un demi million différents.Ces timbres décrivaient très brièvement le nom de l'unité et souvent le numéro ou le nom du bureau de poste militaire auquel elle était rattachée. Souvent, ces descriptions sont très laconiques et ne sont finalement qu'une succession d'initiales ou d'abréviations difficiles à comprendre. Après plusieurs mois de guerre, ces timbres d'unités deviennent un peu plus explicites sur demande de la poste aux armées. En effet, ces abréviations étaient difficilement intelligibles même par les postiers.  
Ces marques ne sont pas postales, mais ont tout de même une utilité importante; celle d'assurer la franchise postale à la lettre ou à la carte qui la porte. Ils permettaient aussi de prouver  que l'expéditeur étaient bien un militaire ou en tous cas une personne autorisée. Bien souvent, le soldat rajoutaient à la main sur la carte ou l'enveloppe son nom, grade, unité ainsi que le numéro du bureau de poste desservant son unité. Un courrier sans la présence du timbre d'unité ou de mentions écrites par l'expéditeur pouvait être refusé et retourné.
Ces timbres d'unités ont été utilisés jusque la fin de la guerre, mais avec une fréquence moins grande, car après 1917, le nombre des nouvelles unités a augmenté ainsi que le nombre de changement d'affectation. Il était très difficile de refaire fabriquer ces timbres plusieurs fois avec de nouveaux libellés. 
Ces timbres étaient frappées très souvent par avance sur les cartes ou enveloppes vierges.
Il arrive très fréquemment que certaines cartes ou enveloppes ne comportent que le timbre d'unité. En effet, les bureaux de poste militaire avaient pour consigne en cas de très fort trafic postal de ne plus apposer leur timbre à date. Ceci afin de gagner du temps et de ne pas rater le départ du convois postal.


1 2 3 4

5 6

Après le 15 février 1917,  les timbres d'unités ne doivent plus comporter de mention trop explicites comme le nom de lieu, les Divisions, les  Corps d'Armée ou Armée. Les mentions non autorisées sont limées. Avec le temps les timbres sont re-fabriqués selon les nouvelles directives.


Ces 2 timbres d'unités présentent la transition entre l'avant février 1917 et l'après février 1917. Il s'agit ici du magasin d'Etapes de la 6ème Armée situé à St Amand. Après le 14 février 1917, ce magasin d'Etapes prend le numéro 516.  La Feldpoststation 411 était située à St Amand et desservait toutes les unités d'Etapes situées dans ce secteur.


La poste militaire allemande dans le Valenciennois.   

Le nombre de bureaux de poste militaire allemands qui ont séjourné dans le Valenciennois est assez important.On en dénombre plus de 70 rien que dans la période de la 6ème Armée. Evidemment, certains d'entre eux sont restés très peu de temps (quelques jours).
Les informations sur ces bureaux sont assez faciles à trouver pour la période allant de fin 1914 à fin septembre 1916 (6ème Armée bavaroise). En effet, le Directeur de la poste militaire de cette Armée, Josef HAID, tenait un journal de guerre très détaillé. Ce journal a été conservé et il regorge d'informations telles que les dates et lieux de mise en service des bureaux, les changements d'affectation, etc. C'est aujourd'hui le seul journal de guerre d'un Directeur de poste militaire de cette période qui ait été écrit et qui soit parvenu jusqu'à nous.
Ajoutons enfin que pour le Valenciennois, mais cela vaut aussi pour les territoires occupés en générale, certaines localités ne connurent jamais qu'un seul bureau de poste du début de la Poste à aujourd'hui; celui de la poste militaire allemande. Evidemment ce bureau n'était pas accessible au public.

