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La poste rurale et locale
1830-1878
La Feldpost dans le Valenciennois
1914-1918
Le Club Philatélique du
Valenciennois
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La poste rurale et locale.


Avant 1830

La poste rurale n'existait pas vraiment avant 1830, même si on pouvait recevoir son courrier à domicile dans une commune rurale (en dehors de la localité siège du bureau de poste). Ce courrier était en général amené par des Messagers-Piétons appointés par les communes ou les préfectures. Ces piétons lorsqu'ils distribuaient du courriers aux particuliers (sans qu'il y ait de préjudice pour les communes) se faisaient rétribuer de gré à gré. Les coûts de distribution étaient élevés pour les particuliers puisque les lettres supportaient déjà le port de la poste auquel venait s'ajouter le coût de la distribution à domicile. Les particuliers avaient toutefois toujours la possibilité d'aller chercher leur courrier au bureau de poste le plus proche. Il en résultait ainsi un nombre important de lettres mise au rebut puisque non récupérées par leur destinataire. Le nombre de lettres ainsi mises au rebut pouvait être estimé à 300000 par an(1).

Le 1er août 1828, le député de l'Isère , Charles Sapey, publie son "Opinion sur le projet de compléter le service des postes en France". Il y présente une organisation de distribution du courrier  à  domicile et tous les 2 jours. Ce projet est débattu à l'assemblée et la loi est votée le 3 juin 1829.

loi de 1829 sur la poste rurale

loi de 1829 sur la poste rurale

Cette loi prévoit donc à partir du 1er avril 1830, la distribution tous les 2 jours à domicile de toutes les correspondances. Elle instaure aussi  dans la même fréquence le recueil des correspondances dans les localités dépourvu de bureaux de poste. Les lettres recueillies ou distribuées dans ces communes supportera une taxe fixe de 10 centimes en plus du port. Cette taxe a pour but de financer la mise en place du service rural et son maintient. Le tarif postal local n'est pas instauré ici puisqu'il existait déjà avant 1829, mais il  est réduit.                                                                                                                     

(1) Alexis Belloc. Les postes françaises, Recherches historique, 1886.          

1830 et après.

A partir du 1er avril 1830, l'Administration a donc fait installer une boîte aux lettres dans plus de 35000 communes dépourvues de bureau de poste. Elle a aussi recruté  5000 facteurs qui seront chargés de distribuer et de relever le courrier une fois tous les 2 jours dans ces communes. Une partie de ces 5000 facteurs sera recrutée parmi les "piétons". Auparavant, en mars 1830, la Poste a aussi rédigé une Instruction sur le service rural à l'usage de tous les employés des bureaux de  Poste aux lettres.

Les distributions et recueils de courrier dans les communes rurales se font 1 jour sur 2 jusque 1832. La loi du 3 avril 1832,§ 47 stipule qu'à partir du 1er juillet 1832, les tournées de facteurs ruraux seront journalières. Cette loi n'eut pas d'effets immédiats, car dans le Nord par exemple ce n'est qu'en 1850 que chaque commune rurale est desservie quotidiennement soit 18 ans après la promulgation de la loi.
loi du 21 avril 1832
Extrait de la loi du 3 avril 1832.


Le port local moins cher que le port territorial s'entend dans 4 cas:

1er cas:
une lettre circulant dans les limites de la ville où se trouve un bureau de poste (peu importe sa classification),

2ème cas:
une lettre circulant de la ville du bureau de poste vers les communes sans bureau dépendant de ce bureau. La ville du bureau ainsi que les commune qui sont rattachées à ce bureau composent l'Arrondissement rural d'un bureau de poste,

3ème cas:
une lettre circulant entre l'Arrondissement rural d'un bureau de Direction (ou Recette après 1864) et le ou les Arrondissements ruraux du ou des bureaux de Distribution dépendant du bureau de Direction.
Un bureau de Direction pouvait à l'époque contrôler un ou plusieurs autres bureaux de Distribution.
Une Distribution est un bureau annexe d'un bureau de Direction. Les services qu'il rend sont des plus réduits.Ce bureau fonctionne avec une seule personne.
Une Direction est bureau qui effectue toutes les opérations postales. On y trouve un Directeur et un ou plusieurs employés de tous grades.
Les
Arrondissements ruraux du ou des bureaux de Distributions dépendant du bureau de Direction ainsi que l'Arrondissement rural de ce dernier composent la Circonscription Postale d'un bureau de Direction.

