HISTOIRE POSTALE DU NORD
Les losanges chiffrés La poste rurale dans le Nord La Feldpost à Valenciennes en 1914-1918 Autres sujets

La Poste d'étapes le Valenciennois 1914-1918.


Il convient ici d’insister sur le fait que le courrier privé était interdit de circulation dans la zone des étapes. Les soldats allemands avaient l’interdiction formelle de correspondre avec des civils, même ceux chez qui ils avaient pu prendre leur quartier à un moment donné. Ils ne pouvaient pas non plus servir d’intermédiaire pour transporter du courrier civil.
La notion qui autorisait ou pas la circulation postale était « l’intérêt allemand ». Seul pouvait circuler:
- le courrier des prisonniers de guerre;
- le courrier économique et administratif;
- le courrier des travailleurs requis;
- certains courriers familiaux concernant des situations "urgentes" comme la maladie ou un décès.

Le courrier des prisonniers de guerre Le courrier des évacués.
Le courrier ayant transité par Pontarlier et la Suisse. Le courrier économique et administratif.
Le courrier des travailleurs civils.

Le courrier des prisonniers de guerre.

Les courriers de et pour les prisonniers de guerre bénéficiaient donc de la franchise postale. Cette franchise avait  déjà été instaurée par l’Union Postale Universelle lors du congrès de Rome le 26 mai 1906.Ces courriers devaient néanmoins porter la mention « Kriegsgefangenensendung » (courrier de prisonnier de guerre).
Dans les premiers mois de la guerre, les allemands n'accordaient aucune priorité au courrier des prisonniers, si bien que celui-ci pouvait mettre très longtemps avant d'arriver à destination. Quand on lit les correpondances de 1914, on s'aperçoit que la plupart du temps les prisonniers se plaignent de recevoir peu de nouvelles de leurs proches.
Cette situation était aggravée par le fait que les allemands avait décrété (jusque 1917) que le prisonniers originaires des zones occupées ne pourraient recevoir ou envoyer qu'une seule lettre ou carte par mois.
Extrait de la Gazette des Ardennes du 2 janvier 1915.

L'Arrondissement de Valenciennes étant frontalier, certains habitants des communes frontalière avaient pris l'habitude de poster ou de faire adresser leur courrier en Belgique, les conditions y étant moins dures concernant la poste.


Carte écrite au camp de ZOSSEN le 10 février 1915 pour la Supérieure du couvent de QUIEVRAIN (Belgique) qui était chargée de la transmettre à une habitante d'HERGNIES (Nord). La carte est arrivée à QUIEVRAIN le 13 avril 1914.



L’enveloppe ci-dessus a été envoyée par un habitant de FRESNES-SUR-L’ESCAUT.  Elle a été postée irrégulièrement à QUIEVRAIN (distant de 11 Km) soit par l’expéditeur soit par une de ses connaissances.

Le courrier des prisonniers vers leurs proches dans la zone occupées était déposé à la Commandanture des camps qui était chargée de contrôler le contenu de la correspondance, le respect de la fréquence d'envoi. Une fois ce contrôle effectué, le courrier subissait un retard systématique de 10 jours au moins. Ce contrôle et retard systématique étaient matérialisés par la frappe d'un cachet avec les mentions  "Geprüft" et "F.a" (Frist abgelaufen: délai expiré). Le courrier partait ensuite vers le bureau de poste du Grand Quartier Général à CHARLEVILLE qui le dirigeait vers la zone où habitait le destinataire. Arrivé dans la zone des étapes, le courrier subissait à nouveau un contrôle postal. Le destinataire récupérait son courrier à la Commandanture.