Cette lettre a été traitée par le bureau n°77 situé à Valenciennes et adressé en Exprès à Munich. Elle a circulé par la poste militaire.C'est vraisemblablement une lettre de complaisance, car on peut noter la présence du timbre à date français du bureau de poste (civile) de Valenciennes. Ce timbre à date a vraisemblablement été récupéré par des soldats dans les locaux du bureau de poste. Le tarif d'un exprès doit être de 10 Pf pour une lettre de 20 g et de 25 Pf pour l'Exprès vers un bureau de poste(tarif du 01/07/1906). Normalement cette lettre n'uarait dû être affranchie que pour l'Exprès, soit 25 Pf, car les militaires bénéficiaient de la franchise postale.
Lettre d'un sapeur (Pionier) en poste à l'Administration du port fluvial de Valenciennes (Hafenamt 11). S'agissant du courrier de soldat, cette lettre bénéficiait de la franchise militaire et a été prise en charge par la Feldpoststation n°34 (Deutsche Feldpost 34). située à Valenciennes. Il s'agit ici vraisemblablement d'une enveloppe publicitaire récupérée par ce soldat.
feldpolizei
Lettre recommandée en franchise militaire postée à la Feldpoststation n°45 située à Valenciennes. Il s'agit d'un courrier de service entre l'antenne locale de la Police militaire secrète de la 2ème Armée(Geheime Feldpolizei, A.O.K 2.)  et le Haut commandement de la 17ème Armée (A.O.K 17). La lettre a été postée le 14 septembre 1918. Le timbre à date n'est pas muet , ni limé puisqu'il est apposé sur une courrier recommandé. Le Haut Commandement de la 17ème Armée se trouve à Denain depuis le 1er Mai. Nous sommes ici dans les  derniers jours de présence de la Feldpoststation n°45 à Valenciennes , puisque cette ville fera partie de la zone de la 17ème Armée  courant septembre 1918.


La poste d'Armée ou poste d'Etapes (Heerespost).   

Dans la zone des étapes, le courrier civil était interdit. Seul pouvait circuler le courrier à caractère administratif et économique (nécessaire à l'effort de guerre) ainsi que le courrier destiné aux prisonniers de guerre.
Du 7 septembre au 30 octobre 1914, les autorités d'occupation permirent à la Chambre de Commerce de Valenciennes de mettre en place un service postal réduit destiné aux civils.

Ce service se servait de la ligne de tramway et desservait les communes situées sur cette ligne. Les lettres devaient circuler ouvertes et ne comporter aucun renseignement d'ordre militaire, ou d'opinion politique.Par la suite, le service fût étendu à d'autres communes hors de l'arrondissement qui étaient desservies par automobile. Au début du service, le courrier n'était vraisemblablement pas contrôlé par les allemands(en tous cas, il n'en porte pas de traces). Ce n'est qu'à partir du 25 septembre que les allemands imposent un contrôle du courrier.
Cette autorisation n'était que locale et quand ce service postal fut connu du Haut Commandement allemand à Lille, il fut aussitôt interdit.

Lettre portant un timbre de la Chambre de Commerce de Valenciennes  accidentellement
non dentelé.

Affiche du 7 septembre 1914 annonçant la mise en place du service provisoire. Affiche du 25 septembre annonçant le contrôle des autorités allemandes.


A partir d'octobre 1914, le courrier civil ne circule plus. Seul le courrier administratif , le courrier des prisonniers de guerre ou enfin le courrier concernant des situations familiales urgentes (décès, maladie) pouvait circuler via les Kommandantur. La période d'octobre à novembre 1914 est assez flou, car il n'existe aucune organisation formalisée concernant la prise en charge de ce courrier.
Le 15 décembre 1914, la 4ème Armée qui occupe la Flandre occidentale et orientale met en place une organisation postale permettant la circulation du courrier économique, administratif, civil (affaires familiales urgentes uniquement) et celui des prisonniers de guerre. Ce service postal est aux mains de militaires et non de postiers. Les courriers doivent être déposés dans une Kommandantur où ils peuvent être examinés. Ils sont envoyés ensuite vers un centre de contrôle postal, puis adressés à la Kommandantur du lieu où habite le destinataire. Le courrier voyage d'une Kommandantur à l'autre via la poste militaire. Dans certains cas, le courrier voyageait par estafette motocycliste

Estafettes motocyclistes devant le tour de l'ancienne Abbaye de St Amand.