Ces 3 premiers cas offres 18 trajets possibles pour une lettre en port local.

4ème cas:
une lettre circulant entre 2 Directions (ou Recette) ainsi qu'entre leur  arrondissement rural. Ce dernier cas est assez peu fréquent, car on ne dénombre que 19 cas où 2 bureaux de Recette de Province ont  fait l'objet de la mise en place du tarif local pour les lettres circulant entre leur Arrondissement ruraux. Ce tarif s'appelle le tarif des Recettes Réunies. Dans le Nord on dénombre 2 cas:
- LILLE/MOULINLILLE/FIVES
- VALENCIENNES/ANZIN
Ces bureaux étaient très proches et le public ne voyait pas vraiment pourquoi le tarif territorial devait s'appliquer au lieu du tarif local.
Le Nord, on l'a vu, est un département très peuplé, mais malgré tout encore très rural au 19ème siècle. Les habitants des campagnes sont relativement éloignés de l'Etat. Ils ne savent pas ou peu ce qui se passe dans le reste de la France ou même du Nord. Le facteur rural est une extension de l'Administration; il apporte les nouvelles, il représente l'Etat avec son uniforme. Il contribue donc à réduire l'isolement des communes.

La mise en place du service postal rural a engendré beaucoup de dépenses. Celles-ci devaient être couvertes par des recettes supplémentaires et le décime rural supplémentaire.

Cette taxe nommée Décime rural supplémentaire est applicable qu'une seule fois même si la lettre est recueillie dans une localité rurale et destinée à une autre (Art. 10 de l'Instruction de 1830)
La loi du 3 juillet 1846 annonce la fin du décime rurale supplémentaire au 31 décembre 1846.
loi du 3 juillet 1846
Les correspondances locales circulaient depuis le début en port dû pour une très large majorité. En effet, il n'y avait aucun intérêt à affranchir une lettre, car le port dû et le port payé étaient identiques. On rencontre le même phénomène pour le port territorial. On se disait à l'époque que la Poste serait obligée de distribuer la lettre (en port dû) si elle voulait percevoir le port. La Poste ferait moins d'efforts si le port était payé par avance. De plus affranchir une lettre signifiait se rendre au bureau de poste qui pouvait être assez éloigné.
L'apparition du timbre-poste ne changea rien. Le 1er juillet 1854, l'Administration mit en place la prime à l'affranchissement pour le port territoriale, mais rien ne fut fait pour le port local. La prime à l'affranchissement consistait à rendre moins cher le fait d'affranchir une lettre, autrement dit de l'envoyer en port payé.
Cette prime fît augmenter le nombre de lettres affranchies augmentant ainsi les recettes de la Poste.
En ce qui concerne les lettres locales, elles restaient en majorité en port dû.Aussi le 1er janvier 1863, fut instauré la prime à l'affranchissement pour le tarif local. Là aussi, ce fut un succès car le nombre de lettres affranchies augmenta considérablement.
Le tarif local ne connut plus après cette date de gros bouleversements jusqu'au 1er mai 1878, date de sa suppression.

La poste rurale et locale dans le Nord.