Cette carte postée à MERSEBURG le 7 novembre 1914.  L’absence de marque de contrôle à l’arrivée peut être constatée jusque milieu d’année 1915.
Carte d’un prisonnier à MÜNSTER. Destinée à une habitante d’ANZIN dans la zone de la 6ème Armée, elle a été contrôlée à l’arrivée par le centre de contrôle postal de l’Inspection d’étapes située à VALENCIENNES qui a apposé sa marque
« Etp. Jnsp. 6 ».
On peut remarquer la marque « Inhalt geprüft-Monatliche zulässige Karte » (Contenu contrôlé – carte autorisée du mois)
La carte ci-dessus a été envoyée le 5 août 1917 par un militaire français interné en Suisse à ADELBODEN. Les suisses ont apposé leur marque « Internement des prisonniers de guerre ADELBODEN-SUISSE ». La carte est ensuite passée par la poste civile puis a été dirigée sur KONSTANZ en Allemagne (cachet rond Zensurstelle Austausch Station Konstanz Geprüft ), qui était le bureau d’échange prévu pour le courrier des internés. De là, elle est passée en dépêche close par CHARLEVILLE où a été effectué un tri par zone d’étapes. En août 1917, la commune de SEBOURG faisait partie de la zone d’étapes de la 6ème Armée. Arrivée à TOURNAI (Chef-lieu d’étapes de la 6ème Armée), la Postüberwachungsstelle 40 a contrôlé cette carte. Le cachet P.Ü.St (Postüberwachungsstelle) a été utilisé par ce centre de contrôle postal dès avril 1917. Il est moins commun que les autres cachets de cette Armée.

Le courrier envoyé aux prisonniers de guerre était remis au Commandatures qui se chargeait d'un contrôle très basique (adresse et fréquence d'envoi).Le courrier partait vers le centre de contrôle postale (Postüberwachungsstelle) qui était chargé d'examiner le contenu et d'appliquer un retard systèmatique. A la fin de ce délai, le courrier partait vers le  bureau de poste du Grand Quartier Général à CHARLEVILLE, puis vers l'Allemagne.

La lettre ci-contre a été contrôlée au départ par la Commandanture de VALENCIENNES
Contrôlée le 21 novembre 1914, elle est arrivée à GÜSTROW 14 jours après en étant passée par MINDEN. GÜSTROW n’est pas sa dernière étape puisque Alfred CAUDRON se trouve au camp de PARCHIM. Ce délai est assez court compte tenu des conditions d’acheminement et de la rédaction de l’adresse. La façon dont a été rédigée celle-ci (très courante au début de la guerre) provoquait un retard dans l’acheminement. Dans les derniers mois de l’année 1914, les familles ne savaient pas où étaient détenus leurs proches, prisonniers de guerre.
Carte écrite par une denaisienne pour un prisonnier de guerre au Camp de TORGAU. Ce prisonnier était  un Capitaine des "Royal Irish Fusiliers". 
La carte porte les cachets de la mairie de DENAIN où vraissemblement la carte a été déposée. On note aussi la marque linéaire " Geprüft F. a. Postüberwachungstelle" du service de la censure de la 6ème Armée allemande et la cachet de censure du camp de TORGAU.
L'histoire de ce Capitaine est intéressante. Il s'appelle Albert Victor OLPHERT et arrive en France  le 22 Août 1914 avec le grade de Lieutenant.  Il prend part à la bataille du CATEAU le 26 août 1914 où il est grièvement blessé et fait prisonnier.  Il est promu (bienque prisonnier) au grade de capitaine en octobre 1914.  On sait qu'il a été interné dans les Camps de GIESSEN, MERSEBURG, TORGAU et enfin NEUBRANDEBURG. Les allemands, le considérèrent comme un simple soldat pendant plus d'un an avant que son grade soit établi définitivement.  Suite à un accord entre l'Angleterre et l'Allemagne, le Capitaine OLPHERT fut transféré en Hollande fin Décembre 1917.

Le courrier ayant transité par Pontarlier et la Suisse.