Ce service postal est dénommé Poste d'Armée (Herrespost). Les objets postaux autorisés à circuler par le biais de la poste d'Armée sont:
a)  Le courrier des services publics des pays occupés pour autant qu'il soit administratif ou économique (Banque, justice, Impôt, Eglise etc.).
b)  Le courrier des habitants des zones occupées aux internés en Allemagne dans des camps de prisonniers de guerre.

c)  Les lettres d'affaires entre des habitants des zones occupées ( à des Banques, à des avocats, commerçants), le courrier vers les Etats alliés(de l'Allemagne), mais seulement si cela concerne l’intérêt de ces Etats ou leur administration. Les lettres des familles sont autorisée pour peu qu’elles ne concernent que des situations urgentes (maladie, décès, etc..)
d)     
Les courriers d’ouvriers civils, belges ou français.

Ce courrier était affranchi (sauf pour les prisonniers) et censuré.Les timbres poste utilisés sont allemands ou bavarois. A partir du 1er décembre 1916, ils seront surchargés en centimes.Mais après cette date les timbres en pfennig ou mark resteront valables. On pouvait se procurer les timbres poste dans les Kommandantur ou les bureaux de poste militaire.
Normalement, les timbres-poste d'Armée (surchargés en centimes), les timbres poste bavarois, les timbres poste allemands (sans surcharge) ou les timbres-poste du Gouvernement Général de Belgique (surchargés "Belgien") ne pouvaient pas servir en dehors de leur zone d'utilisation définie. Les timbres du Gouvernement général perdent même leur validité dans la zone d'Etapes le 15 Décembre 1916. Cependant, il existait une certaine tolérance notamment à cause des ruptures de stock. De même, au sein d'une même Armée, toutes les unités n'appartenaient pas au même Etat allemand. Ainsi une Armée à majorité Prussienne pouvait être composée en partie de troupes bavaroises qui pouvaient s'approvisionner en timbres bavarois s'ils n'arrivaient pas à se procurer des timbres poste d'Armée. 
Timbre poste du Reich. Timbre poste du Gouvernement Général de Belgique. Timbre poste d'Armée. Timbre poste de Bavière.

Une croyance veut que les timbres postes étaient apposés sur le courrier civil  dans les Kommandantur afin d'éviter l'écriture de messages secrets au dos des timbres. Ceci provient vraisemblablement de la 2ème guerre mondiale où en effet l'usage de timbre-poste était interdit pour le courrier circulant entre la Zone Occupée et la Zone Non Occupée. En 1914-1918, les administrations et banques pouvaient acheter les timbres dans les Kommandantur.
De plus, vu le manque de moyens humains, on ne voit pas bien pourquoi, les allemands auraient dédié du personnel au collage des timbres. Enfin, le courrier étant limité aux administrations et banque, ce type de message secret était inutile et dangereux puisque le courrier était contrôlé systématiquement.
La Poste d'Armée (Heerespost) de la 4ème Armée a servi d'exemple pour les autres Armées du front occidental. A partir de décembre 1914, ce service postale a fleuri dans toutes les Armées, bavaroise et prussiennes.
Les tarifs postaux étaient les mêmes pour toutes les Armées et été fixés par l'Administration des Postes et Télégraphes du Reich.

15 décembre 1914 15 Août  1916 15 Mars  1917
Dans la zone d'Etapes et la Belgique Vers l'Allemagne Dans la zone d'Etapes et la Belgique Vers l'Allemagne Dans la zone d'Etapes et la Belgique Vers l'Allemagne
Lettres 10 c 25 c 15 c 25 c 25 c
Par 20 g supplémentaires - +15 c + 10 c + 15 c +15 c
Cartes Postales 5 c 10 c 8 c 10 c 10 c
CP Réponse 10 c 20 c 16 c 20 c 20 c
Imprimés jusque 50 g 3 c 5 c supprimé supprimé supprimé supprimé
Imprimés jusque 100 g 5 c + 5c par 50 g sup. jusque 2 Kg supprimé supprimé supprimé supprimé
Imprimés jusque 200 g 10 c - supprimé supprimé supprimé supprimé
Imprimés jusque 500 g 25 c - supprimé supprimé supprimé supprimé
Imprimés jusque 1 Kg 35 c - supprimé supprimé supprimé supprimé
Papiers d'affaires jusque 200 g 10 c 25 c jusque
250 g
supprimé supprimé supprimé supprimé
Papiers d'affaires par 100 g sup. jusque  1 Kg + 5 c +5 c par 50 g sup. jusque  2 Kg supprimé supprimé supprimé supprimé
Echantillons jusque 100 g 5 c 10 c 5 c 10 c supprimé supprimé
Echantillons jusque 200 g 10 c + 5 c par 50 g sup. jusque 2 Kg 10 c - supprimé supprimé
Echantillons jusque 350 g 15 c - 15 c - supprimé supprimé