Le Nord, on l'a vu, est un département très peuplé, mais malgré tout encore très rural au 19ème siècle. Les habitants des campagnes sont relativement éloignés de l'Etat. Ils ne savent pas ou peu ce qui se passe dans le reste de la France ou même du Nord. Le facteur rural est une extension de l'Administration; il apporte les nouvelles, il représente l'Etat avec son uniforme. Il contribue donc à réduire l'isolement des communes.
Ce qui est vrai pour le Nord est encore plus vrai pour des départements essentiellement ruraux.
Le port local est étroitement lié au service postal rural.
Or, la mise en place du service postal rural ne se fit cependant pas sans mal dans le Nord. En effet, quand l'Administration décide en 1832 de mettre en place des tournées de facteur journalières, c'est loin d'être une réalité pour beaucoup de communes du Nord. Les tournées journalières seront effectives pour toutes les communes de ce département vers 1850 soit 18 ans après la décision prise par l'Administration des Postes. Il paraissait impossible en 1832 de réaliser des tournées journalières, car le nombre de bureaux de poste était trop faible. Il faut ajouter à cela l'éloignement de nombreuses communes. Certains bureaux possédaient des
Arrondissements Ruraux de plus de 30 communes. Les tournées de facteurs n'étaient pas toujours des plus logiques. Le faible nombre de facteurs ruraux faisait qu'il n'était pas rare que les habitants de certaines communes recoivent leur courrier en fin d'après midi.
Même s'il représente un réel progrès pour les usagers, le service rural restera dans plusieurs cas un casse-tête pour l'Administration.
Enfin, bienque les habitants des communes rurales étaient très attachés à ce service, il n'en demeure pas moins que le nombre de lettres locales (émises et distribuées dans la même 
Circonscription Postale) étaient assez faible dans le Nord.
En effet,
 l'enquête statistique de 1847 montre que pour chaque habitant de ce département, moins d'un lettre locale (0.3) lui est adressée par an. Ce chiffre est évidemment une extrapolation des résultats de 2 semaines d'enquête (du 15 au 28 novembre 1847). Sur ces 2 semaines et les 42147 lettres adressées dans les communes du Nord:
- 33686 lettres étaient territoriales;
- 8461 lettres étaient locales.
Cette enquête a concerné 785053 habitants sur les 1132980 que comptait le département en 1847, car les Directeurs ou Distributeurs n'étaient pas obligés de répondre, pour la commune du bureau, à cette enquête.
L'enquête postale de 1847 nous donne beaucoup de renseignements tant sur sur le nombre de lettres reçues ou envoyées de chaque communes rurales que sur la localisation de la boîte aux lettres. On apprend notamment que cette boîte n'était pas toujours fixée à la Mairie. Les Directeurs et Distributeurs n'étaient pas obligés de renseigner cette enquête pour la commune du bureau, mais quand ils l'ont fait, on apprend aussi que la boîte aux lettres n'était pas toujours fixée au bureau de poste, c'est le cas pour les bureaux de Maubeuge, Avesnes, Busigny et Aniche par exemple.

Les marques postales sur le courrier local.

La lettre timbre:
Boîte ruraleboîte rurale supplémentaire
La lettre-timbre se trouve à l'intérieur de la boite aux lettres dès 1830. Au début de la mise en place de la poste rurale, le facteur devait apposé l'empreinte de cette lettre-timbre sur son part.Il n'est pas tenu d'apposer cette marque sur le courrier qu'il recueille dans la boite.
Le part est un document qui doit recueillir toutes les empreintes de lettres-timbres dans l'ordre de la tournée imposée par l'Administration. De retour au bureau, le facteur rural doit rendre le part afin de prouver qu'il a bien effectué sa tournée dans toutes les communes rurales qu'il devait visiter.
Instruction générale sur le service rural
Extrait de l'Instruction de 1830.

Part de facteur rural, modèle 1835.

Ces lettres-timbres sont souvent appelées "cachets de facteur", c'est une erreur, car se sont plutôt des cachets de boîtes. Le vrai "cachet de facteur" est le timbre "OR".
Ce n'est qu'à partir de 1836 et jusque 1912 que les lettres-timbres devront être apposées sur toutes les lettres ayant été postées dans une boite aux lettres d'un village dépourvu de bureau de poste.

circulaire du 19 novembre 1835
Extrait du règlement du 19 novembre 1835, imposant aux facteurs la frappe de la lettre-timbre sur les lettres recueillies dans les boîtes rurales.