Dans les premiers mois de l’occupation, il a été possible de faire passer du courrier de France vers le Nord occupé via la Suisse par PONTARLIER. René DELAME mentionne que le 10 décembre 1914, 300 lettres arrivèrent à VALENCIENNES en provenance de la France via PONTARLIER et BÂLE.

La carte ci-contre a été postée au bureau payeur n° 161 de la 1ère Division d’infanterie française engagée à cette date dans l’Aisne. La carte est arrivée à ANZIN sans qu’il y ait eu un contrôle apparent des autorités allemandes.

Le courrier des travailleurs civils.

L’Allemagne qui avait d’énormes besoins en main d’œuvre a d’abord tenté de recruter sous contrat de travail allemand des ouvriers belges et français pour travailler par ordre de priorité d’abord en Allemagne, puis dans la zone des opérations ou la zones d’étapes et enfin dans le Gouvernement Général de Belgique. 
Face au peu de succès des campagnes de recrutement de travailleurs étrangers, les allemands ont mis en place un système de travail forcé et avaient incorporé les travailleurs requis dans des bataillons de travailleurs civils (Zivil Arbeiter Bataillonen ou Z.A.B) créés le 3 octobre 1916.
Chaque homme de 17 à 60 ans n’ayant pas déjà une activité professionnelle pouvait être requis au travail et envoyé travailler à l’entretien des routes, des voies ferrées, à la construction d’ouvrages militaires parfois très près du front, même si ces civils ne devaient pas, selon les lois de la guerre, être partie prenante dans des entreprises militaires contre leur propre pays.
En échange de ce travail, les ouvriers étaient logés, nourris et payés (40 c pour un ouvrier et 65 c pour un contremaître). La paie était calculée par jour effectivement travaillés. Le salaire était versé hebdomadairement. Afin de prévenir toute tentative de fuite, chaque travailleur ne pouvait détenir sur lui plus de 10 Mark.
Ces ouvriers requis devaient porter au bras droit un brassard d’une largeur de 10 cm rouge pour les français, jaune pour les belges et vert pour les russes. Les contremaîtres devaient porter en plus un brassard blanc.
Les conditions de vie et de travail dans les Z.A.B. étaient très dures
Comme ils percevaient un salaire, même s’il s’agissait d’un travail forcé, les travailleurs civils devaient affranchir leur correspondance. Ces travailleurs avaient droit d’obtenir de leurs proches et d’envoyer une carte par semaine. Ils pouvaient recevoir un paquet de 5 Kg par mois et pouvaient envoyer 2 mandats d’un minimum de 5 Frs dans le mois. Un formulaire de carte préimprimé était imposé.

Le courrier pour les travailleurs était déposé dans les Commandantures locales ou d’étapes. Celles-ci vérifiaient la fréquence d’envoi et la justesse de l’adresse et des mentions postales. Les cartes partaient ensuite vers le centre de contrôle postal puis vers les services ou unités qui employaient l'ouvrier.
Le courrier des travailleurs civils étaient contrôlés sommairement par le service ou l'unité qui l'employait, puis partait vers le centre de contrôle postal de l'Armée où se trouvait le travailleur civil. Ensuite, un nouveau contrôle était effectué par le centre de contrôle postal de l'Armée où se trouvait le destinataire.
Carte destinée à un travailleur civil en activité dans le ZAB 33 à DONCHERY. C'était un travailleur conscrit donc en âge d'être mobilisé dans l'Armée française. Pour éviter que ces jeunes gens fuient les territoires occupés, les allemands les envoyaient dans des bataillons de travailleurs civils.

La carte utilisée ici est une carte qui doit servir de l'ouvrier civil vers ses proches. Cependant, c'est l'inverse qui se produit ici.L’expéditeur précise, que la mairie de TRITH-ST-LEGER était en rupture de formule de cartes et qu’il a dû aller à VALENCIENNES s’en procurer. Cette carte était destinée à un travailleur civil employé par la Direction des chemins de fer militaires n° 3 (Militär Eisenbahn Direktion 3) dont l’Administration avait son siège à HIRSON (Aisne).