Chaque Inspection d'Etapes disposait d'un centre de contrôle postal. Le contrôle se faisait tant sur les textes que sur les écritures codés. Valenciennes a été le siège de 3 centres de contrôle postal (Postüberwachungsstelle):
- La
Postüberwachungsstelle n° 40 appartenant à la 6ème Armée, jusque fin septembre 1916,
- La Postüberwachungsstelle n° 36 appartenant à la 1ère Armée, jusque  avril 1917,
- La Postüberwachungsstelle n° 39 appartenant à la 2ème Armée, jusque  septembre 1918.
Le centre de contrôle postal n° 40 de la 6ème Armée qui se trouvait à Valenciennes jusque fin septembre 1916 et après à Tournai pouvait examiner 18000 cartes ou lettres par jour.

Lettre à caractère économique adressée à la Commission Impériale d'Indemnisation. Le timbre bavarois est oblitéré par le timbre à date du bureau de poste de l'Inspection des étapes de la 6ème Armée (Feldpoststation n°2). Ce courrier a été contrôlé et autorisé par l'Inspection des Etapes (Genehmigt Et. Insp. 6). L'affranchissement est correcte puisqu'il respecte le tarif du 15/12/1914 soit 10 c  pour une lettre jusque 20 g. 10 Pf représentaient 12.5 c 


Lettre de LILLE pour LOURCHES dans l'arrondissement de VALENCIENNES. LILLE et LOURCHES se trouvaient dans la zone d'Etapes de 2 Armées différentes : la 6ème pour LILLE et la 1ère pour LOURCHES. Cette lettre a donc dû passer par 2 bureaux de censure différents (Postüberwachungsstelle). On remarque la présence des griffes "Postüberwachungsstelle 6. Armee" et "Postüberwachungsstelle 1. Armee". Il faut assi savoir que le courrier économique et notamment celui concernant les mines de charbon était visé par un bureau de contrôle. Ici, on peut remarquer la note faite au crayon bleu "über die Bergsverrwaltung  VALENCIENNES" (Par l'administration des Mines à VALENCIENNES). 


Lettre administrative de la mairie d'ESCAUPONT adressée au Sous Préfet de VALENCIENNES. Le courrier a été contrôlé une première fois par le centre de contrôle postal de la 6ème Armée (Postüberwachungsstelle n°40) situé à Tournai (Belgique). Son cachet rond oblitère les timbres bavarois. Depuis octobre 1916, Valenciennes est le siège de L'Inspection d'Etapes de la 1ère Armée alors que la commune d'Escaupont se trouve toujours dans le secteur de la 6ème Armée dont l'Inspection d'Etapes se trouve à Tournai. Arrivée à Valenciennes, la lettre est à nouveau contrôlée par la Postüberwachungsstelle n°36 (cachet linéaire "Zalässig Postüberwachungsstelle") Enfin depuis février 1917, toutes les indications référant à une Armée ont été limées. Lettre au tarif du 15 mars 1917 soit 25 c pour 20 g. 20 Pf=25 c.

Lettre administrative de la mairie de MAING adressée au Sous Préfet de VALENCIENNES. Les timbres poste d'Armée (surchargé en centimes) sont oblitérés par un timbre à date gratté. Ces timbres poste sont surchargés en centimes. La marque de contrôle postal n'apparaît pas, mais il faut noté que le timbre à date qui oblitère les timbres est celui de la Feldpoststation n°45 qui gère le courrier de l'Inspection d'Etapes et du centre de contrôle postal de la 2ème Armée située à Valenciennes. Affranchissement superfétatoire à 30 c au lieu de 25 (tarif du 15/03/1917)


Lettre administrative de la mairie d'AULNOY LES VALENCIENNES adressée au Sous Préfet de VALENCIENNES. Le timbre  poste d'Armée est oblitéré  par le timbre à date limé de la Feldpoststation n° 45. Lettre au tarif soit 25 c pour une lettre jusque 20 g (tarif du 15/03/1917).