On peut aussi rencontrer des lettres-timbres de boites rurales supplémentaires.En effet, il arrivait qu'une localité dont la superficie était très étendue ou à partir de laquelle le trafic postale était important soit pourvue de plusieurs boites aux lettres. De ce fait, la lettre-timbre de la boite supplémentaires est munie d'un chiffre. Il arrivait aussi que le nombres de lettres de l'alphabet soit insuffisant pour identifier toutes les communes d'un même Arrondissement et que l'on doivent ainsi doublonner certaines lettres-timbres.
Si une lettre trouvée dans une boite pouvait être remise à son destinataire durant la tournée, le facteur devait oblitérer l'affranchissement à l'aide de la lettre-timbre.

Le timbre OR:
OR
Le timbre OR signifie "Origine Rurale". Ce timbre se trouvait dans la sacoche du facteur et devait être apposé sur les correspondances qui lui étaient remises en mains propres lors de sa tournée. Si une lettre pouvait être remise à son destinataire durant la tournée, le facteur devait oblitérer l'affranchissement à l'aide ce ce timbre. C'est la circulaire du 9 juin 1836 qui le met en service.
circulaire du 9 juin 1836


Le décime rural supplémentaire:

décime rural
Le timbre du décime rural devait être apposé sur toutes les lettres provenant ou à destination d'une commune rurale (sans bureau). Ce timbre est utilisé dès le 1er avril 1830 jusqu'au 1er janvier 1847. Ce timbre ne devait toutefois pas être apposé sur les correspondances circulant dans l'arrondissement rural d'un bureau (ville où se trouve le bureau ainsi que toutes les localités dépendantes de ce bureau). Le décime rural peut être frappé en rouge si la lettre provient d'une localité sans bureau et destinée à une localité hors de l'arrondissement rural où elle se trouve. Elle peut être en noir si celle-ci provient d'une localité où réside un bureau et destinée à une commune rurale hors arrondissement rural de ce bureau.

Extrait de l'Instruction générale sur le service des Postes de 1832.


Le timbre CL:
Correspondance locale
Ce timbre signifiant "Correspondance Locale" devait être apposé sur toutes les lettres en port dû circulant à l'intérieur d'un même arrondissement rural. De 1830 à 1832, ce timbre servit aussi dans les bureaux de Distributions. Après 1832, les Distributions utilisèrent le timbre CD.
Ce timbre est une marque comptable.
Le timbre CL cesse d'être utilisé en décembre 1858.
Circulaire du 5 juin 1830.
Extrait de la circulaire n°45 annonçant l'application du timbre CL. 


Le timbre CD:
Correspondance de distribution
Le timbre " Correspondance de Distribution" fut mis en service dés 1832. Il doit être apposé sur toutes les lettres en port dû circulant à l'intérieur de l'arrondissement rural d'une Distribution. Il cesse d'être utilisé dès décembre 1858 comme le timbre CL.
A la différence de ce dernier, le timbre CD est peu commun, car le courrier circulant dans l'arrondissement des Distributions était en général peu important.
On ne connaît pas le règlement qui met en service ce timbre. Seule l'Instruction sur le service des postes de juin 1832, le mentionne dans le chapitre II et dans la liste du matériel que les Distributions doivent posséder.


La lettre-timbre de boite urbaine supplémentaire:
Boîte urbaine supplémentaire
Dans les faubourgs des villes se trouvaient souvent une ou plusieurs boîtes urbaines supplémentaires.
Elles étaient qualifiées de supplémentaires, car elles se trouvaient assez loin du bureau central. Les boîtes urbaines supplémentaires se reconnaissent aisément par le fait que l'entourage de la lettre-timbre est carré.
Lorsque le facteur relevait ces boîtes , il devait apposer l'empreinte de la lettre-timbre sur son part ainsi que sur le courrier.
Les lettres-timbres de boîtes urbaines supplémentaires apparaissent en 1852.