Le courrier des évacués.

En mars 1915, les allemands exigent des mairies de l’Arrondissement qu’elles leurs fournissent des listes de personnes sans ressources ou incapables de travailler, ceci afin de les évacuer vers la France. Durant toute la guerre, il y eu plusieurs convois d’évacuation organisés par les allemands avec l’assistance de la Croix Rouge. Les évacués étaient dirigés vers la Belgique où ils subissaient une « quarantaine » de plusieurs semaines, ils étaient ensuite dirigés vers l’Allemagne et la Suisse puis enfin la France.

Carte postée à WEIL AM RHEIN (frontière germano-suisse), par une évacuée valenciennoise. L’affranchissement à 10 Pf correspond au port d’une carte postal au tarif étranger. Le timbre n’a pas été annulé par le bureau de LÖRRACH (dont dépend WEIL), mais par le centre de contrôle postal de la 2ème Armée (cachet « Geprüft P.Ü.St ») à l’arrivée à VALENCIENNES.

Le courrier économique et administratif.

Les tarifs postaux.
Le 15 décembre 1914, c’est la 4ème Armée (en Belgique) qui a créé le premier service postal d’étapes. Nous n’avons malheureusement pas les dates de commencement des autres services postaux dans les autres zones d’étapes. On peut supposer néanmoins que les différentes postes d’étapes ont débuté pour la plupart en 1915.
Avec la création de tarifs postaux spécifiques, l’Allemagne a fait surcharger ses timbres-poste d’usage courant.Ces surcharges étaient spécifiques à chaque zone d’utilisation.
Timbre du Gouvernemment Général de Belgique Timbre des étapes Timbre du Reich Timbre de Bavière
Les timbres surchargés « Belgien » étaient utilisés dans la zone contrôlée par le Gouvernement Général de Belgique. Jusque mi-décembre 1916, ils pouvaient être aussi utilisés dans la zone des étapes occidentales.
Les timbres surchargés « Cent. » sont exclusivement utilisés dans la zone des étapes occidentales. Les timbres-poste du Reich (type Germania non surchargé) étaient valables dans toutes les zones. Les timbres-postes de Bavière au type Louis III étaient valables dans toutes les zones d’étapes, même si on les rencontrent la plupart du temps dans les zones où se situaient des bureaux de postes bavarois. La Bavière n'a pas fait surcharger les timbres qu'on utilisait dans les zones d'étapes.
Un accord entre les Etats allemands permettait l'utilisation  des timbres du Reich comme des timbres de Bavière sur le courrier des militaires. Ces timbres pouvaient donc se trouvaient côte à côte sur un même courrier.  Le même accord a fonctionné avec le courrier des étapes.
Il est à noter que les allemands imposaient un cours forcé du franc (français ou belge) par rapport au mark, soit 1 mark pour 1, 25 franc. Ce cours a duré pendant toute la guerre.
Tarif du 15 décembre 1914
Types dobjets Dans la zone d'étapes et la Belgique Vers l'Allemagne
Lettres:
jusque 20 g
20 g supp.
10 c
10c
25 c
15 c
Cartes 5 c 10 c
Tarif du 15 août 1916
Lettres:
jusque 20 g
Par 20 g supp.
15 c
10 c
25 c
15 c
Cartes 8 c 10 c
Tarif du 20 mars 1917
Lettres:
jusque 20 g
Par 20 g supp.
25c
15c
25c
15c
Cartes 10 c 10 c

Comme on peut le voir, les types d'objets postaux autorisés à circuler sont très restreints. Il existe néanmoins un type d'objet dont il n'est pas fait mention dans les tarifs postaux, mais qui étaient autorisés pour certains services. Il s'agit des envois en valeur déclarée. Leur tarif correspondait au tarif allemand pour l'étranger de 1906.
Le port de la lettre coûtait 20 Pf (25 c) jusque 20 g et 15 Pf (15 c) par tranche de 20 g supplémentaires. A cela il fallait rajouter une taxe fixe de 20 Pf pour la recommandation et 8 Pf d'assurance par tranche de 100 Marks.