Lettre administrative de la mairie de NIVELLE adressée au Sous Préfet de VALENCIENNES. Le timbre poste d'Armée est oblitéré  par le cachet de la Postüberwachungsstelle n° 40 de la 6ème Armée (située à Tournai). Là aussi, il s'agit d'un courrier qui à circulé entre les secteurs de 2 Armée. Nivelle était situé dans le secteur de la 6ème Armée alors que Valenciennes se trouvait dans le secteur de la 2ème Armée. Même si il ne figure aucune date sur cette enveloppe, on sait que la marque linéaire "Zulässig 4. Postüberwachungsstelle" apparaît en décembre 1917. Lettre au tarif soit 40 c pour une lettre jusque 40 g (tarif du 15/03/1917). Il ne semble pas que le centre de contrôle de la 2ème Armée ait examiné une nouvelle fois cette lettre.


Lettre administrative de la mairie de WAVRECHAIN SOUS FAULX  adressée à la Sous Préfecture de VALENCIENNES. Le timbre poste est un timbre poste du Reich, donc utilisé sur le territoire allemand. Cependant la lettre n'est pas du tout au tarif, car avec la conversion en centimes, elle n'est finalement affranchie qu'à 12.5 c. Il en manque autant. La Kommandantur de Wavrechain a contrôlé cette lettre (griffe manuscrite "auf Inhalt Haüfigkeit geprüft" -contenu examiné) puis a apposé son cachet d'unité "Ortskommandantur 315-Deutsche Feldpost 408". La lettre a ensuite été remise au bureau de poste du IXème Corps de Réserve (Deutsche Feldpost 408). Ce bureau était installé à Bouchain depuis novembre 1917. Le bureau de contrôle de la 2ème Armée a contrôlé une nouvelle fois cette enveloppe à l'arrivée à VALENCIENNES (marque "Geprüft P.Ü. St."). 


Carte postale adressée à un prisonnier de guerre français en Allemagne . Ce prisonnier était originaire d'AULNOY LES VALENCIENNES. La carte porte la marque "KRIEGSGEFANGENEN SENDUNG" (Courrier de prisonnier) ainsi  que la marque du bureau de censure de la 1ère Armée "Geprüft F. a. Postüberwachungstelle_ Armee". Nous sommes ici après le 15 février 1917, car toute marque permettant d'identifier une armée doit être effacée.. Le 1 de  "Postüberwachungstelle 1 Armee" a donc été gratté. L'abréviation "F.a." signifie "Frist abgelaufen", c'est à dire "délai expiré". Le courrier des prisonniers faisait l'objet d'un retard sytématique d'environ 2 semaines. A l'arrivée au camp de prisonniers de FRIEDRICHSFELD, le censeur a  une dernière fois visé la carte.