Le timbre OL:

Origine LocaleOrigine locale
Ce timbre se trouvait dans la sacoche des facteurs de ville et signifiait "Origine Locale".Il était apposé sur toutes les lettres remises au facteur durant sa tournée.  On croit souvent que cette marque est apparue avec le timbre OR en 1836. Il n'en est rien puisqu'il apparaît en juillet 1868. Il existe 2 variantes:
- cercle continu: facteur de ville
- cercle pointillé: facteur local.

La grille des tarifs.

A l'intérieur d'une même ville:


A partir du 22 mars 1800:

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
- de 15 g: 10 c
- de 30 g: 20 c - de 60 g: 30 c par 30 g en + : + 10 c
Il n'y a pas de différence de tarif entre le port dû et le port payé.


A partir du 1er janvier 1863:

A partir de cette date la prime à l'affranchissement est instaurée pour le tarif local.

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
Affranchie jusque 10 g: 10 c jusque  20 g: 20 c jusque 100 g: 40 c par 100 g en + : + 40 c
Non affranchie jusque 10 g: 15 c jusque 20 g: 30 c jusque 100 g 60 c par 100 g en + : + 60 c
Lettre chargée: + 20 c.
Valeur déclarée: Port + 20 c de chargement + 10 c par fraction de 100 fr.


A partir du 1er septembre 1871:

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
Affranchie jusque 10 g: 15 c jusque 20 g: 25 c jusque 50 g: 40 c par 50 g en + : + 25 c
Non affranchie jusque 10 g: 25 c jusque 20 g: 40 c jusque 50 g: 60 c par 50 g en + : + 40 c
Lettre chargée: + 50 c.
Lettre recommandée: + 50 c
Valeur déclarée: Port + 50 c de chargement + 20 c par fraction de 100 fr.

A partir du 1er janvier 1876:

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
Affranchie jusque 15 g: 15 c jusque 30 g: 30 c jusque 50 g: 45 c par 50 g en + : + 25 c
Non affranchie jusque 15 g: 25 c jusque 30 g: 50 c jusque 50 g: 75 c par 50 g en + : + 40 c

Les tarifs spéciaux:

Au 1er mars 1829: imprimés ouverts jusqu'à 11 dm²(inclus): 5 c. Double port si plus de 11 dm².
Au 1er janvier 1847: Suppression du décime rural supplémentaire.
Au 1er janvier 1849: Lettre chargée ou recommandée: double port (port payé obligatoire).
Au 1er juillet 1850: Lettre chargée: double port (port payé obligatoire). Lettre recommandée: + 25 c (port payé non obligatoire)
Au 31 décembre 1852: Imprimés sous enveloppe ouverte (avis, cartes de visites): 5 c
Au 1er juillet 1854: Lettre chargée: + 25 c. Recommandation supprimée.
Au 1er août 1856: Imprimés sous enveloppe ouverte (avis, cartes de visites): 5 c jusque 10 g inclus. (+ 5 c par 10 g supplémentaires).


A l'intérieur d'une même circonscription:


A partir du 1er avril 1830:

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
- de 7,5 g: 10 c - de 15 g: 20 c - de 30 g: 30 c par 30 g en + : + 10 c
Il n'y a pas de différence de tarif entre le port dû et le port payé.
Taxe supplémentaire de 1 décime (10 c) pour les lettres circulant entre 2 arrondissements postaux.

A partir du 1er janvier 1863:
A partir de cette date la prime à l'affranchissement est instaurée pour le tarif local.

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
Affranchie jusque 10 g: 10 c jusque 20 g: 20 c jusque 100 g: 40 c par 100 g en + : + 40 c
Non affranchie jusque 10 g: 15 c jusque 20 g: 30 c jusque 100 g: 60 c par 100 g en + : + 60 c
Lettre chargée: + 20 c.
Valeur déclarée: Port + 20 c de chargement + 10 c par fraction de 100 fr.