Lettre de LILLE vers ANZIN. S'agissant d'un courrier d'une banque, il a été contrôlé par le bureau de contôle des banque de LILLE (marque "Inhalt sachlich geprüft"). LILLE se trouvant dans la zone de la 6ème Armée, c'est la Postüberwachungsstelle 40 qui a contrôlé militairement la lettre (marque "Postüberwachungsstelle"). ANZIN se trouvant dans la zone d'étapes de la 2ème Armée, la Postüberwachungsstelle 39 (marque "Geprüft P.Ü.St") qui a contrôlé à l'arrivée ce courrier.  Cette enveloppe pesait 18 g et comportait 98 marks. Elle est donc affranchie à 50 Pf soit 20 Pf pour le port jusque 20 g, 20 Pf pour la recommandation et enfin 10 Pf pour l'assurance.



Cette étiquette cartonnée accompagnait un colis postal d’un poids de 2.550 Kg et contenant 49.000 Marks. Ce colis était envoyé par la filiale de CAMBRAI du Crédit du Nord pour la filiale de LILLE. Le tarif de 1906 prévoyait pour les colis postaux vers la France un port de 80 Pf (jusque 5 Kg) et une assurance de 8 Pf par tranche de 240 Marks. Il ne prévoyait pas de recommandation. Le port total de cet objet était donc de 17.20 Marks (ou 21.5 Fr). L’affranchissement comporte 78 timbres à 25 c, mais en a sûrement comporté 86 pour faire 21.5 Fr. Ce colis a été déposé le 17 novembre 1917 au bureau de la 54ème Division d’infanterie (Deutsche Feldpost 721) qui se trouvait à l’époque à CAMBRAI et a été enregistré sous le n° 1762. Le colis a été contrôlé par la Commandanture de CAMBRAI et son bureau des passeports (Passamt). Même incomplet, cet affranchissement est l’un des plus gros ayant été composé dans la zone des étapes françaises.


Le courrier.
Le courrier circulant dans la zone des étapes peut être classé en 3 catégories:
- le courrier administratif contrôlé par l'Administration Civile (Zivilverwaltung);
- le courrier bancaire  contrôlé par le bureau de controle des banques (Bankaufsichtsstelle);
- le courrier des mines ou ayant trait au charbon contrôlé par l'Administration des mines (Bergverwaltung).
Le contrôle adminsitratif était effectué sur ces 3 catégories en plus d'un contrôle militaire exercé par un centre de contôle postal (Postüberwachungsstelle). Les centres de contrôle postal traitaient le courrier des étapes parallèlement au courrier des militaires et des prisonniers de guerre.