Carte écrite par une denaisienne pour un prisonnier de guerre au Camp de TORGAU. Ce prisonnier était  un Capitaine des "Royal Irish Fusiliers".  
La carte porte les cachets de la mairie de DENAIN où vraisemblement la carte a été déposée. On note aussi la marque linéaire " Geprüft F. a. Postüberwachungstelle" du service de la censure de la 6ème Armée allemande et la cachet de censure du camp de TORGAU.
L'histoire de ce Capitaine est intéressante. Il s'appelle Albert Victor OLPHERT et arrive en France  le 22 Août 1914 avec le grade de Lieutenant.  Il prend part à la bataille du CATEAU le 26 août 1914 où il est grièvement blessé et fait prisonnier.  Il est promu (bienque prisonnier) au grade de capitaine en octobre 1914.  On sait qu'il a été interné dans les Camps de GIESSEN, MERSEBURG, TORGAU et enfin NEUBRANDEBURG. Les allemands, le considérèrent comme un simple soldat pendant plus d'un an avant que son grade soit établi définitivement.  Suite à un accord entre l'Angleterre et l'Allemagne, le Capitaine OLPHERT fut transféré en Hollande fin Décembre 1917.
Carte adressée à un prisonnier de guerre originaire de BRUAY SUR ESCAUT. Ce soldat  était prisonnier au camp de MERSEBURG. La carte a été tout d'abord contrôlée par le centre de contrôle postale n° 39 (2ème Armée) dont la marque "Geprüft P. Ü. St." est très représentative. Cette  a été une nouvelle fois contrôlé au camp de MERSEBURG (marque "Püfungsstelle MERSEBURG Geprüft/75").
Carte écrite  le 4 avril 1918 par un travailleur civil (forcé ou volontaire) à sa famille habitant St WAST LA HAUT. Les travailleurs civils ne bénéficiaient pas de la franchise, car ils étaient payés (plus ou moins bien) pour le travail. Cette carte porte les marques de contrôle postal de la 1ère Armée : "Zulässig Militärische Ueberwachungsstelle des Post und Güterverkehrs".  La 1ère Armée n'était plus à VALENCIENNES depuis longtemps. Cependant les travailleurs civils étaient souvent envoyés dans des lieux assez éloignés de leur domicile. La 1ère Armée occupait alors l'arrondissement de CHARLEVILLE. 


Où trouver les informations?

L'occupation et la libération de Valenciennes sont traitées dans 2 excellents ouvrages écrits il y a longtemps et malheureusement aujourd'hui épuisés:
- Valenciennes, occupation allemande 1914-1918 (2 tomes) de René DELAME. 1933.
- Valenciennes 10 octobre 1918-11 novembre 1918, l'évacuation, le bombardement, la délivrance de J. THIROUX. 1920.
Si le sujet de la  Poste Militaire allemande durant le 1er conflit mondial vous intéresse et si vous n'avez aucune notion d'allemand, il faudra vous munir d'un bon dictionnaire, car il n'existe aucun ouvrage en français.
D'autre part en ce qui concerne les informations par elles même, il existe quelques ouvrages généralistes, mais il faut bien dire que la première guerre mondiale est beaucoup moins populaire chez nos amis d'outre Rhin que la seconde guerre mondiale au sujet de la quelle il y a pléthore d'informations. A noter cependant que la plupart des archives datant des années 1914-1918 ont été détruites lors des bombardement alliés durant la deuxième guerre mondiale.
De plus, vous trouverez peu d'informations sur le prix de ces marques postales. Il faut quand même garder à l'esprit que vu la masse de courrier militaire, la plupart des marques sont très bon marché et  valent moins de 5 euros. Cependant, quelques bureaux ont fonctionné quelques jours ou quelques semaines et bien évidemment leur prix sort un peu du lot. Globalement, c'est une collection très abordable.
Quoiqu'il en soit, je vous conseille les livres suivants:
- Geschichte der deutschen Feldpost im Kriege 1914/18 (Histoire de la Poste militaire durant la guerre 14/18) de Karl SCHRACKE. C'est un ouvrage généraliste qui ne traite que de l'organisation et du fonctionnement de la poste militaire. Il est assez ancien (années 20) et est écrit en gothique.
Die deutsche Feldpost im Ersten Weltkrieg 1914-1918 (La poste militaire allemande pendant la première guerre mondiale 1914-1918) de ANDERSON, BORLINGHAUS et KOOP. Cet ouvrage est beaucoup plus récent (2006).
- Stempelhandbuch der Deutschen Feldpost im Ersten Weltkrieg 1914-1918 (Catalogue des timbres à date de  la  poste militaire allemande pendant la première guerre mondiale 1914-1918) de Horst BORLINGHAUS.(2006).
- Die deutschen Feldpoststempel 1914-1918 (Les oblitérations de la poste aux armées allemande 1914-1918) de Karl Heinz SCHRIEVER.
C'est un ouvrage assez ancien (1967), mais il a été le premier à répertorier les timbres à date de la poste aux armée allemande pendant la première guerre mondiale.

