HISTOIRE POSTALE DU NORD
Les losanges chiffrés La poste rurale dans le Nord La Feldpost à Valenciennes en 1914-1918 Autres sujets

La poste rurale et locale.

L'apparition du Chiffre-Taxe.

Le contrôle de la perception des taxes sur le courrier local était une préoccupation importante pour l'Administration. Elle ne pouvait pas installer un inspecteur dans tous les bureaux de Direction (seuls les gros en étaient pourvus). Les erreurs ou les malversations été  souvent découvertes après un temps plus ou moins long.
Par la décision du ministre des finances du 14 octobre 1858 et  l'arrêté du 15 novembre 1858, l'Administration allait mettre fin ou en tout cas considérablement freiner ces agissements délictueux. En effet, le 1er janvier 1859, allait être mis en service le Chiffre-Taxe. Celui-ci devait servir à taxer les lettres en port dû.
Ces timbres étaient évidemment comptabilisés, l'Administration en tenait un inventaire ainsi que le bureau qui les recevait.

Au 1er janvier 1859, les Chiffres-Taxe ne pouvaient être utilisés que dans l'Arrondissement Rural du bureau de poste. Les correspondances circulant entre 2 Arrondissements Ruraux d'une même Circonscription Postale devaient toujours être taxées à la main.Le succès de cette mesure a porté l'Administration à étendre l'utilisation du Chiffre-Taxe à la Circonscription Postale par l'arrêté du 25 avril du 1859 (applicable au 1er juin).

On le voit ici, l'Administration appelait à la dénonciation. Les lettres en port dû non revêtues de chiffres taxe ne devaient pas être acceptées par les usagers et ces derniers étaient même appelés à signaler le fonctionnaire qui leur remettrait une telle lettre.
Au début, les chiffres-taxe ne pouvaient être apposés que sur les lettres circulant au sein d'un même Arrondissement Rural donc pas sur toutes les correspondances locales. Les autres correspondances locales n'entrant pas dans ce cadre devaient être taxées à la main comme d'habitude.

Poste rurale
Extrait de la circulaire n° 106 de décembre 1858, Bulletin Mensuel n°40.

On apprend dans cette circulaire que l'oblitération réglementaire des chiffres-taxe est le timbre à date du bureau ou le timbre OR du facteur rural. On dit même qu'une seule frappe du timbre à date suffit et qu'il est inutile d'apposer une seconde frappe sur la suscription des lettres.



1859:Lettre du QUESNOY pour GOMMEGNIES commune rurale dépendant du QUESNOY. Ici aussi, le Chiffre-Taxe est au type lithographié.
1859:Lettre de et pour MAUBEUGE datant de février 1859. A cette date les Chiffres-Taxe ne peuvent être utilisés qu'un sein de l'arrondissement rural d'un bureau.
Ce Chiffre-Taxe a été imprimé en lithographie. Le court délai entre le décret et la date de mise en service prévue de ces timbres a obligé l'Administration à recourir à un moyen d'impression rapide. On reconnait le type lithographié à la mention "à percevoir" qui est très fine. Sur le  type typographié qui apparait en février 1859, l'impression est plus épaisse. Avant le 1er juin 1859, les lettre de la ville pour la ville ne devaient pas porter de Chiffre-Taxes.

A partir de juin 1859, toutes les correspondances locales non affranchies doivent être taxées au moyen des chiffres-taxe.

Poste rurale chiffre-taxe
Extrait de la circulaire n° 124 d'avril 1859, Bulletin Mensuel n°45

Le paragraphe 5 indique que l'annulation des Chiffres-Taxes se fait au moyen du timbre à date, mais qu'il faut apposer une deuxième frappe sur la suscription.
1860: Lettre de VALENCIENNES pour ST SAULVE pesant 15 g. Ici, le bureau de VALENCIENNES est en complète irrégularité, puisqu'il annule les Chiffres taxe avec son losange oblitérant alors que depuis le 1er juin 1859, il est censé les annuler avec son timbre à date.

1861:Lettre de VALENCIENNES pour ST SAULVE pesant jusque 15 g. Elle porte deux Chiffres-Taxes à 10 c dont l'un est annulé irrégulièrement à l'aide du losange Petits Chiffres du bureau de VALENCIENNES.

Si les timbres-taxe peuvent figurer sur la correspondance entre une Distribution et une Direction de la même Circonscription Postale, le chiffre taxe est toujours apposé et annulé par la Direction même si la lettre est originaire de la Distribution (§ 2.)
La circulaire n° 124 revient sur la frappe simple du timbre à date et impose la double frappe: sur le chiffre-taxe et sur la suscription.

1859:Lettre en port dû taxée 10 c de DOUAI pour CANTIN. Le village de CANTIN se trouvait dans l'arrondissement rural du bureau de Distribution d'ARLEUX.  Ce bureau de poste était dépendant du bureau de Direction de DOUAI.

1860:Lettre postée au bureau de Distribution d'ETROEUNGT pour AVESNES (bureau de Direction). A partir du 1er juin 1859, les Chiffres-Taxe pouvaient être utilisés sur le courrier local circulant entre 2 arrondissements ruraux.

A la mise en place du service rural en 1830, un facteur rural ne pouvait pas distribuer les lettres dans les faubourgs des villes, même s'il y passait pour se diriger vers sa tournée.
Art. 546 de l'Instruction Générale de 1832.

L'instruction générale de 1832 et son article 546 visait à bien séparer les 2 services, local et rural. Le facteur rural devait se charger des lettres dont la plupart supportait le décime rural supplémentaire, alors que le facteur de ville ou le facteur local ne se chargeait que de la correspondance supportant uniquement le port local. En janvier 1847, le décime rural supplémentaire n'existant plus, il était difficile de justifier la présence 2 facteurs l'un local, l'autre rural dans la même localité ou le même faubourg, l'un réalisant sa tournée(le facteur local), l'autre ne faisant que passer (le facteur rural).
Peu à peu, les nécessités de service au niveau local ont fait qu'il y a eu des adaptations et que les facteurs ruraux ont pu s'occuper des localités où se trouvait un bureau où alors des faubourgs d'une ville étendue.
Aujourd'hui, on s'imagine les faubourgs d'une ville assez peuplés et urbanisés. Au XIXème siècle les faubourgs d'une ville pouvaient alterner des zones peuplées et des zones encore très rurales.
L'Instruction Générale de 1856 aborde le sujet très succinctement.
La circulaire n° 324, après avoir rappeler l'article 546 de l'Instruction générale de 1832, autorise finalement la desserte par les facteurs ruraux  des écarts des villes à conditions que ceux-ci se situent extra muros.
Extrait de la circulaire n° 324 du 15 avril 1847.

L'Instruction générale de 1856 confirme ceci.

Extrait de l'Instruction Générale sur le service des Postes de 1856.


1862:Lettre écrite dans le hameau de Frais-Marais et destinée à la commune rurale de WAZIERS.  Le Hameau de Frais-Marais dépend du  bureau de poste de DOUAI. Cependant, ce hameau fait partie intégrante de la ville de DOUAI alors que WAZIERS est une commune rurale indépendante. L'un des  facteurs ruraux du bureau de DOUAI desservait donc Frais-Marais aussi bien que WAZIERS dans une même tournée. Par ailleurs Frais-Marais et  WAZIERS sont limitrophes. Frais-Marais possède une boîte aux lettres urbaine (dite supplémentaire) avec l'indicatif G.
Le chiffre-taxe aurait être oblitéré par le timbre OR du facteur.



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