Le courrier économique nécessaire à la vie dans les zones d’étapes pouvait circuler. Ici, une lettre envoyée par un grossiste en épicerie de DENAIN vers LILLE. Le tarif du 15 décembre 1914 s’applique aussi à cette lettre. DENAIN se trouvant dans la zone d'étapes de la 6ème Armée, le centre de contrôle postal situé à VALENCIENNES a contrôlé cette lettre.
Lettre de VALENCIENNES pour ANZIN affranchie à 15 c (Tarif du 15/08/1916).Ces deux communes faisaient partie de la zone d'étapes de la 1ère Armée depuis fin septembre 1916. C'est donc tout a fait normalement que le centre de contrôle postal de cette Armée a contrôlé militairement cette lettre. Ce centre de contrôle postal (Militärische Ueberwachungsstelle des Post-und Gütterverkhers 1. Armee) était situé à VALENCIENNES.
Lettre de VALENCIENNES (zone des étapes) à BRUXELLES (Gouvernement Général de Belgique)  affranchie à 25 c (timbre d’étapes) au tarif du 20 mars 1917. La marque de contrôle postal
« Zulässig Militärische Ueberwachungsstelle des Post-und Gütterverkhers » a été amputée de la mention « 1. Armee » depuis février 1917.
Cette lettre a été envoyée de DOUCHY (Nord) pour le sous-Préfet de VALENCIENNES, elle est affranchie à 45 Pf en timbres-poste bavarois et du Reich. Les figurines sont annulées par un cachet circulaire et le contrôle est matérialisé par le cachet « Zulässig. 4 Postüberwachungsstelle». Même si DOUCHY faisait partie de la zone d’étapes de la 6ème Armée, l’utilisation de timbres-poste du Reich était autorisée à la place ou en complément de ceux de Bavière. A partir de mars 1917, un timbre à 10 Pf vaut 10 c, mais deux timbres à 10 Pf valent 25 c. Dans cet exemple, on a 2 paires de 10 Pf totalisant 50 c plus un 5 Pf, le tout représentant 55 c soit un triple port au tarif du 20 mars 1917.
A partir du 1er février 1918, le haut Commandement de la 17ème Armée s'installe à SAINT AMAND. BRILLON fait partie de la zone d'étapes de cette Armée. Cette lettre a été contrôlée le 18 mai 1918 par le centre de contrôle postal de la 17ème Armée (Postüberwachungsstelle 31) situé à MONS (Belgique) qui a annulé l'affranchissement avec son timbre à date et qui a aussi apposé son cachet de contrôle "Zulässig 2! Postüberwachungsstelle X". Arrivée à VALENCIENNES, la lettre est une nouvelle fois contrôlée par la Postüberwachungsstelle 39 qui a apposé son cachet "Geprüft P.Ü.St"

Le courrier des banques était d'abord contrôlé militairement puis ensuite administrativement par le bureau de contrôle des banques créé le 10 avril 1916.

Cette lettre a été contrôlée militairement par le centre de contrôle postal de la 1ère Armée ( Zülassig Militärische Ueberwachungsstelle des Post- und des Güterverkehrs). Elle a transité par le Bureau de contrôle des banques de VALENCIENNES qui a apposé son cachet « Bankaufsichtsstelle Valenciennes ». On remarque en plus que la Bankaufsichtsstelle a noté sous son cachet le numéro d’ordre d’entrée de cette lettre soit le 4365, mais aussi une date partielle 21/3 (1917).
Cette lettre de LILLE (6ème Armée) à VALENCIENNES (2ème Armée) nous montre un affranchissement à 80 Pf (85 c) pour un poids jusque 100g. La lettre a été contrôlée par le centre de contrôle postal de la 6ème Armée (Postüberwachungsstelle 40), puis par le Bureau de contrôle des banques de VALENCIENNES. Le numéro d’entrée de la lettre dans le registre de ce bureau est le 18849, ce qui situe cette lettre entre mars et avril 1918.

Les courriers administratifs portant une marque de contrôle de la Zivilverwaltung sont peu nombreux.

L’Administration civile de la 2ème Armée possédait un cachet libellé « Geprüft Aushändigung genehmigt. Civilverwaltung 2. »     (Contrôlé Distribution autorisée. Administration civile 2.)
Lettre de la mairie de SEBOURG pour la sous-Préfecture de VALENCIENNES.
Nous sommes ici après la fin avril 1917, car avant cette date SEBOURG se trouvait dans la zone d’étapes de la 1ère Armée.
Le contrôle militaire a donc été effectué par la Postüberwachungsstelle n° 40 située à TOURNAI (Belgique) qui a annulé le timbre avec son cachet rond a a aussi apposé son cachet de contrôle "Zulässig 4.
Posüberwachungsstelle"
Dans ce cas précis, le contrôle administratif est matérialisé par un timbre-scellé apposé par l’Administration civile de la 2ème Armée.