En ce qui concerne les ouvrages un peu plus spécialisés et dans lesquels vous trouverez des informations sur les marques postales des unités et les lieux d'utilisation. Je vous conseille:
- Die Armee-Postdirektion 6 im ersten Weltkrieg 1914-1918 (La Direction des Postes de la 6ème Armée) de B. KOOP. C'est un ouvrage très riche sur la poste de la 6ème Armée. Vous y trouverez beaucoup d'informations sur les timbres à date, les lieux, etc...
La 6ème Armée avait occupé une très grande partie du Nord de la France.   
- Die Armee-Postdirektion 6 während des ersten Weltkrieges (La Direction des Postes de la 6ème Armée pendant la 1ère guerre mondiale) de B. KOOP.Janvier 2008. C'est la réédition et l'amélioration de l'ouvrage précédent.
Handbuch und Katalog der deutschen Fliegertruppe im 1. Weltkrieg 1914-1918 (Catalogue des troupes aériennes allemandes durant le 1ère guerre mondiale) de Horst BORLINGHAUS. Cet ouvrage traite et cote les timbres d'unités (Briefstempel) des troupes aériennes allemandes.
- Les Estampilles Postales de la Grande Guerre. Stéphane STROWSKI. Editions Yvert et Thellier 1976. L'occupation allemande du Nord de la France y est en partie traitée.
- Die Post im Westlichen Etappengebiet und ihre Abstempelungen. E. HEBERLE. 1928. Les marques de censure  sont assez succintement traitées pour les 1ère, 2ème et 17ème Armée. Assez bien pour la 6ème Armée
- Die Deutsche Heerespost an der Westfront. K. ZIRKENBACH 1935-1936. Etude parue dans le "Postmarke" sur la poste d'Armée en Belgique et dans les territoires français occupés.

Certains ouvrages concernant les armées allemandes et leurs ordres de bataille pendant la guerre peuvent nous être utiles. En effet, après le 15 février 1917, les timbres à date ne mentionnent plus les divisions et seuls les timbres de régiments ou les mentions manuscrites des soldats nous renseignent sur les divisions et leur bureau de poste militaire. Cependant, comment savoir avec ces renseignements fragmentaires qu'une unité fait partie ou non de telle ou telle division. Les archives allemandes sur le sujet n'existent pratiquement plus (détruites par les bombardements de la 2ème guerre mondiale). Cependant, on peut trouver de nombreuses informations dans 2 ouvrages:
- Histories of the 251 division of the German army which patricipated in the war 1914-1918 (Histoire des 251 Divisions de l'Armée allemande qui ont participé à la guerre 1914-1918. Cet ouvrage date de 1919, il est aujourd'hui introuvable en l'état. Il a été rééditer en anglais par LONDON STAMP EXCHANGE LTD (London) en 1989.
Ce livre est en fait la compilation de rapports d'espionnage réalisé par l'Armée américaine (American Expeditionary Force) pendant la première guerre mondiale. Vous y trouverez des informations très pointues sur les ordres de bataille des divisions allemandes et sur les lieux où elles se trouvaient. Comme dans tous rapports d'espionnage, certaines informations sont erronnées ou très parcellaires.
- German Divisions in World War I (Volume 1 to 7) de Dirk ROTTGARDT publié par Nafziger Collection. Cet ouvrage reprend comme base "l'Histoires des 251 divisions allemandes" en l'enrichissant de nouvelles données et surtout en corrigeant certaines erreurs, mais en en commettant ou en reprenant certaines autres. Ce livre en anglais est encore disponible.

Enfin, un groupe de collectionneurs (en majorité allemands) forme depuis plusieurs années un groupe d'étude très actif sur la poste militaire allemande durant la première guerre mondiale.
Ce groupe édite une fois par trimestre une revue traitant de ce sujet et de l'avancement des travaux d'étude. La cotisation pour adhérer à ce groupe est de 25€. La plupart des ouvrages récents sur la première guerre mondiale sont édités sous le patronage de ce groupe.
Contact: Horst BORLINGHAUS (cliquer sur l'image ci-dessous).





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