A partir du 1er septembre 1871:

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
Affranchie jusque 10 g: 15 c jusque 20 g: 25 c jusque 50 g: 40 c par 50 g en + : + 25 c
Non affranchie jusque 10 g: 25 c jusque 20 g: 40 c jusque 50 g: 60 c par 50 g en + : + 40 c
Lettre chargée: + 50 c.
Lettre recommandée: + 50 c
Valeur déclarée: Port + 50 c de chargement + 20 c par fraction de 100 fr.


A partir du 1er janvier 1876:

1er échelon

2ème échelon

3ème échelon

Progression
Affranchie jusque 15 g: 15 c jusque 30 g: 30 c jusque 50 g: 45 c par 50 g en + : + 25 c
Non affranchie jusque 15 g: 25 c jusque 30 g: 50 c jusque 50 g: 75 c par 50 g en + : + 40 c

Les tarifs spéciaux:

Au 1er mars 1829: imprimés ouverts jusqu'à 11 dm²(inclus): 5 c. Double port si plus de 11 dm².
Au 1er janvier 1847: Suppression du décime rural supplémentaire.
Au 1er janvier 1849: Lettre chargée ou recommandée: double port (port payé obligatoire).
Au 1er juillet 1850: Lettre chargée: double port (port payé obligatoire). Lettre recommandée: + 25 c (port payé non obligatoire)
Au 31 décembre 1852: Imprimés sous enveloppe ouverte (avis, cartes de visites): 5 c
Au 1er juillet 1854: Lettre chargée: + 25 c. Recommandation supprimée.
Au 1er août 1856: Imprimés sous enveloppe ouverte (avis, cartes de visites): 5 c jusque 10 g inclus. (+ 5 c par 10 g supplémentaires).

Dans la plus grande partie de cette période les lettres circulant entre 2 arrondissements ruraux faisant partie de la même circonscription postale supportent une taxe de 1 décime en plus du port.
Ainsi une lettre circulant entre la ville du bureau de Direction et une commune dépendant d'un bureau de Distribution (dépendant de cette Direction) sera taxée à 10 c pour le port (moins de 7,5 g) plus 10 c (décime rural supplémentaire).Le décime rural représentait pour le courrier local un surcoût important et il n'était pas rare que les habitants des communes rurales essaient de contourner le système pour éviter de payer cette taxe supplémentaire.
Il n'était pas rare non plus que les préposés à la taxation des lettres se trompent dans l'application ou non du décime rural supplémentaire.


Où trouver les informations?

Les ouvrages sont peu nombreux, mais très complets. Ils vous permettront d'avancer rapidement sur le sujet:
- Histoire de la Poste en milieu rural: Marino CARNAVALE-MAUZAN. GENOBLE 1994
- Le port local de la lettre ordinaire en Province. Tome 1. 1800/1858 : Pascal CHOISY. Editions André RUPP. 16, avenue Robert Schuman 68100 MULHOUSE
- Contribution à l'étude de la poste en milieu rural dans le département du Nord : Paul STOPIN, 47 av. F. Mitterand 59494 PETITE FORET. 2000
- Les tarifs postaux français (Editions Brun et fils1989): ALEXANDRE, BARBEY, BRUN, DESARNAUD et JOANY (Editions Brun et fils 1989) 
-
Etre facteur dans le Nord (1830-1940) M. MARGUERIT, C. DA FONSECA. Comité pour l'Histoire de la Poste.
- Introduction à l'Histoire postale des origines à 1849.M. CHAUVET
(Editions Brun et fils 2002)
-
Introduction à l'Histoire postale de 1848 à 1878.M. CHAUVET(Editions Brun et fils 2002)
- Enquête postale de 1847. BNF Richelieu, Fond français 9787-10129.
- Instruction Générale sur le Service des Postes de 1832, Tomes 1,2,3. Réimpression société des amis du musée de la Poste.
- Instruction spéciale sur le service des Distributions de 1834
Réimpression société des amis du musée de la Poste.
- Instruction Générale sur le service des postes de 1856. BNF , Gallica.
- Instruction Générale sur le service des postes de 1868. BHPT(Ivry) cote PB28


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