Le courrier des mines était souvent contrôlé administrativement avant de l'être militairement.

Lettre de plus de 20 gr pour la Belgique affranchie à 20 Pf (tarif du 15 décembre 1914). Le contrôle postal militaire a examiné cette lettre le 17 mai 1916. Le cachet de contrôle utilisé « Geprüft F. Potsüberwachungsstelle 6. Armee » a dû être un cachet « Geprüft F.a. Potsüberwachungsstelle 6. Armee » utilisé sur les courriers de prisonniers. Le « a » de « F.a. » a dû s’abîmer et disparaître. La mention en écriture kurrent (cursive) signifie « Mit der Bitte um gefl.(ällige) Weitergabe (prière de faire suivre). La Bergverwaltung a annulé l'affranchissement avec son cachet "Bergverwaltung Etappeninspektion 6."
Depuis le 1er octobre 1916, la 1ère  Armée était à VALENCIENNES et la 6ème  occupait toujours LILLE. Cette lettre a été envoyée par la Compagnie des Tramways de LILLE pour les mines de DOUCHY dont la Direction était à LOURCHES. Elle est affranchie à 15 Pf (tarif du 15 août 1916) et  a été contrôlée par la Postüberwachungsstelle de TOURNAI, siège de l’Inspection d’étapes de la 6ème  Armée qui a oblitéré les timbres-poste. La mention en écriture kurrent (cursive) « über deutsche Bergverwaltung Valenciennes» (via l’Administration des mines de Valenciennes) a vraisemblablement été apposée à TOURNAI. Avant d’arriver à LOURCHES, la lettre est passée par VALENCIENNES et notamment le centre de contrôle postal de la 1ère  Armée qui a apposé son cachet « Zulässig Postüberwachungsstelle 1. Armee ».
Lettre jusque 40 g affranchie à 20 Pf (25 c) pour la Belgique selon le tarif du 15 août 1916. Cette lettre nous montre qu’en novembre 1916 le courrier destiné à la commune de PERUWELZ  transitait toujours TOURNAI où se trouvait l’Inspection d’étapes de la 6ème Armée. Or depuis le 1er octobre 1916, cette commune, bien qu’appartenant à l’Arrondissement de TOURNAI, se trouvait dans la zone du Gouvernement général de Belgique et plus particulièrement à l’Arrondissement militaire d’ATH. Les mines d’ANZIN envoyaient beaucoup de courrier vers la Belgique, il est probable qu’un certain nombre ait été mal dirigé vers TOURNAI et que malgré tout, le centre de contrôle postal de la 6ème Armée les ait contrôlés.
La lettre ci-contre nous montre une particularité (unique à ce jour). En effet, elle est passée par le centre de contrôle de la 1ère Armée (cachet Zulässig Postüberwachungsstelle), puis par la Bergverwaltung de VALENCIENNES. Cette administration a apposé en plus son timbre d’unité, «Deutsche Bergverwaltung VALENCIENNES Feldpoststation 292 » ce qui est plutôt inhabituel. Cette combinaison de marques de contrôle administratif renforce l’hypothèse qu’il n’existait pas de cachets de contrôle, mais bel et bien des cachets de service qui pouvaient servir de cachets de contrôle.
La combinaison affranchissement et marque de contrôle indique que cette lettre a circulé entre février 1917 et avril 1917. Les 20 Pf représentent vraisemblablement le port simple d’une lettre au tarif du  20 mars 1917, plutôt qu’un double port au tarif du 15 août 1916, Le cachet « Zulässig Postüberwachungsstelle », présente la version du cachet « Zulässig Postüberwachungsstelle 1. Armee» limé conformément à la directive 54 (donc après le 15 février 1917). Le 19 avril 1917, la 1ère Armée avait quitté VALENCIENNES.



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